L’épargne solidaire se popularise. Quels sont les secteurs concernés ? Comment se lancer dans l’épargne solidaire et quels résultats est-on en droit d’attendre ?

Selon le 14e baromètre de la finance solidaire Finansol-La Croix (1), les placements d’épargne solidaire en 2015 ont encore augmenté de 1,62 milliard d’euros par rapport à l’année précédente, atteignant un encours total de 8,46 milliards. Les auteurs n’hésitent pas à parler de “démocratisation” de la finance solidaire. Plus qu’un outil de diversification, l’épargne solidaire apparaît désormais comme un placement à part entière.

De l’écologie à la lutte contre les inégalités sociales

En croissance depuis les années 1990, l’épargne solidaire connaît un vif succès depuis quelques années : elle consiste à investir tout ou partie d’un placement dans des structures à caractère éthique et solidaire. Insertion, logement social, environnement, micro-crédit aux entreprises qui n’ont pas accès au crédit bancaire : les fonds sont toujours investis dans l’économie réelle.

Dernièrement, c’est l’écologie qui fait recette. D’après le 14e baromètre Finansol-La Croix, 16,5 % du financement solidaire en 2015 a été investi dans l’agriculture biologique et les énergies renouvelables. Grâce à l’épargne solidaire, l’équivalent de la consommation énergétique de 50 000 ménages a été produit durablement.

Autre domaine de prédilection, la lutte contre les inégalités sociales. Toujours selon le baromètre, les deux tiers du financement solidaire ont permis d’accompagner des personnes en situation de fragilité sociale et physique. Le résultat est sans appel avec la création ou consolidation de 31 000 emplois.

Des produits grand public ou réservés aux investisseurs confirmés

L’épargne solidaire vous tente, mais vous ne savez pas comment vous y prendre ? Rassurez-vous, les placements solidaires sont à la portée de toutes les bourses et s’adaptent à tous les niveaux de connaissance.

Les produits les plus simples d’accès sont les livrets ou les comptes à terme à vocation solidaire. Il suffit de placer une certaine somme avec un taux de rémunération connu à l’avance. Le plus connu d’entre eux est le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS). A l’instar du Livret de Développement Durable (LDD), ce placement a vu son plafond doubler pour atteindre 12 000 €.

Autre façon d’investir (et de s’investir) dans l’épargne solidaire : l’investissement responsable. Il s’agit à 95 % d’actions et d’obligations respectant un certain nombre de critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG). D’après Novethic (2),les encours comptabilisés sous cette bannière atteignaient déjà 746 milliards d’euros. 55 sociétés de gestion et une dizaine d’investisseurs institutionnels pratiquent aujourd’hui l’investissement responsable.

Les démarches d’exclusion se développent de façon croissante et les investisseurs se refusent de plus en plus à financer des entreprises coupables de violations répétées des conventions internationales ou intervenant dans certains secteurs comme le tabac, les jeux d’argent ou encore les énergies polluantes.

Un label pour se repérer dans l’offre

Afin d’encourager le développement de l’épargne solidaire et permettre à l’épargnant de se repérer plus facilement, Finansol a mis au point un label. Environ 150 placements responsables sont actuellement porteurs du label Finansol.

La transparence de l’organisme gestionnaire de l’épargne et la nature des actifs investis sont deux critères clés. L’encours de l’épargne doit être placé dans une activité solidaire à hauteur de 5 à 10 % minimum. À défaut, 25 % ou plus du revenu ou de la performance de l’épargne doit être versé sous forme de dons à des organismes solidaires.

Source : YouLoveWords Crédit Visuel : GiorgioMagini / iStock