Près de 66 % des Millenials souhaitent changer d'entreprise dans les 4 ans à venir (1). Ce fort désir de mobilité est l'une des caractéristiques de cette génération qui chamboule les codes traditionnels de l'entreprise.

Les Millenials, aussi appelés Génération Y ou Digital Natives, est un terme générique qui regroupe les personnes nées entre 1978 et le milieu des années 1990. Cette génération constituerait aujourd'hui près de 20 % de la population française (2). Ayant grandi avec les nouvelles technologies (ordinateur, Internet...), elle débarque depuis une quinzaine d'année sur le marché du travail avec des codes et des valeurs différents de ceux de leurs aînés. Les entreprises n'ont donc d'autre choix que de s'adapter et revoir profondément leur approche managériale pour attirer et retenir des profils qui représenteront 75 % des actifs dans le monde d'ici 2025 (3).

Une génération marquée par un contexte économique difficile

Nés après les chocs pétroliers des années 1970, les Millenials n'ont jamais connu le plein emploi, sans compter qu'une partie d'entre eux est entrée sur le marché du travail suite à la crise économique et financière de 2008. Conséquence : s'ils forment la génération la plus formée de l'histoire, ils se rendent également compte que leurs diplômes ne suffisent plus à trouver un emploi.

Stages peu rémunérés, CDD à répétition ou premiers salaires peu importants les ont rendus plus précaires que leurs parents, ce qui a influé sur leurs capacités d'adaptation mais aussi leur façon de voir le monde. Une majorité d’entre eux plaide aujourd’hui pour une économie plus humaine et 87% d’entre eux considèrent que la mesure du succès d'une entreprise ne peut plus se limiter à des aspects purement financiers (1).

Des comportements et valeurs nouvelles dans l’entreprise

Les Millenials sont tout d’abord marqués par un rapport différent à la hiérarchie. Ils voient davantage leur supérieur comme un coach et attendent de lui un vrai partage de connaissance et une relation d'égal à égal. De ce fait, la communication verticale est de plus en plus contestée. Donner la parole aux équipes, organiser des espaces de discussion entre dirigeants et salariés deviennent les bases d'une nouvelle stratégie managériale.

Contrairement à ses aînés, la Génération Y est également moins attachée à l'entreprise dans laquelle elle travaille. Elle n'envisage pas forcément d'y faire une longue carrière et souhaite évoluer rapidement, faute de quoi, elle ira vers la concurrence.

Côté salaires, les Millennials sont moins attirés par le gain tous azimuts. Ils souhaitent avant tout s'épanouir dans leur travail, aussi bien professionnellement que personnellement. Plus que d'autres générations, ils placent l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle au centre de leurs préoccupations. Dans ce contexte, il n'est pas étonnant que 64 % souhaitent télétravailler (4) et que nombre d’eux soient séduits par les sirènes de l'entrepreneuriat.

Toujours dans cette logique d'épanouissement, la Génération Y accorde également une grande importance au cadre de travail et ne conçoit d'évoluer que dans une ambiance créative, ludique et agréable. Enfin, plus que d'autres générations, les Millenials souhaitent que leurs missions correspondent à leur éthique. Ainsi, 49 % (5) d'entre eux ont déjà refusé d'effectuer une tâche au travail car elle entrait en contradiction avec leurs valeurs.

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Parce qu'ils ont grandi avec les nouvelles technologies, les Millenials constituent des profils clés à l'heure de la transformation digitale des entreprises. Ils sont donc très courtisés par ces dernières qui n'hésitent pas à évoluer pour les retenir. Autonomie, transparence, flexibilité dans l'organisation du temps, horizontalité des rapports : c'est l'avènement d'une nouvelle approche managériale. Vers "l'entreprise libérée" ?

Source : YouLoveWords.com
Crédit visuel : Geber86 / iStock