Qu'est-ce que le Livret A ?
Définition et caractéristiques principales
Le Livret A est le plus ancien produit d'épargne réglementée en France. Créé en 1818 par Benjamin Delessert, à l'initiative de Louis XVIII, il a traversé plus de deux siècles d'histoire économique. Sa vocation d'origine n'a pas changé : permettre à chacun de mettre de l'argent de côté en toute sécurité.
Concrètement, le Livret A est un compte d'épargne dont le fonctionnement, le taux et le plafond sont fixés par l'État.
Le capital est garanti : cela signifie que l’épargnant ne risque aucune perte. Les fonds restent disponibles à tout moment, sans frais de retrait ni pénalité. C'est ce qui en fait le produit d'épargne de précaution par excellence.
L'autre atout majeur du Livret A réside dans son rôle économique. Les fonds collectés sont centralisés en partie par la Caisse des dépôts et consignations, qui les utilise pour financer le logement social, la politique de la ville et des projets d'intérêt général.
À savoir
Le Livret A a longtemps été réservé à la Caisse d'Épargne, au Crédit Mutuel et à La Banque Postale. Depuis la loi du 4 août 2008 (loi LME), il est proposé par tous les établissements bancaires.
Conditions d'ouverture et d'éligibilité
Le Livret A est accessible à toute personne physique, sans condition de revenus ni d'âge. Les mineurs peuvent ouvrir un Livret A sans intervention de leur représentant légal et effectuer des retraits à partir de 16 ans.
Certaines personnes morales peuvent également en détenir un : associations, organismes d'habitations à loyer modéré (HLM) et syndicats de copropriétaires.
Globalement, l’ouverture du Livret A est conditionnée par une règle essentielle : chaque personne ne peut détenir qu'un seul Livret A. Lors de l'ouverture, la banque interroge l'administration fiscale pour vérifier qu'aucun autre livret n'est déjà ouvert.
Le versement initial ainsi que les opérations de dépôt et de retrait sont soumis à un minimum de 10 €, conformément à la réglementation en vigueur. En revanche, toutes les opérations (ouverture, gestion, retrait, clôture) sont impérativement gratuites, sans aucuns frais ni pénalités.
Plafond, taux et avantages fiscaux
Le plafond de dépôts du Livret A est fixé à 22 950 € pour les particuliers. Ce plafond ne concerne que les versements : les intérêts capitalisés peuvent le faire dépasser, sans limite.
Depuis le 1er février 2026, le taux de rémunération du Livret A est fixé à 1,5 % net (arrêté du 28 janvier 2026). Ce taux reste supérieur à l'inflation, mesurée à +0,8 % en décembre 2025. Le pouvoir d'achat de l'épargnant est donc préservé.
Les intérêts du Livret A sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Concrètement, 1,5 % net signifie réellement 1,5 % dans votre poche, sans aucune retenue particulière.
Les intérêts sont calculés par quinzaines (le 1er et le 16 de chaque mois) et versés au 31 décembre ou au 1 janvier de l’année suivante.
💡 À retenir
Un Livret A au plafond (22 950 €) génère environ 344 € d'intérêts annuels au taux de 1,5 %. Ces intérêts s'ajoutent au capital et peuvent faire dépasser le plafond de dépôts.
Qu'est-ce que le LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire) ?
Définition et objectifs
Le LDDS est un livret d'épargne réglementée, créé en 1983 sous le nom de Codevi (Compte pour le Développement Industriel). Rebaptisé Livret de Développement Durable (LDD) en 2007, il devient le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) en 2016, à la suite de la loi Sapin 2.
Comme son nom l'indique, le LDDS a une vocation spécifique : contribuer au financement de la transition énergétique, de la rénovation des logements et de l'économie sociale et solidaire. Les fonds collectés sont utilisés par les banques pour accorder des prêts développement durable à taux attractifs, destinés à financer des travaux de rénovation énergétique.
Sur le plan de l'épargnant, le LDDS fonctionne de manière quasi identique au Livret A : capital garanti, fonds disponibles à tout moment, intérêts exonérés d'impôts. C'est un complément naturel du Livret A pour l'épargne de précaution.
