La crise a modifié les réflexes d’investissement des Français. En 2009, si 18.9 % d’entre eux détenaient encore des valeurs mobilières, ils n’étaient plus que 10.9 % en 2015 (1). Dans ce contexte, le Plan d’Epargne en Actions (PEA) n’a pas échappé à la règle.

Créé en 1992 pour pousser les épargnants à investir en actions, le PEA a connu un relatif succès au début des années 2000. En effet, ce produit permet à des particuliers de se constituer un portefeuille d'actions tout en profitant d’une fiscalité avantageuse et d'une exonération d'impôt sur les plus-values à maturité. Néanmoins, la crise financière de 2008 a eu raison de l’attrait pour un produit dont le capital n’est pas garanti (2). Si la conjoncture difficile des dernières années a signé une forme de désamour entre les Français et finance, le PEA bénéficie pourtant de nombreux atouts.

Des chiffres en baisse

Après avoir atteint un pic de 7,3 millions de PEA ouverts fin 2000, ce produit connaît un lent reflux qui s’accentue à partir de 2008 (1). Ainsi, si la part des ménages qui détenait un PEA en 2004 était de 15,2 %, elle n’était plus que de 11,8 % en 2010.

Le recul est tel que la Banque de France cesse de publier des statistiques à son sujet pendant plusieurs années. C’est finalement en 2013 par la voix du Ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, que les estimations les plus récentes se font connaître : près de 5 millions de PEA étaient encore actifs à fin 2012. Enfin, les PEA assurances ne sont pas épargnés par cette chute : si 72 600 étaient ouverts en 2005, ils n’étaient plus que 30 900 en 2014.

Pourquoi ce recul ?

La crise financière de 2008 est évidemment passée par là. Cette dernière a entraîné de fortes turbulences sur les marchés et l’effondrement des actions. À titre d’exemple, en 2008, le CAC 40 recule de 40 % sur un an (3) ! Mais si la méfiance des Français à l’égard des actions s’est amplifiée à cette occasion, on observait un léger regain d’intérêt depuis l’éclatement de la bulle Internet moins de 10 ans plus tôt au début des années 2000.

Au-delà, un autre phénomène peut partiellement expliquer ces chiffres : la montée en puissance d’autres produits au sein même de la famille des valeurs mobilières, notamment les OPC telles que les SICAV ou les FCP. Ainsi par exemple en 2013, leur encours a encore augmenté de 3.1 % sur un an (4).

Le PEA, un si mauvais produit ?

Le PEA présente pourtant de nombreux avantages. Il n’existe pas de montant minimum à l’ouverture et son taux d’imposition est dégressif en fonction de la date à laquelle est effectuée le retrait :

  • Avant 2 ans, le taux d’imposition sur le revenu est de 22.5 %
  • Entre 2 et 5 ans, il est de 19 %
  • Entre 5 et 8 ans, vous bénéficiez d’une exonération d’impôt sur le revenu

Il est toutefois important de rappeler que dans tous les cas, vous devrez régler les prélèvements sociaux qui équivalent à 15.5 % de cette somme. Parmi ses autres avantages : l’épargnant peut opter pour une sortie en rente viagère, réversible au conjoint en cas de décès.

Enfin, plusieurs changements sont intervenus en 2014 pour renforcer son attractivité. Ainsi, le plafond de versements a été porté de 132 000 € à 150 000 € (et 300 000 € pour les couples), et un nouveau PEA, le PEA PME-ETI a vu le jour pour financier les PME et les entreprises moyennes. Son plafond de versement est fixé à 75 000 € (et 150 000 € pour un couple) (5).

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Si le PEA peut apparaître comme un placement relativement risqué, il reste pourtant très intéressant lorsqu’il est détenu jusqu’à son terme, notamment grâce aux avantages fiscaux dont il bénéficie. De plus, il demeure un produit relativement incontournable dans le cadre d’une diversification de portefeuille.

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Source : YouLoveWords

Crédit Visuel : Maciej Bledowski / iStock