David Cameron a enlevé aux dirigeants de l’Union européenne des concessions qui devraient l’aider à éviter le Brexit. Cette éventualité aurait des conséquences économiques difficiles à chiffrer aujourd’hui. Dans le même temps, la baisse du prix du baril est-elle une bonne chose ?

Des incertitudes bien anticipées

Brexit, volatilité des prix du baril, crise des migrants… en prise avec des sujets ne relevant pas directement de l’économie, la croissance européenne est encore loin d’évoluer dans un contexte idéal en 2016. Bonne nouvelle, les marchés financiers l’ont déjà prise en compte et peuvent réserver des surprises à la hausse.

Brexit or not Brexit?

Vendredi dernier, les concessions obtenues par le Premier ministre britannique portaient sur des points sensibles pour la politique intérieure, notamment sur la question de l’immigration et sur l’équilibre des pouvoirs de décisions entre Londres et Bruxelles.

Cela suffira-t-il à convaincre les Britanniques de voter "Oui" au référendum organisé le 23 juin prochain ? Cet outil n’est, en règle générale, pas le plus approprié pour trancher sur des sujets aussi complexes.

Un risque hypothétique, des conséquences déjà visibles

Si les conséquences politiques et sociales d’un éventuel Brexit font grincer les dents dans l’Union européenne, elles ne doivent pas faire oublier les effets économiques et monétaires que pourrait avoir l’isolement du Royaume-Uni. Celles-ci sont difficilement chiffrables à ce jour. Les scénarios se bousculent pour conclure… que le flou reste total. Néanmoins, les milieux d’affaires sont quasiment unanimes à souhaiter le maintien du pays dans l’Europe : les agences de notation Moody’s et Fitch concluent que cela "pèserait" sur les investissements, et que les coûts "dépasseraient les gains" (1).

Les entreprises expriment déjà leur inquiétude à ce sujet, comme en témoignent les déclarations des dirigeants d’Airbus lors de la présentation des résultats (2). N’oublions pas que le Royaume-Uni réalise près de la moitié de ses exportations en Europe.

Une chose est sûre : bien que Londres ait conservé sa propre monnaie et sa propre banque centrale, bien que l’économie britannique soit l’une des plus florissantes de l’Union au prix de quelques déséquilibres budgétaires, le simple fait que le populaire maire de Londres Boris Johnson se joigne à la campagne pour le "Non" a fait dévisser la livre à son plus bas depuis 7 ans, en dessous de 1,40 $ (3).

Pétrole moins cher, tous gagnants ?

La publication du rapport annuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) donne l’occasion de faire le point sur la volatilité des prix du baril de brut, après qu’ils ont plongé de plus de 70 % depuis mi-2014, et sur ses conséquences économiques.

L’AIE ne prévoit pas de rééquilibrage du marché avant 2017 (4). La situation est complexe : l’offre est excédentaire en raison de la hausse des productions irakienne et américaine (la production de pétrole de schiste a atteint 10 fois son niveau de 2010). En parallèle, la demande n’a cessé d’être revue à la baisse du fait du ralentissement des économies émergentes.

On pourrait penser que la baisse des cours du brut a un effet positif sur l’économie mondiale, en permettant la remontée du pouvoir d’achat dans les pays consommateurs. En réalité, lorsque la consommation est contrainte par la faiblesse de la croissance, l’effet d’aubaine peut s’avérer assez faible. Dans le même temps, les pays producteurs souffrent.

Par ailleurs, la chute du baril fait peser un risque sur les dépenses engagées dans les énergies renouvelables, ralentissant d’autant la transition vers une économie moins carbonée. Si l’effet sur la croissance mondiale n’est pas immédiat, les conséquences à moyen et long terme n’en sont pas moins cruciales…

Source : YouLoveWords.com