PEA : dans quels instruments financiers peut-on investir en 2026 ?

L’investissement en bourse comporte un risque de perte totale ou partielle du capital investi.
Cet article est donné à titre purement informatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil d’ordre financier, juridique, fiscal ou un conseil en investissement de la part de Fortuneo, et ne saurait engager la responsabilité de Fortuneo pour toute décision prise ou non sur cette base.

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) reste l’une des enveloppes fiscales les plus attractives pour investir en bourse sur le long terme. Mais une fois celui-ci ouvert, une question revient systématiquement : dans quoi investir concrètement ? Comment construire un portefeuille cohérent ? Voici quelques conseils pour tenter de tirer profit du dynamisme des marchés financiers avec ce support « franco-français ».

Mis à jour le 29 juillet 2026

PEA

À quoi sert le PEA ?

Créé en 1992 pour encourager l’investissement dans l’économie européenne, le PEA permet d’investir dans plusieurs actions d'entreprises ayant leur siège social dans l'Union Européenne ou dans l'Espace Économique Européen (EEE) et certaines parts de placements collectifs employant plus de 75 % de leurs actifs en titres éligibles. Comme nous le verrons plus bas, certains ETF permettent toutefois de s’affranchir de cette limite géographique. Il est également possible de détenir, en complément, un PEA-PME-ETI, dédié au financement des petites et moyennes entreprises ainsi que des entreprises de taille intermédiaire.

On distingue deux enveloppes principales :

  • Le PEA classique, plafond de versements à 150 000 € maximum, idéal pour investir dans les grandes capitalisations européennes.

  • Le PEA-PME-ETI, dédié aux petites et moyennes entreprises (PME) et entreprises de taille intermédiaire (ETI) européennes, avec un plafond de 225 000 €. Sachez qu’en cas de détention cumulée d'un PEA classique et d'un PEA-PME-ETI, le total des versements sur l'ensemble des deux comptes ne peut pas dépasser ce plafond global de 225 000 € (le PEA classique restant limité à 150 000 €).

Quels sont les instruments financiers éligibles au PEA ?

Le PEA donne accès à divers instruments financiers, dont deux en particulier peuvent intéresser les investisseurs.

Actions d’entreprises : le grand classique de l’investissement boursier

Les titres éligibles au PEA et au PEA-PME-ETI doivent répondre à plusieurs critères, qui concernent notamment la nature des titres, la localisation de l’entreprise et son régime fiscal. Le PEA permet notamment d’investir dans des actions de sociétés établies dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen (EEE), sous réserve de respecter ces conditions. Cette ouverture permet de diversifier ses investissements, des multinationales leaders en Europe jusqu'aux PME locales et innovantes.

ETF : idéal pour diversifier

Les ETF (Exchange Traded Funds), aussi appelés « trackers », sont des fonds d’investissement cotés en bourse. Contrairement à une action isolée, la majorité des ETF (ETF passifs) répliquent la performance d’un indice spécifique, comme le CAC 40 ou l’Euro Stoxx 50. Il existe également des ETF actifs, dont la gestion cherche à dépasser un indice de référence ou à suivre une stratégie sur mesure.

Cette approche offre une diversification immédiate, réduit le risque spécifique à une entreprise en particulier et simplifie la gestion au quotidien. La volatilité reste présente, comme pour tout investissement sur les marchés financiers.

Ces qualités expliquent l’énorme succès des ETF ces dernières années. Selon l’étude People & Money 2025 menée par BlackRock avec YouGov, le nombre de détenteurs d’ETF en France a bondi de 117 % entre 2022 et 2025, avec 2,6 millions de Français qui étaient prêts à investir via ces fonds indiciels. C’est plus du double par rapport à 2022. La France se distingue même comme l’un des pays européens où cette adoption progresse le plus rapidement, notamment chez les jeunes investisseurs (plus de la moitié des détenteurs ont moins de 35 ans).

À savoir : bien que le PEA limite l’investissement aux entreprises européennes, certains ETF permettent de s’affranchir des frontières géographiques. Grâce à la réplication synthétique (utilisant des instruments dérivés tels que les swaps, ou « contrats d'échange de performance »), certains ETF éligibles au PEA permettent de s'exposer aux marchés américains ou mondiaux.

Stratégie cœur-satellite : un exemple de compromis entre diversification et potentielle performance ?

Une stratégie souvent utilisée consiste à organiser son portefeuille autour d’un socle principal complété par des positions plus ciblées. C’est ce qu’on appelle la méthode « cœur-satellite ».

Le principe est le suivant : le « cœur » du portefeuille est constitué de supports larges et diversifiés, comme des ETF. Ils assurent une exposition globale aux marchés et sont, en général, moins volatils que les actions prises individuellement. Ils sont également adaptés à ceux qui privilégient une stratégie d'investissement à long terme, sans chercher à anticiper les mouvements de marché par des arbitrages fréquents.

