Ce chiffre a fait l’évènement au début de l’été : la Banque de France a relevé sa prévision de croissance pour la France de 1,4 % à 1,6 % pour 2017. Certes, c’est moins que les 2 % de croissance de la zone euro. Mais c’est la dynamique qui importe et elle est positive : le moral des investisseurs est au beau-fixe.

Sur fond de reprise du commerce mondial, trois facteurs expliquent cette embellie : une reprise globale qui incite à l’optimisme, un vent de réforme qui pourrait contribuer à remettre les comptes publics sur les rails et la progression de l’attractivité de la France.

L’optimisme revient sur la planète économie

Selon la théorie des anticipations rationnelles, les acteurs économiques forment leurs anticipations à un instant T en tenant compte de l'évolution de la variable considérée (taux de croissance, inflation) et de leurs erreurs d’anticipations passées.

Difficile de dire s’il repose sur des arguments rationnels ou bien une atmosphère générale, mais le moral des investisseurs est au plus haut :

  • L’indice Sentix de confiance des investisseurs, qui établit des perspectives économiques sur les 6 prochains mois pour la zone euro, a atteint 28,4 en juin 2017. Il plafonnait à 9,9 il y a tout juste 1 an.

  • Le Baromètre AmCham-Bain 2016, qui mesure le moral des investisseurs américains en France, a progressé de plus de 80 % en tout début d’année : 49 % des investisseurs américains sont désormais optimistes quant aux perspectives économiques de la France.

France : les moteurs d’attractivité se renouvellent

Cette vague d’optimisme n’a rien d’un feu de paille. Avec près de 260 000 emplois créés (+19%) dans 46 pays, l’attractivité européenne a atteint son plus haut niveau historique d’après le Baromètre de l’attractivité de la France EY, qui constate par ailleurs que « l’attractivité française se redresse fortement » :

  • La France a su affirmer son statut de terre d’innovation grâce notamment au crédit d'impôt recherche (CIR). Selon EY, la France se classe à la troisième place du top 5 des pays accueillant des projets de R&D en Europe.

  • Les dernières réformes tendant à flexibiliser le marché du travail (introduction de la rupture conventionnelle, loi Travail) ont été positivement reçues à l’étranger. L’augmentation de la productivité et le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) ont parallèlement contribué à restaurer l’attractivité de l’industrie hexagonale.

  • La France conserve ses atouts logistiques (connexion aux principaux réseaux de transport maritime et routier, infrastructures de qualité, nombreux entrepôts), en adéquation avec le développement de l’e-commerce.

Des raisons politiques d’espérer

A ces fondements économiques s’ajoutent des motifs politiques. C’est ce que certaines appellent d’ores et déjà « l’effet Macron ». L’arrivée au pouvoir d’un président de la République jeune, ayant une expérience de l’entreprise et tenant un discours réformiste a redoré le blason de la France à l’étranger.

La bataille qui oppose Paris à Dublin et Francfort pour attirer les grandes banques internationales suite au Brexit montrera si cet effet catalyseur est suffisant. D’autant que les réformes à mener sont encore nombreuses, autant que périlleuses. La Banque de France les a listées début juillet 2017 :

  • Stabilisation de la hausse des dépenses publiques en volume, alors que la hausse des taux d’intérêt agit comme une bombe à retardement sur la dette publique.

  • Poursuite de la réforme du marché du travail pour ramener le chômage autour de 7 %.

  • Développement de la formation professionnelle.

La feuille de route est toute tracée. Il reste encore quelques mois au nouveau gouvernement pour faire en sorte que la prévision de croissance de la Banque de France se réalise.

Source : YouLoveWords Crédit Visuel : PeopleImages/iStock