Faut-il mobiliser tout ou partie de son épargne pour servir d’apport ou réduire son endettement ? Ce dilemme qui se pose à de nombreux débiteurs ne peut être résolu qu’en prenant en compte une multitude de facteurs : le contexte économique et financier mais aussi vos projets personnels, votre situation familiale…

Selon l’Observatoire des Crédits aux Ménages, la proportion des ménages détenant des crédits a connu un léger recul en 2016, pour atteindre son plus bas niveau depuis 1989. Une situation qui s’explique notamment par le ralentissement économique suite à la crise de 2008, qui a largement incité les ménages à la prudence. Cependant, les perspectives de croissance pourraient bien provoquer un redémarrage de la demande de crédits, les ménages étant plus enclins à consommer.

Comparer taux de crédit et taux de rémunération de votre épargne

Faut-il donc préférer le crédit en toute circonstance ? Pas si sûr. Tout dépend d’abord du niveau des taux d’intérêt de crédit. S’ils sont bas, vous avez peut-être intérêt à placer votre épargne. S’ils sont élevés, utiliser votre épargne peut être une décision sensée.

Prenons l’exemple de l’immobilier. Un montant de 100 000 € placé sur le fonds euro d’un contrat d’assurance-vie au rendement net de 2 % vous permettra de disposer, au bout de quinze ans, d’un capital de 135 000 €. Si le taux d’intérêt de crédit est inférieur à 2 %, vous avez plutôt intérêt à placer cette épargne et empocher la différence. Ceci est encore plus vrai dans le cas du prêt à taux zéro (PTZ), accordé aux conditions de ressources et qui permet à certains ménages d’acheter leur résidence principale sans payer d’intérêts.

Si inversement, les taux d’intérêt de crédit sont supérieurs à ceux de vos produits d’épargne, l’argent que vous emprunterez vous coûtera plus cher que ce que vous rapporterait celui que vous pourriez placer. Votre intérêt serait alors plutôt de désépargner et de rembourser en priorité votre crédit.

Conserver une capacité d’investissement et une épargne de précaution

Les arguments développés jusqu’ici relèvent du raisonnement théorique. Il ne faut toutefois pas oublier qu’un crédit s’inscrit dans un moment de vie : financer l’acquisition de sa résidence principale, investir dans une résidence secondaire, acheter une voiture pour sa fille, équiper en électroménager le nouvel appartement de son fils…

De la même façon, n’hypothéquez pas vos projets futurs en débloquant toute votre épargne pour financer un seul achat. D’une part, il est conseillé de conserver un fonds de roulement pour couvrir les charges courantes. D’autre part, il est préférable de conserver une épargne de précaution pour absorber les charges ponctuelles et élevées (une réparation sur la voiture, des travaux de toiture, un voyage à l’étranger…). S’il n’existe pas de règle immuable en la matière, on considère généralement que cette épargne de précaution doit représenter environ trois mois de salaire.

Une alternative en immobilier : rembourser son prêt par anticipation

Si vous ne parvenez toujours pas à prendre de décision, sachez qu’il existe des situations où il est possible d’anticiper le remboursement d’un crédit. C’est notamment le cas en immobilier. Imaginez que vous deviez revendre votre appartement ou votre maison pour acquérir un logement plus grand. Vous avez alors parfaitement le droit de rembourser votre crédit avant l’échéance du prêt : on parle alors de remboursement anticipé.

Selon les cas, votre établissement de crédit peut vous facturer des pénalités de remboursement anticipé, plafonnées à 3 % du capital restant dû. Cela peut avoir un effet dissuasif, notamment si vous vous situez au début du remboursement. Mais rembourser son crédit de façon anticipée est tout à fait envisageable s’il ne vous reste que quelques années de remboursement. Sans compter que les pénalités et la période durant laquelle elles s’appliquent peuvent faire partie de la négociation avec votre banquier au moment de la signature du prêt immobilier.

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Il n’existe pas de réponse unique à la question de savoir s’il vaut mieux épargner ou rembourser ses crédits. Tout dépend de votre situation personnelle, de vos projets, mais aussi du contexte macroéconomique !

Source : YouLoveWords

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