Autour de ce noyau, il est possible d’ajouter des investissements plus spécifiques (les « satellites ») : quelques instruments choisis pour leur potentiel, des petites capitalisations, ou des secteurs de niche comme l'IA, la transition énergétique, les actions d’entreprises minières ou aurifères...

Cette structure vise à maintenir une exposition majoritaire à des supports généralement résilients tout en permettant de capter des opportunités de performance ciblées. Elle limite ainsi (mais n’efface pas) l’impact d’une éventuelle sous-performance des lignes sur l’ensemble de l’épargne.

L’investissement en bourse présente un risque de perte totale ou partielle du capital investi.

PEA : les bonnes pratiques à connaître

Pour transformer votre PEA en un potentiel outil de performance sur le long terme, il est donc préférable d’adopter une gestion rigoureuse, et basée sur des règles précises. En voici quelques-unes :

  • Avoir une épargne de sécurité et définir sa tolérance au risque : Avant de verser sur un PEA, veillez à conserver une épargne de précaution disponible à tout moment sur des supports sécurisés (comme les livrets réglementés). L'investissement en bourse comporte un risque de perte en capital : n'investissez sur votre PEA que des sommes dont vous n'avez pas besoin à court terme et dont vous acceptez la fluctuation potentielle.

  • Le choix du mode de gestion dépend de votre profil : la gestion libre, où le titulaire choisit lui-même ses instruments financiers et passe ses ordres en toute autonomie, reste le mode de fonctionnement de référence du PEA. Certains établissements proposent également des services de gestion conseillée ou sous mandat pour les épargnants qui souhaitent déléguer la gestion de leur portefeuille à un professionnel - une offre plus rare, que tous les intermédiaires financiers ne commercialisent pas..

  • Les fluctuations de marché font partie intégrante de l’investissement en bourse. Les phases de hausse comme de baisse sont inhérentes aux marchés financiers et doivent être intégrées dans une stratégie d'investissement à long terme, sans présumer d'un retour automatique aux niveaux passés.

  • La gestion des émotions est souvent sous-estimée. Les décisions prises dans la précipitation peuvent nuire à la performance potentielle, alors qu’une approche posée et régulière (par exemple via des versements programmés) s’inscrit mieux dans la durée.

  • Enfin, rappelons que la diversification joue un rôle central. Puisqu’il n’est pas possible d’avoir plus d’un PEA par personne (contrairement à l’assurance vie, par exemple), les stratégies différentes doivent obligatoirement se faire au sein du même plan. Ne mettez pas « tous vos œufs dans le même panier » : répartissez vos investissements entre secteurs, tailles d’entreprises et zones géographiques.

L’investissement en bourse présente un risque de perte totale ou partielle du capital investi.

La fiscalité : le grand avantage du PEA

Terminons cette analyse par l’un des principaux atouts du PEA : sa fiscalité. Après cinq ans de détention, les gains (dividendes et plus-values) sont exonérés d’impôt sur le revenu. Dans ce cas, seuls les prélèvements sociaux restent dus.

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a toutefois relevé le taux de CSG de 9,2 % à 10,6 %1, portant le niveau global des prélèvements sociaux à 18,6 % - ce qui constitue la seule imposition applicable aux PEA de cinq ans et plus. En revanche, pour les retraits effectués avant cinq ans de détention, les gains restent en principe soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), dont le taux global s’établit désormais à 31,4 % (18,6 % de prélèvements sociaux + 12,8 % d’IR), contre 30 % auparavant.

Il n’en reste pas moins un argument de poids face à son cousin, le compte-titres ordinaire, qui ne bénéficie d’aucun avantage fiscal de ce type.

Rappelons enfin que tout retrait effectué sur un PEA avant cinq ans entraîne sa clôture, sauf cas exceptionnels limitativement énumérés par la loi, tels que la création/reprise d'entreprise ou le licenciement/invalidité par exemple. Cette contrainte en fait un produit naturellement orienté vers le long terme, à l’image de l’assurance vie. En laissant les gains au sein du plan, sans frottement fiscal immédiat, le temps devient alors un allié précieux pour potentiellement lisser la volatilité des marchés financiers.

C’est pourquoi une règle simple s’impose : un projet d’ouverture de PEA doit s’envisager avec un horizon d’investissement d’au moins cinq ans.

L’investissement en bourse comporte un risque de perte totale ou partielle du capital investi.

Cet article est donné à titre purement informatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil d’ordre financier, juridique, fiscal ou un conseil en investissement de la part de Fortuneo, et ne saurait engager la responsabilité de Fortuneo pour toute décision prise ou non sur cette base.


Photo portrait de l'auteur Alexandre PANIZZO

Alexandre PANIZZO

Journaliste de formation (EDJ - L'école du journalisme de Nice), Alexandre rédige régulièrement des articles sur des sujets financiers.

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