💡 À savoir
Depuis le décret du 30 mai 2020, les banques proposent chaque année aux détenteurs d'un LDDS d'affecter une partie de leur épargne sous forme de don à des structures de l'économie sociale et solidaire (associations, fondations, coopératives). Un geste solidaire, directement depuis son livret.
Conditions d'accès spécifiques
Pour ouvrir un LDDS, il faut être une personne physique majeure ayant son domicile fiscal en France. Contrairement au Livret A, le LDDS n'est pas accessible aux mineurs (sauf s'ils disposent de revenus propres et ne sont plus rattachés fiscalement à leurs parents).
Il ne peut être ouvert qu'un LDDS par contribuable, ou un pour chacun des époux ou partenaires liés par un PACS soumis à une imposition commune. Un couple peut donc détenir deux LDDS.
Plafond, taux et fiscalité
Le plafond du LDDS est fixé à 12 000 €, hors capitalisation des intérêts. Ce plafond est stable depuis octobre 2012.
Le taux de rémunération du LDDS est aligné sur celui du Livret A : 1,5 % net depuis le 1er février 2026. Ce taux est révisé deux fois par an (1er février et 1er août) selon une formule intégrant l'inflation hors tabac et les taux interbancaires de court terme (€STR).
La fiscalité est identique à celle du Livret A : les intérêts sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Pas de déclaration, pas de retenue : le rendement affiché est le rendement réel.
Les intérêts sont calculés par quinzaines et versés au 31 décembre.
💡 À retenir
Un LDDS au plafond (12 000 €) génère environ 180 € d'intérêts annuels au taux de 1,5 %. Associé à un Livret A, l'épargnant peut percevoir plus de 520 € d'intérêts nets par an, sans aucune fiscalité.
Tableau comparatif : Livret A vs LDDS
Voici un récapitulatif des principales caractéristiques de chaque livret pour vous aider dans votre choix :
Critère | Livret A | LDDS |
Date de création | 1818 | 1983 (Codevi) |
Taux (depuis février 2026) | 1,5 % net | 1,5 % net |
Plafond de dépôts | 22 950 € | 12 000 € |
Éligibilité | Toute personne physique (y compris mineurs), certaines personnes morales | Personne physique majeure, domicile fiscal en France |
Nombre par personne | 1 seul | 1 par contribuable (2 par foyer fiscal) |
Garantie du capital | ✅ Oui (garantie de l'État) | ✅ Oui (garantie de l'État) |
Fiscalité des intérêts | Exonérés d'IR et de prélèvements sociaux | Exonérés d'IR et de prélèvements sociaux |
Disponibilité des fonds | Immédiate, sans frais | Immédiate, sans frais |
Usage des fonds collectés | Logement social, politique de la ville, PME | Transition énergétique, rénovation, ESS, PME |
Intérêts annuels au plafond | À peu près 344 € | À peu près 180 € |
Don solidaire possible | Non | Oui (depuis 2020) |
Taux d'intérêt
Le taux est strictement identique pour les deux livrets : 1,5 % net depuis le 1er février 2026. Il en a toujours été ainsi depuis 2003. Ce taux est fixé par le ministre de l'Économie, sur proposition du Gouverneur de la Banque de France, selon une formule réglementaire qui combine la moyenne semestrielle de l'inflation hors tabac et celle des taux interbancaires de court terme (€STR).
Plafond de dépôt
C'est la principale différence entre les deux livrets. Le Livret A accepte jusqu'à 22 950 € de dépôts, contre 12 000 € pour le LDDS. Cet écart est significatif : il représente près de 11 000 € de capacité d'épargne supplémentaire sur le Livret A. Pour un épargnant qui cherche à maximiser son épargne de précaution défiscalisée, le Livret A sera logiquement le premier livret à remplir.
Conditions de souscription
Le Livret A est plus largement accessible : ouvert aux personnes physiques de tout âge (y compris les mineurs), aux associations et aux organismes HLM. Le LDDS, lui, est réservé aux personnes physiques majeures ayant leur domicile fiscal en France. Un mineur ne peut pas ouvrir de LDDS, sauf exception.
