Monnaie virtuelle : le bitcoin, une valeur refuge pour les épargnants ?

Les risques du pile ou face

Le cours du bitcoin explose tous les records en bourse. Début novembre, la monnaie virtuelle atteignait les 7900 $ avant de perdre quelques jours plus tard l’équivalent de 30 % de sa valeur. Mi-novembre, le bitcoin a gagné 1000 $ en une journée. Pour rien ? Pas sûr, parce que cette monnaie virtuelle, loin d’être prisée uniquement par les geeks, fait l’objet d’une demande toujours plus forte des investisseurs.

Le bitcoin : mode d’emploi

L’histoire du bitcoin, c’est à la fois l’histoire d’une monnaie jeune et incroyablement sûre grâce à la blockchain.

La blockchain est une technologie qui pourrait, dans un futur proche, permettre d’effectuer des paiements numériques - mais aussi de transférer d'autres actifs comme par exemple des titres, des obligations, des actions, des droits de vote etc. - sans avoir recours à un intermédiaire. Elle est composée de blocs qui contiennent des centaines de transactions effectuées pour le moment en bitcoins et qui s’ajoutent les uns aux autres, formant ainsi une chaîne, d’où le terme blockchain.

  • Le système est bâti sur une architecture décentralisée. Grâce à leur ordinateur personnel, les utilisateurs, des informaticiens chevronnés (les « mineurs »), fiabilisent les transactions (plus de 300 000 chaque jour).
  • Ce qui fait la force de la blockchain bitcoin, c’est le caractère infalsifiable des transactions. Pour changer une transaction, il faudrait pouvoir la modifier en même temps sur tous les ordinateurs du réseau. En faisant appel aux utilisateurs plutôt qu’à une institution de type banque, le bitcoin garantit ainsi son indépendance.

Valeur d’avenir pour les uns…

Utilisé par certaines entreprises comme alternative au prêt bancaire, le bitcoin attise la convoitise des États qui y voient un moyen d’augmenter leurs recettes fiscales. Le Vietnam, notamment, envisagerait de faire de la monnaie électronique l’égale de sa monnaie nationale (1). La banque d’affaires américaine Goldman Sachs, quant à elle, envisagerait de créer des équipes de traders dédiées au courtage de bitcoins (2).

Du côté des utilisateurs, le bitcoin fait figure de valeur refuge. Face à la faiblesse conjoncturelle de l’or ou à la pénurie d’argent liquide dans certains pays comme l’Inde ou la Chine (3), le bitcoin est perçu comme une alternative plus que crédible.

…monnaie vouée à l’échec pour les autres

Cependant, pour continuer sur sa lancée, le bitcoin va devoir surmonter 3 difficultés :

  • Cette monnaie est par essence spéculative. La quantité de bitcoins pouvant être créée est limitée : seules 21 millions d'unités bitcoin pourront être mises sur le marché d'ici 2110. Or, la demande de bitcoins a été multipliée par 6 depuis janvier. Le vent de folie qui souffle sur le bitcoin attire les spéculateurs, alimentant une bulle que certains redoutent de voir éclater.

  • Le bitcoin est très énergivore. La blockchain Bitcoin consommerait à elle seule 100 fois la puissance utilisée par Google (4). Un record qui s’explique par la technologie de cryptage utilisée, reposant sur la mise en réseau de milliers d’utilisateurs.

  • Le bitcoin sous sa forme actuelle est incompatible avec toute forme de régulation. Or, sa démocratisation est impossible sans possibilité de contrôle par les institutions financières mondiales. L’offensive pourrait même prendre une tournure inattendue. Pour Kenneth Rogoff, professeur à l'université de Harvard, « il est difficile de voir ce qui peut empêcher les banques centrales de créer leurs propres devises numériques et d'utiliser la réglementation, afin de faire pencher la balance en leur faveur jusqu'à ce qu'elles remportent la partie » (5).

Ce qu’il faut retenir

  • Le bitcoin est une monnaie électronique qui repose sur la mise en réseau de milliers d’utilisateurs afin de fiabiliser les transactions.
  • Émise en quantité limitée, cette monnaie est proie à une importante spéculation.
  • Il reste encore de nombreux défis à résoudre avant d’envisager la généralisation du bitcoin.

Source: YouLoveWords.com

Crédit visuel : pixelfit /iStock

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