Fiscalité du PER 2026 : nouveautés et implications sur votre épargne

Le Plan d'Épargne Retraite (PER) s'est imposé comme un dispositif majeur pour préparer la retraite en France. Fin 2025, plus de 12,4 millions de plans étaient ouverts, pour un encours de 136 milliards d'euros sur les seuls PER assurantiels, selon France Assureurs. La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) et la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 modifient plusieurs règles fiscales applicables au PER. Tour d'horizon des nouveautés et de leurs implications concrètes pour les épargnants.

Publié le 13 mai 2026

Une femme consulte son ordinateur pour identifier les nouveautés fiscales liées au PER tout en prenant des notes.

À retenir :

  • Fin de la déductibilité fiscale des versements effectués après 70 ans sur un Plan d'Épargne Retraite (PER), depuis le 1er janvier 2026.

  • Report des plafonds de déduction non utilisés étendu de 3 à 5 ans, offrant davantage de souplesse pour lisser ses versements.

  • Hausse des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % sur les gains du PER, avec un PFU porté à 31,4 %.

  • Plafonds de déduction revalorisés mécaniquement avec un PASS 2026 fixé à 48 060 €.

Ce qui change pour le PER avec la loi de finances 2026

Promulguée le 19 février 2026, la loi de finances pour 2026 introduit deux évolutions structurantes pour le PER, applicables depuis le 1er janvier 2026.

La fin de la déductibilité des versements après 70 ans

Jusqu'au 31 décembre 2025, aucune limite d'âge n'encadrait la déductibilité des versements effectués sur un PER. Depuis le 1er janvier 2026, les versements volontaires réalisés à partir du 70ᵉ anniversaire du titulaire ne sont plus déductibles du revenu imposable. La mesure concerne également l'épargne salariale (intéressement, participation, abondement) versée sur un PER après 70 ans.

Ce que cela peut changer pour les épargnants : pour les personnes approchant 70 ans qui souhaitaient bénéficier de la déduction fiscale, anticiper les versements avant cette date pivot peut s'avérer pertinent. Par ailleurs, cette mesure limite l'utilisation du PER assurantiel comme outil de transmission patrimoniale tardive, c'est-à-dire la pratique consistant à effectuer des versements déductibles après 70 ans dans le but de constituer un capital à transmettre via la clause bénéficiaire.

Le report des plafonds non utilisés étendu à 5 ans

Jusqu'à présent, la fraction du plafond de déduction non utilisée pouvait être reportée sur les 3 années suivantes. Cette durée passe désormais à 5 ans pour les plafonds générés à partir des revenus 2026. Les plafonds antérieurs (2024 et 2025) demeurent reportables sur 3 ans.

Concrètement, un plafond non consommé en 2026 pourra être utilisé jusqu'en 2031.

Ce que cela peut changer pour les épargnants : cette extension offre davantage de souplesse pour lisser les versements dans le temps, notamment lors d'années à revenus variables (bonus, prime exceptionnelle, indemnité de départ).

La hausse des prélèvements sociaux à 18,6 %

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé le taux de la Contribution sociale généralisée (CSG) de 9,2 % à 10,6 % sur certains revenus du capital. Cette mesure, en vigueur depuis le 1er janvier 2026, porte le taux global des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %. Le PFU (« flat tax »), qui combine 12,8 % d'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux, passe ainsi de 30 % à 31,4 %.

Concrètement, cela signifie que la part des gains lors d’une sortie du PER en capital à la retraite est désormais soumise à 18,6 % de prélèvements sociaux, au lieu de 17,2 %. Sauf option pour le barème progressif, il convient d’ajouter 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu soit un total de 31,4 %. A noter que la part des versements (déduite fiscalement ou non) n’est pas concernée par ce changement.

À titre de comparaison, l'assurance-vie a été expressément exclue de cette hausse et conserve un taux de prélèvements sociaux de 17,2 %.

Ce que cela peut changer pour les épargnants : la hausse de 1,4 point réduit mécaniquement le rendement net des gains à la sortie du PER. À titre indicatif, sur 10 000 € de plus-values, l'écart représente 140 € supplémentaires de prélèvements.

Lire aussi : Quelle fiscalité s’applique au PER ?

Les plafonds de déduction du PER revalorisés en 2026

Le PASS 2026, base de calcul

Le Plafond Annuel de la Sécurité sociale (PASS) sert de référence pour calculer les plafonds de déduction du PER. Pour 2026, il a été fixé à 48 060 €, contre 47 100 € en 2025, soit une hausse de 2 %, selon le Bulletin officiel de la Sécurité sociale.

Les plafonds applicables selon le statut

Pour les salariés, le plafond de déduction correspond au plus élevé des deux montants suivants :

  • 10 % des revenus professionnels nets de l'année précédente, dans la limite de 8 PASS N-1, soit un plafond maximum de 37 680 € en 2026 ;

  • ou 4 710 € (10 % du PASS 2025) si ce montant est plus avantageux.

Pour les travailleurs non-salariés (TNS), le calcul est plus favorable et permet d'atteindre jusqu'à 88 911 € de déduction (10 % du bénéfice imposable dans la limite de 8 PASS 2026, majorés de 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS 2026), avec un plancher fixé à 4 806 €.

Ce que cela peut changer pour les épargnants : la revalorisation du PASS augmente mécaniquement la marge de déduction disponible. Pour les contribuables fortement imposés, cela peut représenter une économie d'impôt supplémentaire, sans garantie toutefois sur les performances futures de l'épargne placée.

Lire aussi : Comprendre le plafond de déduction fiscale du PER

Conclusion

Les évolutions issues de la loi de finances 2026 et de la LFSS 2026 modifient l'équilibre fiscal du PER, avec des aspects favorables (plafonds revalorisés, report étendu à 5 ans) et d'autres moins (hausse des prélèvements sociaux, fin de la déduction après 70 ans). Le PER conserve néanmoins une place dans une stratégie d'épargne retraite, à apprécier selon la situation fiscale, l'âge et les objectifs patrimoniaux de chacun. La diversification entre plusieurs enveloppes d'épargne peut permettre de répondre à des besoins complémentaires.

Cet article est donné à titre purement informatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil d'ordre financier, juridique, fiscal ou un conseil en investissement de la part de Fortuneo, et ne saurait engager la responsabilité de Fortuneo pour toute décision prise ou non sur cette base.


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Antoine LAGADEC

Juriste d'affaires de formation (MBA en Droit des Affaires et Master en Droit de l'entreprise et fiscalité).

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