Usage des fonds et finalités
C'est l'autre différence notable. Les fonds du Livret A financent en priorité le logement social et les infrastructures publiques. Ceux du LDDS sont orientés vers la transition énergétique, la rénovation des logements et l'économie sociale et solidaire. En choisissant un LDDS, l'épargnant donne indirectement un impact environnemental et social à son épargne.
En pratique, environ 60 % des fonds collectés sur ces deux livrets sont centralisés à la Caisse des dépôts. Les 40 % restants sont conservés par les banques et doivent être fléchés à 80 % vers le financement des PME, 10 % vers la transition écologique et 5 % vers l'économie sociale et solidaire.
Peut-on cumuler un Livret A et un LDDS ?
Règles légales
Oui, il est tout à fait possible (et même courant) de détenir simultanément un Livret A et un LDDS. La réglementation l'autorise explicitement. Chaque personne peut détenir un Livret A et un LDDS, à condition de respecter la règle d'unicité de chaque livret.
Un couple (marié, pacsé ou non) peut ainsi détenir jusqu'à quatre livrets réglementés : deux Livrets A (un par personne) et deux LDDS (un par contribuable ou par époux).
Avantages du cumul
En cumulant Livret A et LDDS, un particulier peut placer jusqu'à 34 950 € d'épargne de précaution totalement défiscalisée (22 950 € + 12 000 €). Pour un couple, ce montant atteint 69 900 €, sans compter la capitalisation des intérêts qui peut faire dépasser ces plafonds.
Cette combinaison constitue le socle d'une épargne de précaution solide : capital garanti par l'État, fonds disponibles à tout moment, aucune fiscalité sur les intérêts. Le tout, dans un cadre simple et sans frais.
L'approche la plus répandue consiste à remplir d'abord son Livret A (plafond plus élevé), puis à alimenter son LDDS avec l'excédent. Une fois les deux livrets remplis, il est temps d'envisager d'autres solutions d'épargne et de placement.
💡 À retenir
Un couple peut accumuler jusqu'à 69 900 € d'épargne défiscalisée sur ses livrets réglementés (hors Livret d’Épargne Populaire). Si les deux partenaires sont éligibles au Livret d’Épargne Populaire (plafond de 10 000 €), ce montant peut atteindre 89 900 €.
Pour une épargne de précaution
L'épargne de précaution correspond aux sommes mises de côté pour faire face aux imprévus : réparation automobile, remplacement d'un électroménager, période de chômage… La recommandation usuelle est de constituer l'équivalent de 3 à 6 mois de dépenses courantes.
Pour cet objectif, le Livret A est le premier réflexe. Son plafond plus élevé permet d'y loger l'intégralité de l'épargne de précaution pour la plupart des ménages. Si ce montant dépasse 22 950 €, le LDDS prend le relais de manière naturelle.
Les deux livrets offrent la même flexibilité : retraits gratuits, immédiats, sans pénalité. Votre argent reste accessible à tout moment, quelle que soit la banque.
Si vous avez déjà rempli votre plafond
Le Livret A est au plafond ? C'est une excellente nouvelle : cela signifie que votre épargne de précaution est probablement constituée. Le LDDS est alors la suite logique pour continuer à épargner dans les mêmes conditions (sécurité, disponibilité, exonération fiscale).
Si votre LDDS est lui aussi au plafond, plusieurs alternatives s'offrent à vous, notamment le LEP si vous y êtes éligible (taux de 2,5 % en 2026, plafond de 10 000 €), ou l'assurance vie pour une stratégie de placement à plus long terme.
Scénarios selon objectifs et âge
Le choix entre Livret A et LDDS ne se pose pas tant en termes de « l'un ou l'autre » qu'en termes de complémentarité. Voici quelques repères selon les profils :
Profil | Priorité | Stratégie |
Jeune actif (18-30 ans) | Constituer une épargne de précaution | Livret A en priorité, puis LDDS si excédent |
Famille avec projets à moyen terme | Sécuriser un capital disponible | Remplir Livret A + LDDS, puis assurance vie pour les projets |
Épargnant aux livrets pleins | Diversifier et dynamiser | Envisager LEP (si éligible), assurance vie, placements à long terme |
Senior / proche de la retraite | Préserver le capital et la liquidité | Livrets réglementés comme socle + assurance vie en fonds euros |
⚠️ Les scénarios ci-dessus sont fournis à titre purement illustratif et ne constituent en aucun cas un conseil en investissement, une recommandation personnalisée ou une incitation à souscrire un produit financier.
