À un an de l'élection présidentielle de 2017, le Gouvernement se montre offensif sur le front de l'emploi pour tenter d'inverser la tendance. Dernière annonce en date : la révision de l'assurance-chômage, qui connaît un déficit annuel de près de 4 milliards d’euros. La dégressivité des allocations proposée par la Ministre du Travail Myriam El Khomri est censée répondre à ce défi.

L'assurance-chômage : un fonctionnement simple.

Pour rappel, l'assurance-chômage est gérée par l'UNEDIC en coopération avec Pôle Emploi. Elle est financée par les cotisations patronales et salariales.

Près de 43 % des demandeurs d'emploi enregistrés chez Pôle Emploi (soit 2,64 millions de personnes) (1) en bénéficient. Elles permettent à un chômeur qui a occupé un emploi pendant au minimum 4 mois avant d'être licencié, ou de signer une rupture conventionnelle, de toucher une Allocation de Retour à l'Emploi (ARE).

Au niveau des droits, une journée de travail cotisée ouvre droit à une journée d'indemnisation pendant une durée maximale de 2 ans. Le montant de l'allocation doit au minimum être équivalent à 57 % du salaire journalier brut de référence. Ce dernier est calculé en faisant la moyenne des 12 derniers mois de salaire brut, absences maladies exclues.

Face au déficit du régime, la dégressivité des allocations comme solution ?

Cependant, avec une dette qui dépassait les 29 milliards d'euros fin 2015 (2), le modèle de financement actuel n'est pas viable. L'Exécutif met donc la pression sur les partenaires sociaux pour trouver une solution capable d'assurer sa pérennité.

Si les pistes envisageables sont connues et ne satisfont pas les acteurs de la négociation (diminution de la durée ou du montant des allocations, augmentation des cotisations), l'une d'entre elle évoquée par la Ministre du Travail a beaucoup fait parler d'elle : la dégressivité des allocations.

Suède, Italie, Espagne, Belgique... Elle est d'ailleurs en place dans plusieurs pays d'Europe et a été testée en France jusqu'en 2001. Elle repose sur une baisse du niveau des allocations par paliers jusqu'à la fin des droits. Assortie d'une diminution de la durée maximale d'indemnisation, elle permettrait de réaliser des économies. De plus, le Gouvernement met en avant le caractère incitatif de la mesure qui pourrait pousser certains chômeurs à accepter un emploi.

Coup d'envoi des négociations

Il revient désormais aux partenaires sociaux qui gèrent l'assurance-chômage de se mettre d'accord sur les nouvelles règles qui la régiront du 1er juillet 2016 au 30 juin 2018.

La partie s'annonce houleuse, les principaux syndicats CGT et CFDT en tête, ayant déjà annoncé leur intention de tout faire pour garantir le plus haut niveau de protection possible aux demandeurs d'emploi. Ils mettent de plus en avant les résultats en demi-teinte d'une mesure déjà expérimentée dans d’autres pays.

Du côté des revendications patronales, l'accent est mis sur l'accompagnement et le resserrement de la pression sur les chômeurs qui pourraient travailler.

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Si la partie n'est pas gagnée, le Gouvernement continue de faire pression sur les partenaires sociaux pour parvenir à un accord dans les prochains mois.

Source : YouLoveWords.com