Dans un contexte économique pourtant difficile, le pouvoir d'achat des Français a augmenté de 1,6 % en 2015 (1), confirmant la tendance haussière de 2014. Après les baisses de 2012 et 2013, cette hausse du pouvoir d’achat vient confirmer l'évolution positive amorcée en 2014. Ces bons chiffres se sont traduits par un regain d'optimisme des ménages Français et une hausse de 0,3 % de la consommation au troisième trimestre (2).

Alors que la croissance économique semble de retour et que le chômage se stabilise après plusieurs années de hausse, le pouvoir d'achat des ménages a augmenté en 2015. Néanmoins, si ces indicateurs sont encourageants, plusieurs études confirment que les Français ont encore du mal à percevoir un renversement de tendance.

Prix du carburant, salaires : les facteurs de cette hausse

Première raison de cette augmentation : la chute des prix du pétrole depuis plusieurs mois qui a porté le prix du baril à moins de 40 dollars (2). Cette diminution s'est répercutée sur les prix de l'essence (moins d'un euro le litre aujourd'hui) ou du fuel, postes de dépenses importants pour de nombreux Français.

Autre raison et contrairement aux idées reçues, le salaire moyen a également augmenté de 3 % en deux ans (2) ! Rien qu'en 2015, cette hausse a fait progresser le revenu brut disponible des ménages de 0,2 % au deuxième trimestre, puis de 0,7 % au troisième trimestre .

Dans le même temps, le montant de l'impôt sur le revenu a diminué de 2 % en moyenne au troisième trimestre (3), réduisant ainsi mécaniquement son poids sur le budget des Français. Enfin, les citoyens les plus modestes ont vu légèrement augmenter le montant des prestations sociales qu'ils ont perçues durant les deuxième et troisième trimestres 2015.

Regain d'optimisme et reprise de la consommation

Principale conséquence, l'opinion des ménages sur les perspectives d'évolution de leur situation financière personnelle dans le futur s'est appréciée de 3 points en décembre dernier. Si elle reste à un niveau inférieur à celui des dernières années, elle traduit une inflexion symbolique(1).

Concernant leur capacité d'épargne actuelle et future, les Français se montrent là encore optimistes avec des niveaux supérieurs à la moyenne de ces dernières années.

Enfin, la consommation des ménages se redynamise. Les dépenses augmentent à nouveau, notamment celles des biens durables (+3,1 % en 2015). Signe de vigueur, parmi ceux-ci, les ventes de voiture neuves ont progressé de 12,5 % en 2015 (4) ! En 2016, cette tendance devrait s'accélérer et la consommation progressera de 1,5 % (5).

Une différence entre pouvoir d'achat réel et ressenti

Ces chiffres ne doivent pas masquer un réel ressenti de perte de niveau de vie chez de nombreux Français suite à la crise de 2008. Fin 2014, l’association 60 millions de consommateurs calculait ainsi que le pouvoir d'achat moyen des ménages avait baissé de 4 % en 5 ans, ce qui représentait 1 500 euros de moins dans leur porte-monnaie (6) ! La méthodologie utilisée, prétendument plus fine, croisait le revenu disponible avec les indices de prix des principaux postes de dépenses des Français.

Si les prix de certains produits ont fortement diminué depuis 10 ans (high tech, jouets, télévision...), il n'en va pas de même pour plusieurs dépenses récurrentes telles que l'alimentation, l'électricité ou les loyers (6). L'étude révélait d'ailleurs que l'augmentation de certaines dépenses contraintes (énergie, essence...) avait pesé sur les finances des ménages.

Enfin, le pouvoir d'achat demeure un indicateur global. Si l'on observe les chiffres plus en détail, on remarque que la progression moyenne du revenu médian concerne toutes les catégories mais qu'elle a été plus rapide chez les 1 % des Français les plus riches (1).

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Si l'augmentation du pouvoir d'achat est une bonne nouvelle et démontre un retour de la confiance, elle ne doit pas masquer certaines réalités en trompe-l'œil. Ainsi, le montant des dépenses contraintes (abonnements internet et téléphone, assurances, énergie...) représentait 29 % du budget des ménages en 2014 (1), son deuxième plus haut niveau historique.

Source : YouLoveWords.com