Perspectives 2026 : taux et évolution des livrets réglementés
Le taux du Livret A et du LDDS est passé de 3 % (début 2025) à 2,4 % (février 2025), puis 1,7 % (août 2025) et enfin 1,5 % (février 2026). Cette trajectoire de baisse reflète le ralentissement de l'inflation et la détente des taux directeurs de la BCE.
Évolution récente du taux du Livret A et du LDDS
Date de révision | Taux appliqué | Contexte économique |
Janvier 2025 | 3,0 % | Fin de la période de « gel » décidée par le gouvernement. |
Février 2025 | 2,4 % | Première baisse : l'inflation repasse sous la barre des 2 %. |
Août 2025 | 1,7 % | Accélération de la baisse suite à la détente des taux de la BCE. |
Février 2026 | 1,5 % | Consolidation : l'inflation se stabilise autour de 0,8 – 1,0 %. |
La prochaine révision interviendra le 1er août 2026. Si l'inflation repart légèrement à la hausse (la Banque de France anticipe environ 1,3 % en 2026) et que les taux de court terme se stabilisent, le taux du Livret A pourrait se hisser autour de 1,6 % à cette date. Mais rien n'est garanti : le ministre de l'Économie conserve un pouvoir d'arbitrage.
Malgré cette baisse, le taux du Livret A et du LDDS reste supérieur à l'inflation courante (+0,8 % en décembre 2025). Le rendement réel est donc positif, ce qui n'a pas toujours été le cas par le passé, notamment entre 2015 et 2020, lorsque le taux plancher de 0,50 % coexistait avec une inflation plus élevée.
Dans un contexte de taux en repli, il devient d'autant plus pertinent de réfléchir à la bonne allocation de son épargne : les livrets réglementés restent le socle de l'épargne de précaution, mais l'excédent peut mériter d'être orienté vers des solutions complémentaires.
💡 À savoir
La formule de calcul du taux du Livret A prend en compte la moyenne semestrielle de l'inflation hors tabac (mesurée par l'Insee) et la moyenne semestrielle du taux interbancaire €STR. Le résultat est arrondi au dixième de point le plus proche. Le gouverneur de la Banque de France propose le taux, et le ministre de l'Économie le valide, avec la possibilité de s'en écarter.
Autres livrets (LEP, Livret Jeune)
Le Livret d'Épargne Populaire (LEP) est le livret réglementé le plus rémunérateur : 2,5 % net depuis le 1er février 2026, soit un point de plus que le Livret A et le LDDS. Son plafond est de 10 000 € et il est réservé aux contribuables dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un certain seuil (environ 22 823 € pour une personne seule en 2026).
Malgré son attractivité, le LEP reste sous-utilisé : selon le rapport 2024 sur l’épargne réglementée (Banque de France) seuls 63 % des Français éligibles en détiennent un.
Le Livret Jeune, réservé aux 12-25 ans, est plafonné à 1 600 €. Son taux, fixé librement par les banques, ne peut être inférieur à celui du Livret A (soit au minimum 1,5 % en 2026).
⚠️ Ceci n’est pas un conseil en investissement. L'investissement sur des supports financiers comporte un risque de perte totale ou partielle du capital investi. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les solutions présentées ici sont de nature générique ; nous vous recommandons de solliciter l'avis d'un conseiller financier pour obtenir une analyse personnalisée et adaptée à votre situation patrimoniale, vos objectifs et votre profil de risque.
💡 À retenir
L'approche la plus cohérente consiste à construire son épargne par étapes : d'abord l'épargne de précaution (Livret A, LDDS, LEP si éligible), puis les projets à moyen terme (assurance vie en fonds euros, PEL), et enfin, si le profil investisseur est adapté, la recherche de rendement à long terme (unités de compte, ETF, SCPI). Chaque étage répond à un objectif et un horizon de placement différent.
Cet article est donné à titre purement informatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil d'ordre financier, juridique, fiscal ou un conseil en investissement de la part de Fortuneo, et ne saurait engager la responsabilité de Fortuneo pour toute décision prise ou non sur cette base.