Amorcée en 2015, la reprise du marché de l'immobilier se confirme. L'augmentation du nombre d'emprunts immobiliers a été de 29 % sur un an (1) et la tendance à la hausse devrait se poursuivre cette année.

En 2016, 825 000 logements anciens devraient être vendus en France, soit 20 000 de plus que l'an dernier (1). Si ces chiffres sont atteints, il s'agirait d'un record ! Il faut en effet remonter à 2006 pour trouver le précédent record avec 821 000 unités vendues. En conséquence, les professionnels du secteur sont optimistes et la construction reprend des couleurs avec une hausse de 3,7 % des mises en chantier (2) prévues cette année. Parmi les principales raisons de cette reprise: des taux d'intérêt historiquement bas, des prix du mètre carré en recul depuis plusieurs années et le maintien de mesures incitatives gouvernementales pour dynamiser le marché.

Les faibles taux d'intérêt boostent le pouvoir d'achat immobilier

Le taux d'intérêt moyen a atteint 2,15 % en France fin janvier 2016 (2), un niveau historiquement très bas ! Début février, il s'échelonnait de 1,80 % en moyenne sur 10 ans, à 2,35 % sur 20 ans et 3,25 % sur 30 ans (1). Bonne nouvelle : les banques centrales ne devraient pas revoir à la hausse leurs taux directeurs cette année.

Pour rappel, la moyenne des taux était de 5,07 % en 2008, soit plus du double. Conséquence : cette baisse permet aujourd'hui aux ménages de disposer d'un pouvoir d'achat immobilier supérieur de 25 % à celui qu'ils avaient il y a 8 ans (1).

Pour les professionnels, il s'agit du principal facteur qui favorisera le dynamisme des ventes cette année.

Les prix du mètre carré encore en recul

Les prix du mètre carré ont dans le même temps fondu de 5,1 % depuis la crise de 2012, et de 0,6 % pour la seule année 2015 (3). L'an dernier, ils atteignaient 2 614 € en moyenne sur l'ensemble du territoire (4).

Les différences entre les régions sont néanmoins importantes. Les plus fortes baisses ont été enregistrées en 2015 en Aquitaine (-6,5%), Champagne-Ardenne (-5,8%) et Haute-Normandie (-5,7%), quand à l'inverse l'Alsace et Poitou-Charentes ont connu des hausses de prix de respectivement +6,5% et +4,9% (4).

Ces prix plus séduisants ont aussi eu comme conséquence une augmentation de la surface moyenne des biens achetés. Elle était de 83,9 m² carrés en moyenne en 2015 contre 83,3 m² l'année d'avant (3).

Enfin, autre bonne nouvelle pour les acheteurs : les prix devraient connaître une nouvelle baisse en 2016, de 0,9 % en moyenne (1).

Des évolutions réglementaires en renfort

Plusieurs mesures lancées ces dernières années et qui avaient participé à la réactivation du marché ont été maintenues.

C'est par exemple le cas du Prêt à Taux Zéro (PTZ) qui s'est renforcé depuis le 1er janvier 2016. Aujourd'hui, près de 90 % des ménages peuvent en bénéficier et près de 19 000 PTZ ont été signés pour le seul premier trimestre 2016, une augmentation spectaculaire de 110 % sur un an ! (5)

François Hollande a également annoncé le prolongement du Dispositif Pinel jusqu'au 31 décembre 2017. Salué par le secteur de l'immobilier et plébiscité par les particuliers, ce dispositif de défiscalisation permet des réductions d'impôts pour des investissements dans l'immobilier neuf à vocation locative.

Par ailleurs, le Président a dévoilé la prochaine extension de la TVA à taux réduit. Elle permet aujourd'hui aux constructions de logements situées à moins de 300 mètres de quartiers dits « prioritaires » ou « sensibles » de bénéficier d’une TVA réduite au taux de 5,5 %. Avec l'extension, cette distance sera portée à 500 mètres.

Enfin, avec la Loi Macron, les frais de notaire vont baisser à partir de mai 2016 (6) . Pour les transactions immobilières dont le montant dépasse les 150 000 €, une remise allant jusqu'à 10 % sera pratiquée sur les émoluments. Pour les transactions de plus faible montant, les frais devront se limiter à 10 % de la valeur des biens avec cependant un minimum de 90 €.

Ces facteurs devraient contribuer à une année record des ventes de biens immobiliers en 2016. Mais d'autres raisons sont également invoquées par les spécialistes pour évoquer la reprise actuelle du marché, parmi lesquelles l’augmentation du pouvoir d’achat des ménages ou la faible rentabilité de certains placements financiers qui incite les investisseurs à changer de stratégie. Enfin, le rôle des banques doit également être souligné : le montant d'apport personnel exigé pour investir a fondu ces dernières années.

Source : YouLoveWords.com
Crédit visuel : Marek Mnich / iStock