Vous souhaitez placer de l'argent tout en favorisant des sociétés qui respectent certains principes sociaux ou environnementaux ? L'Investissement Socialement Responsable (ISR) est peut-être la solution qu'il vous faut. Il a d'ailleurs le vent en poupe depuis une dizaine d'années. Avec des encours de 223 milliards d'euros en 2014 contre seulement 4 milliards en 2003, sa progression est spectaculaire ! Pour comprendre cet engouement, nous vous proposons d'en découvrir l'histoire et le fonctionnement.

La réponse financière à une prise de conscience collective

L'émergence de l'ISR est intimement liée à l'essor du concept de Responsabilité Sociale et Environnementale des entreprises (RSE), apparu à la fin des années 1960.

Ce dernier incarne la prise de conscience par les entreprises de l'impact de leurs comportements sur la société. Il les invite également à s'engager sur les questions de respect du droit du travail, de protection de l'environnement et de transparence dans la gouvernance, et à remettre le consommateur au centre de leur réflexion. L’ISR serait en quelque sorte son prolongement et sa mise en application sur le terrain de la finance.

L'ISR, comment ça marche ?

L'ISR, ce sont avant tout des "fonds de développement durable" composés de produits financiers créés et gérés par des sociétés de gestion. Ils sont structurés comme des paniers d'actifs qui peuvent être davantage orientés actions, obligations ou monétaire, selon le niveau de risque souhaité. Ils n’impliquent pas de garantie de capital et leurs actifs sont soumis aux fluctuations du marché. Si vous souhaitez récupérer votre argent, vous pouvez le faire à tout moment via un simple ordre de rachat. Le tout reste donc assez classique.

En France, ils sont majoritairement plébiscités par les investisseurs institutionnels (caisses de retraite, fonds d'investissement, etc.) et restent assez méconnus du grand public. Cependant, si vous souhaitez y placer de l'argent, il vous suffit de vous adresser à votre banque !

Quid de la fiscalité ?

Côté imposition, les taux dépendent de la nature des titres détenus (actions ou obligations). Le barème progressif est appliqué et s'y ajoute une retenue à la source non libératoire :

  • de 21 % pour les dividendes.
  • de 24 % pour les intérêts.

Quant aux plus-values sur ces fonds, elles seront également taxées selon le barème progressif dès le premier euro de cession. N'oubliez pas que vous devrez également vous acquitter des 15,5 % de prélèvements sociaux.

Enfin, pour les fonds ISR détenus dans le cadre d'un plan d'épargne ou un contrat d'assurance, la fiscalité reste la même que celle appliquée généralement pour ce type de produits.

La validation d'un investissement socialement responsable

L'ONU a adopté en 2006 les six "Principes pour l’Investissement Responsable" que doivent respecter les investisseurs désireux d'intégrer ces problématiques dans la gestion de leurs portefeuilles.

Certaines agences de notation extra-financières ont été créées dès la fin des années 1990 et se sont spécialisées dans ce type d'évaluation. Elles s'adressent principalement aux gestionnaires de fonds comme c'est le cas de Vigeo ou de Novethic, filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui octroie chaque année des labels ISR pour aider les investisseurs à s'y retrouver.

__

La majorité des investissements dans les fonds ISR proviennent aujourd'hui d'investisseurs institutionnels, car les particuliers pâtissent d’un manque d’information sur le sujet. Paradoxalement, les questions sociales et environnementales n'ont jamais autant préoccupé nos concitoyens. Si vous êtes intéressé, demandez conseil à votre banque.

Source : YouLoveWords.com