De 111 $ en juin 2014 à 27,82 $ en janvier(1) 2016, le prix du baril a dégringolé ces dernières années. Néanmoins, plusieurs facteurs pourraient confirmer une remontée des prix, déjà observée depuis avril.

En avril 2016, le coût du baril de Brent a augmenté de 12,2 % sur un mois (2), atteignant son pic annuel. Si plusieurs facteurs conjoncturels expliquent cette remontée (baisse de la production aux États-Unis, production iranienne post-embargo en deçà des prévisions...), l'OPEP vient de surcroît d'annoncer un début d'accord pour limiter la production de pétrole de ses membres. Conséquences : plusieurs analystes estiment que l'excédent mondial de brut va progressivement reculer et prévoient un baril à 50 $ d'ici la fin de l'année 2016, et dont le prix devrait tourner autour de 80 $ en 2017 (3).

Pourquoi le prix du cours a amorcé une remontée ?

Si les excédents de pétrole dans le monde demeurent importants (environ 21,5 millions de barils/jour (4) et contribuent au maintien de prix bas, la production progresse moins vite que ces dernières années. Les capacités de production des pays exportateurs d'or noir sont au maximum et les faibles prix ont réduit les marges d'investissement et pesé sur la rentabilité des puits en activité. Conséquence : les marchés commencent à spéculer à la hausse sur une remontée des prix.

Ces dernières années avaient également été marquées par la montée en puissance des États-Unis comme producteur d'or noir. La raison : l'exploitation des gaz de schiste dont le sol américain regorge. Néanmoins plus coûteux à exploiter que le pétrole classique, la baisse des cours entamée en 2014 ne profite pas à l'industrie américaine des hydrocarbures. Nombre d'entreprises ont mis la clé sous la porte, et la production nationale a diminué de 6 % depuis janvier (5).

Enfin, contrairement aux prévisions des analystes, la fin de l'embargo sur la production iranienne n'a eu que des effets modérés (6) sur l'évolution des prix et de la production à échelle mondiale.

Un accord de l'OPEP

À cela s'ajoute un élément auquel peu d'analystes s'attendaient : les 14 États membres de l’OPEP (l'Organisation des pays exportateurs de pétrole) se sont mis d'accord le 28 septembre en Algérie pour diminuer leur production de brut à hauteur de 700 000 barils quotidiens (7). Cet accord historique pourrait avoir des conséquences importantes, l'organisation représentant 40 % de la production mondiale(8) .

L'objectif est en effet de permettre aux prix de repartir à la hausse via l'absorption progressive des excédents de la part des pays importateurs. En effet, si les prix actuels permettent de partiellement dynamiser la croissance des États consommateurs d'or noir, les pays exportateurs en pâtissent. C'est par exemple le cas de l'Arabie Saoudite, dont le déficit public avoisine désormais les 20 % de son PIB (9). Ou encore de l’Algérie qui prévoyait en décembre 2015, alors que les prix du baril étaient au plus bas, de se séparer de plus d’un million de fonctionnaires !

Conséquences de cet accord

Bien que le prix du baril remonte progressivement, il est peu probable qu'il dépasse dans l’immédiat les 100 $. Les estimations plus réalistes, telles que celle de l'Agence Internationale de l'Energie, tablent plutôt sur un baril entre 50 $ et 70 $ dans les prochains mois (10).

Cette augmentation, même légère, devrait être un soulagement pour les finances publiques des pays exportateurs. Pour l'Europe et la France, fortement gourmandes en pétrole, une hausse des prix devrait cependant légèrement pénaliser une croissance économique déjà faible. Enfin, bonne nouvelle pour le consommateur, les prix à la pompe ne devraient guère varier, ces derniers étant majoritairement composés de taxes.

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L'évolution haussière amorcée dépendra cependant en grande partie de la confirmation par l'OPEP des engagements pris. Les membres de l'organisation se réuniront à Vienne le 30 novembre pour confirmer ces objectifs, et il n'est pas exclu que l'accord vole en éclats comme ce fut déjà le cas dans le passé.

Source : YouLoveWords.com

Crédit visuel : Robert Ingelhart / iStock