Comment choisir ses ETF ?

Les ETF (Exchange Traded Funds ou fonds indiciel cotés en français ) peuvent constituer des supports intéressants pour investir en bourse, que l’on soit débutant ou expérimenté. Mais alors qu’il existe plusieurs milliers d’ETF différents, il n’est pas forcément simple de choisir dans lequel investir. Voici les points à surveiller.

Les ETF comportent des risques de perte en capital. Leur valeur peut évoluer à la hausse comme à la baisse, notamment en raison des fluctuations de marché et de change.

Cet article est donné à titre purement informatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil d’ordre financier, juridique, fiscal ou un conseil en investissement de la part de Fortuneo, et ne saurait engager la responsabilité de Fortuneo pour toute décision prise ou non sur cette base.

Mis à jour le 5 juin 2026

Pour investir dans les ETF, plusieurs points sont à observer.

Qu’est-ce qu’un ETF passif ?

Un ETF passif est un instrument financier qui permet de répliquer l’évolution d’un indice mesurant la performance d’un marché. Ils peuvent reproduire divers indices boursiers tels que le CAC 40, le S&P 500, ou encore le MSCI World. Aussi appelés trackers, ces produits financiers sont cotés en continu en bourse, de la même manière que les actions.

Le principe de fonctionnement est le suivant : un ETF passif suit un indice de référence en répliquant, de manière directe ou indirecte, l’ensemble ou une sélection des actifs qui composent cet indice. Il permet ainsi d’investir sur un portefeuille diversifié en une seule transaction, avec des coûts généralement inférieurs à la gestion active.

Il existe deux grandes méthodes de réplication de l’indice :

  1. La réplication physique, où l’ETF détient directement les titres qui composent l’indice reproduisant ainsi fidèlement sa composition.

  2. La réplication synthétique, où l’ETF utilise des instruments dérivés (comme les contrats d’échanges (dits de swap) pour reproduire la performance de l’indice. Cette méthode implique un risque de contrepartie plus important.

Bon à savoir : les ETF ne sont pas des produits d’investissement à capital garanti. Ils présentent donc un risque de perte en capital lié à l’évolution de l’indice répliqué.

Remarque : depuis 2024, des ETF actifs sont disponibles à la commercialisation en Europe. Ces ETF sont des fonds cotés en bourse sauf que contrairement aux ETF passifs, l’allocation est gérée activement par un gestionnaire. Ils n’ont donc pas vocation à répliquer parfaitement un indice spécifique.

Quels sont les différents types d’ETF ?

Les ETF couvrent aujourd’hui une grande variété de segments de marché et de stratégies. On distingue généralement plusieurs grandes familles d’ETF, chacune adaptée à un objectif ou une stratégie spécifique :

  • ETF actions : ils répliquent des indices boursiers composés d’actions, comme en Europe avec le MSCI Europe, aux États-Unis le S&P 500, ou dans le monde entier le MSCI World par exemple.

  • ETF sectoriels : ils se concentrent sur l’évolution d’un indice représentant un secteur d’activité précis, comme la technologie, la santé, l’énergie ou l’immobilier.

  • ETF obligataires : ils permettent d’investir dans des obligations d’État ou d’entreprises, avec une approche plus défensive.

  • ETF matières premières : ils offrent une exposition aux matières premières comme l’or, le pétrole ou les métaux industriels.

  • ETF “Smart Beta” : ces ETF actifs suivent des indices construits selon des critères spécifiques (croissance, dividende, volatilité…), en s’éloignant parfois des pondérations classiques par capitalisation.

  • ETF à effet de levier : ils visent à amplifier les variations d’un indice, à la hausse comme à la baisse. Ils sont destinés à un public averti, car les risques sont plus élevés.

Ces ETF peuvent également adopter une politique de capitalisation (réinvestissement des dividendes) ou de distribution (versement des dividendes). Le choix entre ces deux options peut avoir un impact fiscal selon le support d’investissement utilisé (PEA, CTO, assurance-vie notamment).

Pourquoi investir dans les ETF ?

Investir dans un ETF présente des avantages, mais aussi des risques à prendre en considération.

> Quels sont les avantages des ETF passifs ?


Les ETF passifs présentent plusieurs atouts qui expliquent leur succès croissant auprès des investisseurs, qu’ils soient débutants ou plus expérimentés :

  • Diversification accessible : un seul ETF donne accès à un large panier de titres, qu’il s’agisse d’actions, d’obligations ou d’autres actifs. Cela permet de diversifier un portefeuille plus facilement, ce qui peut aider à réduire le risque spécifique sur un seul titre. Mais attention, investir avec des ETF présente des risques de perte en capital, même s’ils reposent sur des actifs diversifiés.

