Parmi les placements alternatifs, le vin a la cote. Il faut dire qu’en plus d’être un placement plaisir, acheter des parts de vignoble se révèle souvent rentable.

5,3 %. D’après une équipe de chercheurs d’HEC (1), c’est le rendement financier annuel des vins de Bordeaux entre le début du 20e siècle et 2012. À en croire les résultats de cette étude, le vin ferait donc mieux que les obligations d’État ou d’autres placements atypiques comme les timbres ou les objets d’art.

Trois façons d’investir dans le vin

Il est possible d’investir dans le vin de 3 façons différentes :

  • En sélectionnant soi-même les grands crus. Cela nécessite toutefois, en plus de disposer d’un espace de stockage suffisant et présentant des conditions de conservation satisfaisantes, de connaître sur le bout des doigts les domaines, les années et les prix associés.
  • En investissant dans un fonds spécialisé. Les fonds titulaires de l’agrément de l’Autorité des Marchés financiers (AMF) demeurent toutefois rares. De même, les stratégies d’investissement divergent fortement d’un fonds d’investissement à l’autre (bouteilles plutôt jeunes ou anciennes, rachat de caves de particuliers…).

  • En achetant des parts d’un groupement foncier viticole (GFV). Parfois aussi appelé « vin-papier » (en référence à la « pierre-papier »), ce placement permet de détenir une parcelle de vignes dont l'exploitation est confiée, par bail à long terme, à un viticulteur. Ce fermage donne lieu au versement de revenus annuels, calculés en proportion du nombre de parts détenues.

Les avantages du Groupement Foncier Viticole (GFV)

Par rapport aux autres formes d’investissement dans le vin, le GFV présente de nombreux avantages :

  • Un ticket d’entrée accessible, à partir de 3 000 €. Certes, en investissant seul, vous pouvez acheter quelques bouteilles pour bien moins cher. Mais un GFV vous permet d’investir sur le long terme, bénéficiant des bonnes années comme des moins bonnes. Plus judicieux qu’un achat one-shot chez le caviste.

  • La possibilité de choisir soi-même ses vignes. Quand vous investissez dans un fonds d’investissement, vous avez un droit de regard a posteriori sur les dernières acquisitions. Avec le GFV, c’est vous qui sélectionnez votre terroir, votre AOC…

  • Une fiscalité attractive. Les parts de GFV sont exonérées de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) à hauteur de 75 % dans la limite de 101 897 € et à hauteur de 50 % au-delà de ce seuil. Pour le reste, c’est la fiscalité de la pierre qui s’applique : éligibilité au régime du micro-foncier, déductibilité des intérêts si vous achetez vos parts à crédit et exonération totale des plus-values au bout de 30 ans de détention.

Un placement réservé aux amateurs… et aux plus patients

Pour autant, le rendement n’est pas garanti et peut varier considérablement selon les années, les appellations, etc. Vous pouvez tabler sur un rendement autour de 1 % par an pour les châteaux les plus prestigieux, et de 3 à 4 % pour les domaines plus ordinaires (2). Vous pouvez également espérer une belle plus-value à la revente si vous repérez un terroir en devenir (vin bio, appellation à la mode…).

Par ailleurs, les revenus issus du fermage peuvent être versés en numéraire ou en bouteilles. Lorsque les revenus ne sont pas versés en bouteilles, l’associé a la possibilité d’acquérir une partie de la production à prix propriétaire. Si vous espérez revendre ces bouteilles un jour, sachez que la quasi-totalité des ventes se fait sur les bouteilles des 15 à 20 dernières années. Mieux vaut donc s’armer de patience !

Source : YouLoveWords Crédit Visuel : emesilva / iStock