En décembre, le taux d'inflation français s'est élevé à 1,1 %, un record depuis septembre 2013 (1) ! Si ce chiffre confirme la reprise économique, il est aussi porteur de mauvaises nouvelles pour le pouvoir d'achat.

Les économistes définissent l'inflation comme une hausse durable des prix à la consommation qui se traduit par une perte de pouvoir d'achat de la monnaie. Si on constate en France un retour de l'inflation, celui-ci est principalement porté par la hausse des cours du pétrole (2), dont le prix au baril est passé de 30 à 50 $ en un an (3). Si la BCE et l'État se félicitent de la reprise de cet indicateur, les ménages et les entreprises pourraient néanmoins davantage en pâtir à court terme. Explications.

Une bonne affaire pour la BCE et l'État

L'un des objectifs de la Banque Centrale Européenne (BCE) est de garantir la stabilité des prix. Pour cela, elle vise un objectif de 2 % d’inflation qui représente une hausse modérée des prix, tout en se préservant des risques de déflation, qui pourraient entraîner une contraction de l'activité économique.

L'augmentation de l'inflation est également positive pour les caisses de l'État. La TVA, qui représente près de 50 % des recettes fiscales, est en effet indexée sur le prix des biens de consommation. Si ces derniers augmentent, les recettes augmenteront mécaniquement dans le même temps, à condition que les ménages ne diminuent pas brutalement leur niveau de consommation. Ceci permettra peut être de réduire encore davantage le déficit public français, qui atteignait 77,4 milliards d'euros (4) en 2015. Enfin, à moyen terme, l'inflation peut également tirer à la hausse les salaires, ce qui améliore les recettes de l'impôt sur le revenu et le montant des cotisations sociales.

Une hausse des prix à la consommation

Côté consommateur, la première conséquence notable est évidemment la baisse du pouvoir d'achat. Ceci est d'autant plus vrai qu'à court terme, cette hausse des prix ne sera pas compensée par une hausse des salaires. Ainsi, il est probable que les Français soient incités à puiser davantage dans leur épargne, dont le montant a fort heureusement progressé l'an dernier.

Enfin, mauvaise nouvelle : la revalorisation des prestations sociales qui se base sur l'inflation de 2016 sera quasi-nulle, l'inflation ayant été proche de 0 l'an dernier.

Une augmentation des taux d'intérêt

La hausse de l'inflation pourrait également entraîner dans son sillage une augmentation des taux d'intérêt qui pourrait à moyen terme représenter un frein pour l'investissement et la solvabilité des emprunteurs. Sur les marchés financiers, les taux d'intérêt ont d'ailleurs déjà commencé à augmenter. C'est justement pour ne pas fragiliser une reprise encore balbutiante et limiter ces risques de hausse à court terme, que la BCE a décidé le 19 janvier 2017 de maintenir ses taux directeurs à 0 % (1).

Conséquences sur l'immobilier

Il est important de rappeler que le taux d'inflation ne prend pas en compte certains investissements tels que l'achat de biens immobilier. D'ailleurs, la courbe des prix de l'immobilier ne suit pas forcément celle des prix à la consommation. Ainsi, le taux d’inflation s’est élevé à 20 % entre 1998 et 2008, alors que l'évolution du prix des biens immobiliers a avoisiné les 140 % (5) durant la même période.

Néanmoins, en cas de retour de l'inflation, il est fort à parier que l'indice de référence des loyers connaîtra lui aussi une augmentation. Et si les salaires n'augmentent pas rapidement, cette situation risque là encore de peser lourdement sur le pouvoir d'achat des ménages. Quant aux taux de crédit immobilier, après des mois de baisse, ils devraient augmenter cette année et atteindre 1,65 % à 1,75 % contre 1,34 % en décembre (6).

–-

Si 2017 ne devrait pas être l'année d'un retour d'une inflation élevée, elle risque en revanche d'écarter tout risque de déflation à court terme. Afin de ne pas trop pénaliser le pouvoir d'achat des ménages, la BCE ne devrait rien faire pour favoriser une augmentation encore plus importante, du moins tant que les salaires n'évolueront pas à la hausse.

Source : YouLoveWords

Crédit Visuel : andrej_k / iStock