  • Frais réduits : les frais de gestion des trackers sont généralement bien plus faibles que ceux des fonds traditionnels. Selon l’AMF1, les frais annuels moyens des ETF répliquant la performance d'indices d'actions se sont établis à 0,37 % en 2023 contre 1,47 % pour les fonds gérés activement.

  • Simplicité et transparence : les ETF passifs suivent un indice public connu, dont la composition est claire et mise à jour régulièrement.

  • Flexibilité de gestion : comme ils sont cotés en bourse, les ETF peuvent être achetés ou revendus à tout moment pendant les horaires de marché.

  • Accessibilité : il est possible d’investir dans des ETF avec un montant modeste. Ils sont accessibles via différents produits d’investissement comme le PEA, le compte-titres ordinaire ou l'assurance-vie.

> Les points à connaître avant d’investir dans des ETF passifs


Malgré leurs avantages, les ETF passifs présentent aussi des limites qu’il convient de comprendre avant d’investir :

  • Réplication d’un indice, sans gestion active : l'ETF suit passivement un indice. Il ne cherche pas à battre le marché, mais simplement à en reproduire la performance. Cela signifie que l’investisseur subit intégralement les hausses comme les baisses de cet indice.

  • Risques spécifiques : certains ETF spécialisés (thématiques, à effet de levier, sur les matières premières) peuvent présenter une volatilité accrue ou une structure complexe. Ils sont à manipuler avec prudence, surtout en l’absence d’expérience boursière.

  • Risques liés à la méthode de réplication : la réplication synthétique propres à certains ETF introduit un risque de contrepartie plus important, car elle repose sur des contrats d’échanges (swap) négociés de gré à gré.

  • Risque de change : lorsqu’un ETF est libellé en dollars par exemple mais détenu via un compte en euros, des fluctuations de change peuvent impacter sa valeur. Certains ETF proposent une couverture de change, mais pas tous.

Pour avoir une vision exhaustive des risques liés à un ETF, il convient avant toute décision, de se reporter à la documentation légale de celui-ci (prospectus et Document d’Informations Clés).

Les 5 critères pour sélectionner un ETF passif

Ces précisions étant faites, intéressons-nous aux critères essentiels à prendre en compte avant de choisir un ETF passif.

> 1 - L’indice boursier suivi et son niveau de diversification


Le choix de l’indice de référence est essentiel, car il conditionne la stratégie d’investissement. Il peut s’agir d’un indice large (ex. : MSCI World, Stoxx Europe 600, S&P 500) qui assure une diversification globale, ou d’un indice plus spécifique, sectoriel ou thématique.

Selon le guide de l’AMF1 pour “bien choisir un fonds ou une SICAV” :

  • Les indices larges sont souvent privilégiés par ceux qui souhaitent répartir les risques sur un grand nombre de valeurs afin de limiter la volatilité.

  • À l’inverse, les indices sectoriels (ex. : technologie, santé, énergie) ou thématiques (climat, IA, ESG) peuvent offrir un potentiel de croissance plus ciblé, mais leur volatilité est généralement plus élevée.

D’une manière générale, l’AMF précise que “plus un fonds est spécialisé sur un marché, plus ce marché est étroit, et plus le fonds est risqué. Inversement, plus il est diversifié et moins il est risqué.”.

Bon à savoir : pour augmenter son niveau de diversification, il est possible d’investir dans plusieurs ETF répliquant des indices différents. Il faudra néanmoins veiller à éviter les doublons propres au chevauchement de certains indices (ex. : Nasdaq et S&P 500, tous deux très exposés au secteur de la tech américaine).

Les ETF ne bénéficient d’aucune garantie en capital ou de performance. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

> 2 - Le tracking error et la tracking difference


Deux notions sont essentielles ici :

  1. Le tracking error (erreur de suivi), qui mesure l’écart de performance entre l’ETF et l’indice ;

  2. La tracking difference (différence de suivi), qui évalue la différence réelle de rendement entre la performance nette de l’ETF et celle de l’indice. Cette différence tient compte de tous les éléments qui affectent le rendement du fonds, par exemple les coûts de gestion au sein du fonds, et pour les ETF en réplication synthétique, au le coût du contrat de swap.

Dans l’idéal, il convient de privilégier l’ETF avec le tracking error le plus faible possible, gage du bon fonctionnement de l’ETF.

> 3 - La politique de distribution


Certains ETF sont distribuants : ils versent des dividendes aux investisseurs.

D’autres sont capitalisants : ils réinvestissent automatiquement ces dividendes dans le fonds.

