L’élément déclencheur : la chute de la Bourse de Shanghai

La Chine vient de procéder à la troisième dévaluation consécutive de sa monnaie cette semaine. Cette nouvelle dépréciation est de 2% par rapport au dollar. L'impact de la dévaluation du Yuan sur les marchés n'est pas anodin, la majorité des analystes et professionnels considérant d’ores et déjà que la cotation de cette monnaie est largement inférieure à sa valeur réelle.

Durant son ouverture à l’économie de marché, le principal axe de développement de la Chine a longtemps été l'exportation à tout prix. Aujourd’hui, son nouveau credo – sous l'impulsion de son président – est le développement de la Bourse : l’objectif est de créer de la trésorerie pour les PME afin qu’elles disposent des moyens nécessaires pour se développer. De nombreux Chinois se sont alors lancés sur les marchés boursiers. Malheureusement, la chute de plus de 30% de la Bourse de Shanghai au début du mois de juillet 2015 a ruiné bon nombre de petits épargnants.

La dévaluation, signe d’un essoufflement économique ?

La chute de la Bourse a installé le doute dans l'esprit de nombreux analystes quant à la capacité de la Chine à poursuivre sur la route de la croissance à deux chiffres. Les marchés ont tout d’abord craint une diminution de la consommation de pétrole en Chine suite au ralentissement de sa production industrielle. L'effet immédiat de cette crainte fut la baisse de 10% du prix du baril à la bourse de New York, passé en une seule journée de 53 $ à 48 $.

La dévaluation de la monnaie du géant asiatique constitue également un risque majeur pour les balances économiques des pays partenaires. En effet, en abaissant la valeur de sa monnaie, le gouvernement chinois entend doper ses exportations en rendant ses produits encore plus accessibles. Globalement, l’ensemble des échanges internationaux va donc être affecté par cette dévaluation.

Cette politique de dévaluation semble accréditer le fait que l'économie chinoise ne serait pas en aussi bonne santé que bon nombre d'observateurs se plaisaient à le dire. La croissance de la demande intérieure et de la production industrielle est plus faible qu’espérée.

La dévaluation, une stratégie politique ?

Une autre stratégie, du gouvernement central de Pékin cette fois-ci, se masque peut-être derrière cette dévaluation. À l’heure actuelle, le FMI reconnaît quatre monnaies de référence : l'euro, le dollar, le yen et la livre sterling. La Chine, qui souhaite intégrer ce cercle fermé depuis quelques temps, tente d’imposer ses conditions pour que le Yuan entre dans le groupe de ces monnaies fortes sur la scène du commerce international.

Le FMI étant actuellement favorable à une dévaluation du Yuan, le gouvernement chinois serait donc peut-être en train d’œuvrer pour influer positivement sur la décision que prendra le FMI en fin d’année : intégrer ou non le Yuan en tant que monnaie de référence.

La croissance française en berne

Dans le même temps, en France, l'Insee a publié les chiffres de l'indice des prix à la consommation, ainsi que ceux de la croissance pour le second trimestre 2015. La croissance est nulle pour ce trimestre et les prix sont en baisse de 0,4% pour ce mois de juillet 2015 (légère hausse sur 12 mois de 0,2%).

Cette baisse des prix est due à la période des soldes (-14 % sur l'habillement et les chaussures par exemple), mais également au prix de l’énergie (-1,5% pour les carburants), à l’exception de l'électricité, qui a augmenté de 4,3% sur 12 mois. La baisse du prix de l'énergie est totalement liée au très bas prix du baril de pétrole.

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Une croissance à zéro, des prix à la consommation en baisse, une balance commerciale qui va se dégrader du fait de la dévaluation du Yuan, autant de signes négatifs pour une économie que l’on dit en cours de reprise. Une quasi certitude demeure néanmoins : la dévaluation de la monnaie chinoise, dont l'impact est amorti par le commerce extérieur, ne devrait pas affecter directement, dans les mois à venir, le portefeuille des Français.

Source : YouLoveWords.com