Vous avez probablement déjà entendu parler du crowdfunding, aussi appelé financement participatif. S’il permet de financer des projets de toutes sortes, saviez-vous que le crowdfunding equity peut également aider à financer de jeunes entreprises innovantes ? Et qu’il peut se révéler être un placement intéressant, bien que risqué, pour votre épargne ? Décryptage.

Du financement participatif au "crowdfunding equity"

Le crowdfunding fait son apparition dans les années 2000, tout d’abord dans le secteur culturel grâce à des plateformes comme Kickstarter : les internautes y financent en direct certains projets qui n’avaient pas trouvé de financement chez les acteurs traditionnels (maisons de disques, studios de cinéma). La croissance de ce mouvement est exponentielle : les sommes récoltées via le crowdfunding ont été multipliées par dix entre 2011 et 2015, atteignant aujourd’hui 15 milliards d’euros.

Ce mécanisme a donc été tout naturellement adapté aux besoins des entrepreneurs, sous trois formats principaux :

  • Le prêt entre particuliers, avec ou sans intérêts (60 % de l’ensemble du financement participatif en France).

  • Le "don contre don" avec une contrepartie en nature (26 %).

  • Le crowdfunding en fonds propres (ou crowdfunding equity), qui offre une prise de participation en actions dans les entreprises financées (13 %).

Le crowdfunding equity : miser sur les start-ups prometteuses

Encore minoritaire, le crowdfunding en fonds propres est particulièrement utile pour monter des projets dits de taille moyenne. Ces projets ne sont pas assez modestes pour être financés uniquement par le "love money" (l’argent des proches et des amis), mais ne rassurent pas pour autant les financeurs traditionnels (banques, Oséo, business angels), de plus en plus frileux depuis la crise de 2008.

Concrètement, comme cela se passe-t-il ?

  • Diverses plateformes spécialisées sélectionnent des projets d’entreprise porteurs et prometteurs et les proposent au financement du public. Celles-ci disposent du statut de Conseillers en Investissement Financier (CIF), délivré par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), ce qui atteste de leur sérieux dans la sélection des projets.

  • L’investissement minimal, ou ticket d’entrée, se situe globalement autour de 2 000 €. Les plateformes prélèvent sur cette somme des frais d’entrée situés entre 1 et 5 %.

  • L’investisseur reçoit des parts de l’entreprise en contrepartie de son apport. Il s’engage à conserver ses parts durant une certaine durée, afin d’assurer la stabilité du financement de l’entreprise (en général, 3 ans).

  • À la suite de ce délai, il peut choisir de rester au capital de l’entreprise (et donc continuer de percevoir des dividendes) ou de retirer son capital (et donc vendre ses parts).

Avantages et risques du crowdfunding equity

Le crowdfunding equity comporte de nombreux avantages. Tout d’abord, il vous permet de participer à la relance de l’économie et de l’innovation nationale. La plupart des start-ups qui ont recours au crowdfunding equity se situent en effet dans le domaine de l’innovation.

Pour votre épargne, il constitue une option potentiellement intéressante :

  • Vous percevez des dividendes en rapport avec la part d’actions que vous détenez ; de plus la majorité des opérations proposées sont éligibles au PEA-PME, caractérisé par une faible imposition des plus-values.

  • Vous pouvez bénéficier d’allègements fiscaux : une réduction d’impôt sur le revenu pouvant atteindre 18 % des sommes investies ; une réduction d’impôt sur la fortune de 50 % des sommes investies.

En revanche, comme tout investissement, il comporte une part de risque non négligeable et que tout candidat à l’investissement doit bien avoir en tête. En 2014, l’Organisation Internationale des Commissions de Valeurs Mobilières (IOSCO) estimait que près de la moitié (étude OICV-IOSCO, avril 2014)des projets faisant appel à l’equity crowdfunding pour leur développement finissait par déposer le bilan. Le risque que la valeur de vos actions soit réduite à néant ou que vous ne trouviez aucun acquéreur pour les racheter est donc réel. Reste donc à savoir quelle est la part de risque que vous êtes prêt à assumer.

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Le crowdfunding equity peut tout aussi bien vous permettre d’investir dans un acteur majeur en devenir, mais aussi dans un acteur dont le projet ne survivra pas à la compétition. Même si le dicton dit que "qui ne tente rien n’a rien", il est recommandé de diversifier ses investissements, de ne pas placer plus de 10 % de ses économies dans un même projet et de discuter en profondeur du projet avec les responsables de la plateforme de crowdfunding equity ainsi que les porteurs du projet.

Source : YouLoveWords.com