Le choix a un impact fiscal et peut influencer la performance à long terme selon le support utilisé (PEA, CTO, assurance-vie). Par exemple, les dividendes perçus au sein d’un CTO entraînent leur imposition pour l’année de leur réalisation, tandis qu’en assurance-vie ou en PEA, ils ne sont pas imposables tant que l’épargnant n’effectue pas de retrait depuis son contrat1.

> 4 - Liquidité, encours de l’ETF et réputation de l’émetteur


Un ETF liquide permet d’acheter ou vendre rapidement, au plus près du prix du marché. En règle générale, si l’ETF a un volume d’échange quotidien élevé, alors il est considéré comme liquide.

Outre la liquidité, un encours sous gestion élevé est un gage de popularité de l’ETF et peut donner une indication quant à sa stabilité.

Enfin, un ETF géré par un acteur reconnu (comme Amundi, Lyxor, iShares…) inspire généralement plus de confiance. Ces gestionnaires disposent le plus souvent d’une solidité financière avérée (bien que cela ne vous protège pas contre la perte en capital issue des variations des cours de l’indice répliqué).

> 5 - Frais et éligibilité au PEA


Le TER (Total Expense Ratio ou ratio des dépenses totales) représente les frais facturés par le fonds aux investisseurs. Il correspond au pourcentage annuel prélevé sur votre investissement pour couvrir l'ensemble des frais de gestion d'un fonds.

Pour les ETF indiciels à gestion passive, le TER est généralement faible, en moyenne de 0,5 % par an selon l’ESMA (sur la période 2020-2024)1.

Néanmoins, le TER n’est pas le seul coût à prendre en compte puisque les ETF sont acquis au moyen d’un produit ou contrat d’investissement (CTO, assurance-vie, PEA…) susceptibles de facturer des frais complémentaires à l’épargnant (frais de garde, frais de courtage, frais de gestion…).

Si les frais des ETF sont difficilement compressibles, il peut être judicieux de les compenser en optimisant l’autre paramètre affectant la performance nette de l’épargne : la fiscalité. A ces fins, certains investisseurs souhaitent utiliser leur PEA pour investir dans des ETF³.

Dans ce cas, il faudra vérifier si l’ETF est éligible au PEA, car tous ne le sont pas. Cela tient au fait que ce contrat est notamment réservé aux investissements en actions européennes (bien que certains ETF synthétiques permettent également d’investir sur des titres internationaux.

Les ETF présentent un risque de perte total ou partiel du capital investi.

Comment investir dans un ETF ?

L’achat d’un ETF se fait par le biais d’un produit ou contrat souscrit généralement auprès d’une banque, un courtier ou d’un assureur.

Chacun présente des avantages et inconvénients spécifiques, notamment en termes de fiscalité et de souplesse d’utilisation. Voici quelques exemples :

  • PEA (Plan d’Épargne en Actions) : permet d’investir dans des ETF éligibles , notamment des ETF à réplication physique détenant des titres émis par des sociétés domiciliés dans l’Union européenne, et quelques ETF de réplication synthétique offrant une exposition à des indices internationaux populaires. À partir de la 5e année de détention, les plus-values sont exonérées d'impôt sur le revenu (les prélèvements sociaux restent dus)³. À noter néanmoins que le PEA propose une gamme relativement limitée d’ETF.

  • CTO (Compte-Titres Ordinaire) : plus souple que le PEA, il permet d’accéder à une offre mondiale d’ETF, y compris ceux non éligibles au PEA, comme certains fonds répliquant des indices américains ou asiatiques. Par contre, il ne propose aucun avantage fiscal, et les gains sont imposés l’année de leur réalisation³.

  • Assurance-vie : certaines assurances-vie multisupports proposent des unités de compte investies en ETF. Ce support offre une fiscalité optimisée notamment après 8 ans de détention³ et peut être intégré dans une gestion pilotée.

Une fois le type de support choisi, il convient de trouver le bon intermédiaire pour ouvrir le contrat et ainsi commencer à investir dans des ETF.

Les ETF présentent un risque de perte total ou partiel du capital investi.

Certains intermédiaires sont spécialisés dans les ETF et proposent une très large gamme de produits de ce type, tandis que d’autres proposeront une gamme plus restreinte. Il est donc important de bien se renseigner avant d’ouvrir un contrat en lisant notamment la fiche des fonds disponibles auprès de l’intermédiaire ou via un site spécialisé.

En outre, il est recommandé de comparer les frais de courtage, les droits de garde, ainsi que l’offre d’ETF disponibles avant d’ouvrir un compte.

Les ETF ne bénéficient d’aucune garantie en capital ou de performance.


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Antoine LAGADEC

Juriste d'affaires de formation (MBA en Droit des Affaires et Master en Droit de l'entreprise et fiscalité).

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