Avec 7,9 % de croissance au 1er trimestre 2016 (1), l'Inde confirme son nouveau rang de géant économique le plus dynamique de la planète. Malgré ces bons chiffres, le géant asiatique doit encore affronter plusieurs défis de taille.

À l'heure où la Chine, traditionnelle locomotive de la croissance mondiale, montre quelques signes de faiblesses, l'Inde fait progressivement figure de nouvel eldorado. Le Premier Ministre Narendra Modi, élu en 2014, a lancé un vaste plan de réformes et de modernisation des infrastructures (électriques, ferroviaires et routières), qui ont permis de renforcer la croissance et d'attirer les investisseurs. Si l'économie indienne est aujourd'hui encensée par les grandes organisations internationales, l'un des grands défis du pays sera de permettre que ce dynamisme profite au plus grand nombre.

Des indicateurs économiques au beau fixe

Outre la vigueur de la croissance, d'autres indicateurs confirment cette conjoncture positive. Les productions électrique et minière, traditionnels moteurs de l'économie indienne, enregistrent de bons résultats. La mousson, qui s'annonce abondante cette année, devrait impacter positivement le niveau des récoltes, dans un pays où près de 65 % de la population vit encore de l'agriculture (2). Enfin, le pays s'est progressivement imposé comme une grande puissance technologique et devrait compter le deuxième réseau mondial de start-ups d'ici 2017 (3).

De son côté, l'inflation est en recul. Elle a été ramenée à près de 5 % tandis qu’elle avoisinait encore 10 % en 2014 (4). Aussi, la baisse des taux d'intérêt (aujourd'hui à 6,5 %) favorise le crédit aux entreprises et à la vaste classe moyenne émergente (5). Conséquence : les achats de véhicules et de biens immobiliers explosent.

Pour compléter le tableau, les réformes gouvernementales séduisent les investisseurs et donnent confiance au secteur privé (6) : amélioration de l’efficacité de l’administration, mise en place d’une taxe sur les produits et services, recapitalisation des banques d'État, etc. Elles ont notamment permis au pays de grimper à la 16 ème place des économies les plus compétitives (1) de la planète.

Attirer les investissements internationaux

C'est l'une des pierres angulaires de la nouvelle stratégie indienne. Dès son arrivée au pouvoir, Narendra Modi a lancé un vaste plan d'industrialisation nommé « Make in India ». Objectif : doper les investissements étrangers dans l'industrie manufacturière, secteur qui a connu une croissance de 9,3 % sur un an (4).

Aussi, dans un contexte international de repli des investissements directs à l'étranger (IDE), ceux-ci ont au contraire augmenté de 39 % depuis un an et demi (1) dans le pays. Ainsi, avec 28,6 milliards d'euros reçus, le pays a ravi en 2015 à la Chine la place de plus gros récepteur mondial d'IDE (1) ! Il va de soi que la perspective de saisir à temps le potentiel de ce marché d'1,25 milliard d'habitants attise les convoitises des entreprises étrangères.

Des défis colossaux à relever

Il reste néanmoins beaucoup de chemin à parcourir pour que cette croissance bénéficie à l'ensemble de la population, notamment les deux tiers de citoyens qui vivent en zone rurale et dépendent encore très fortement des conditions climatiques (7).

Autre défi de taille : les infrastructures. Malgré les efforts de modernisation, près de 25 % des foyers ne sont pas encore raccordés à l’électricité, et 600 millions de citoyens ne disposent pas d'accès à l’assainissement.

Enfin, la faiblesse du secteur privé est également pointée du doigt. Ce dernier n'emploie encore que 2 % de la main-d’œuvre, alors que le pays aurait besoin créer un million d'emplois tous les mois pour que ses jeunes puissent s'insérer sur le marché du travail (6).

–-

Si les perspectives économiques de l'Inde sont enthousiasmantes, notamment comparées à la Chine, le retard à combler en terme de développement reste important. Ainsi, le PIB par habitant indien n'équivaut encore qu'à 11 % de celui des États-Unis, quand celui de l'Empire du Milieu représente déjà 25 % de ce dernier. Rivalités régionales, montée des tensions ethniques et religieuses, et maintien d’inégalités structurelles sont autant de faiblesses qui pourraient entraver ce développement à moyen terme.

Source : YouLoveWords.com
Crédit visuel : JJRD /iStock