La devise européenne poursuit son ascension face au dollar. Les marchés actions évoluent en ordre dispersé. Face à la hausse de l’euro, toutes les bourses ne réagissent pas de la même manière et les titres sont impactés différemment. Alors, quelle stratégie adopter ?

Le retour de l’euro fort

La hausse de l’euro s’explique d’abord par des facteurs extérieurs :

  • La déception des investisseurs face à l’absence de cap économique fixé par Donald Trump. Si la croissance américaine et le marché de l’emploi sont en bonne forme outre-Atlantique, l’inertie de la politique économique inquiète les marchés, expliquant la chute du dollar.
  • L’optimisme des marchés concernant l’avenir de la zone euro. Si cette observation est à nuancer, il n’en demeure pas moins que le renforcement de l’intégration européenne, accéléré par le Brexit et la détermination du couple franco-allemand à collaborer, est un signal positif. D’où une certaine euphorie autour des valeurs européennes.

Les valeurs à privilégier

De façon schématique, l’impact de la hausse de l’euro peut se résumer de manière binaire :

  • Les entreprises qui exportent beaucoup sont pénalisées car le prix de leurs produits augmente en traversant les frontières de la zone euro. C’est le cas notamment de l’industrie aéronautique, pour laquelle la majorité du chiffre d’affaires est réalisé à l’international. Pour Airbus, par exemple, une variation de 10 cents de l'euro représente 1 milliard d'€ de résultat opérationnel.
  • Les valeurs domestiques (banques, distribution…) sont favorisées. Si un euro fort affecte les exportations, il soutient en revanche la consommation. D’autant que les perspectives des entreprises européennes exposées à la demande intérieure sont globalement mieux orientées.

En complément, on peut ajouter que les valeurs liées aux matières premières profitent de la chute du billet vert. Attention toutefois à ne pas miser trop gros sur ces titres connus pour leur volatilité extrême.

Une politique monétaire de la BCE dans la continuité ?

L’attitude de la Banque centrale européenne (BCE) face à la hausse de la monnaie unique est décisive car elle influe sur les taux d’intérêt et, par extension, sur les conditions de financement des entreprises et des ménages.

Deux scénarios sont possibles :

  • Soit la BCE considère que la confiance est revenue en Europe, auquel cas elle peut décider de rendre sa politique monétaire moins accommodante.
  • Soit elle décide que l’objectif de lutte contre l’inflation est prioritaire. Elle pourrait alors choisir de conserver une politique monétaire très expansionniste, ce qui aurait pour effet de maintenir les taux d’intérêt à un niveau bas.

Dans la seconde hypothèse, les principaux gagnants seraient les entreprises qui empruntent beaucoup, mais aussi les ménages qui peuvent mieux renégocier leurs prêts bancaires. Sans oublier les Etats, qui voient leurs déficits budgétaires se réduire ou augmenter moins rapidement.

Source: YouLoveWords.com

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