Les turbulences financières post-référendum sur le Brexit et les menaces qui pèsent sur les banques italiennes ont ravivé les craintes d'une crise bancaire en Europe. Dans ce contexte, l'épargne des ménages est-elle bien protégée ?

Les créances douteuses détenues par les banques italiennes représenteraient plus de 20 % du PIB du pays (1). L'année dernière, l'effondrement de 4 établissements transalpins avaient déjà fait perdre une partie de leurs économies à plusieurs milliers d'épargnants. Face à cette situation, les autorités tentent de rassurer pour ne pas provoquer une ruée vers les distributeurs. Mais au-delà, les taux d'intérêt historiquement bas impactent négativement la rentabilité de l'ensemble des banques européennes et pourraient les fragiliser à long terme. Si, en cas de crise, les actionnaires seraient les premiers touchés, les particuliers s'interrogent également sur la protection de leur épargne. Explications.

Des garde-fous pour protéger les banques

Les règles qui régissent le système bancaire sont très strictes. Les établissements sont tenus de posséder des fonds propres qui permettent de leur laisser des marges de manoeuvre en cas de pertes importantes. En d'autres termes, si une banque rencontre des difficultés, elle pourra puiser dans ce stock afin de garantir ses engagements.

Le montant de ces fonds, proportionnel à la nature des risques que prend la banque, est strictement encadré : c'est ce qu'on appelle les normes "Bâle III". Leur principe est simple : plus un établissement prend des risques sur les marchés financiers, plus ses fonds propres doivent être importants.

Un système très encadré

Le respect de ces normes et la politique de gestion des risques mise en place par chaque établissement bancaire européen sont surveillés par la Banque centrale européenne. Le rôle de cette dernière est d'éviter des faillites pouvant déboucher sur une nouvelle crise du système bancaire.

En plus de cet encadrement, un Fonds de résolution unique a été créé. Les banques du continent y injectent régulièrement de l'argent destiné à être utilisé pour renflouer leurs caisses et protéger les épargnants (2) en cas de problème. Ce fonds pourrait disposer d'une somme importante de 50 à 60 milliards d’euros d'ici 4 ans (2), de quoi rassurer les clients.

Le risque pèse plus sur les actionnaires que les épargnants

L'inquiétude a néanmoins grandi avec une récente disposition européenne, qui prévoit en effet que la part de l’épargne des particuliers dépassant le plafond de garantie (fixé à 100 000 € par déposant et par banque) puisse servir à combler les trous dans les comptes d'une banque en faillite (3).

Toutefois, pas de panique ! Contrairement aux idées reçues, cette mesure vient simplement combler un vide juridique et créer une hiérarchie autrefois inexistante entre actionnaires et clients particuliers. Ainsi, en cas de problèmes, une banque se tournera d'abord vers ses actionnaires et obligataires, qui perdraient la valeur de leurs titres, et ce n'est qu'en dernier lieu (et si ces interventions ne sont pas suffisantes), qu'une partie des dépôts des entreprises et des particuliers pourrait être sollicitée.

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Si une telle situation reste hypothétique, vous pouvez aussi utiliser quelques moyens supplémentaires existant pour vous prémunir de certains risques. Ainsi, si votre épargne dépasse le plafond de garantie, il peut être opportun de diversifier vos placements et d'ouvrir un deuxième compte dans une autre banque.

Source : YouLoveWords.com
Crédit visuel : Tuned_In /iStock