Dévaluation monétaire : principe et conséquences

Dévaluation monétaire : principe et conséquences

Étudié par certains lors de cours d’économies au lycée ou à l’université, complètement inconnu pour d’autres, le concept de dévaluation monétaire, à savoir la réduction volontaire de la valeur d’une monnaie, est pourtant essentiel pour bien comprendre ce qui se joue parfois sur les marchés financiers.

La dévaluation monétaire consiste à abaisser le taux de change officiel d’une monnaie.

La dévaluation monétaire, qu’est-ce que c’est ?

En quelques mots, la dévaluation monétaire consiste à changer la parité entre deux monnaies. Plus précisément, cela revient à modifier le taux de change officiel d’une monnaie, c'est-à-dire sa valeur exprimée en or ou dans une autre monnaie internationale de référence, en l’abaissant. Cette réduction volontaire de la valeur de la monnaie est décidée par les autorités monétaires du pays concerné. Dans la zone euro, l’eurosystème composé des banques centrales des pays ayant adopté l’euro et de la BCE, banque centrale européenne, a la responsabilité de la politique monétaire. La BCE est une institution indépendante qui en plus d’émettre la monnaie « euro » a pour rôle de définir les grandes orientations de la politique monétaire et de change de la zone euro et d’assurer la stabilité du système financier comme lors de la crise des dettes publiques en 2012. En France, 17 dévaluations du franc ont eu lieu entre 1928 et 1983. Elles ont toutes été mises en place par l’Etat en ayant pour objectif de relancer la compétitivité économique du pays et d’améliorer la balance commerciale, c'est-à-dire le compte qui retrace la valeur des biens exportés et la valeur des biens importés.

Depuis 1983, aucune dévaluation de la monnaie n’a eu lieu dans l’Hexagone. Et une dévaluation de l’euro au cours des prochains mois et des prochaines années paraît peu probable, même si la détérioration actuelle des perspectives de croissance dans la zone euro à cause de la crise sanitaire en cours risque de peser sur la devise européenne à moyen terme.

À noter que la dévaluation monétaire n’est possible que dans un système de changes fixes. Dans un tel système, la valeur des monnaies est fixée par rapport à un « étalon » de référence, à savoir un métal, une monnaie ou un panier de monnaies, par la banque centrale qui émet cette devise. L’étalon sert alors d’unité de mesure commune à toutes les monnaies. Dans un régime de taux de change flexibles ou flottants, aucun engagement n’est pris au sujet du taux de change, qui évolue librement en fonction de l’offre et de la demande sur le marché des changes, ce qui complique toute dévaluation.

Quelles conséquences ?

On l’a dit, la dévaluation monétaire a pour objectif d’aider un Etat à améliorer sa compétitivité. Cela est possible dans la mesure où, grâce à la baisse de la valeur de la monnaie, le prix des biens exportés et importés est directement impacté. Dans ce contexte, la dévaluation a plusieurs conséquences :

  • La baisse des prix des produits exportés par rapport au prix de la production nationale des pays importateurs. Cela permet alors de favoriser les exportations et d’augmenter les quantités vendues à l’étranger puisque le coût de ces produits baisse en même temps que la valeur de la monnaie du pays.

  • La hausse du prix et de la valeur des importations effectuées dans d’autres monnaies. Cela incite à importer moins de produits de l’étranger, en dehors des matières premières stratégiques rares et donc indispensables (comme par exemple le pétrole), qui pèse alors plus lourd dans le compte des dépenses.

  • Une hausse des salaires. Celle-ci n’est pas systématique mais elle est très fréquente et elle s’explique par le fait que les prix intérieurs sont revus à la hausse du fait de l’augmentation du prix des exportations. La révision des salaires entend limiter les effets de l’inflation liée à la dévaluation.

Au travers de ces différents éléments, on voit bien que la dévaluation monétaire a un double impact sur la balance commerciale d’un pays, en affectant à la fois les importations et les exportations et donc, par la même occasion, l’ensemble des prix des produits distribués dans le pays. En somme, vous l’aurez compris, la dévaluation monétaire a également un impact sur notre pouvoir d’achat.

La dévaluation monétaire, à distinguer de la dépréciation

Certains confondent parfois dévaluation monétaire et dépréciation. C’est une erreur. Les deux concepts sont à bien distinguer l’un de l’autre. Mais qu’est-ce qui les différencie alors ? La dévaluation monétaire, comme on l’a vu, est une baisse de la valeur de la monnaie nationale par rapport aux autres monnaies décidée par un Etat. De son côté, la dépréciation est la constatation de la baisse de la valeur d’une monnaie sur le marché des changes, sans qu’elle soit le résultat d’une décision officielle des autorités monétaires du pays. Alors, certes, dans les deux cas, on parle d’une perte de la valeur de la monnaie, mais cette baisse a deux origines différentes.

Et si vous demandez quel est le terme approprié lorsqu’un Etat décide de revoir à la hausse le cours d’une monnaie par rapport à une monnaie de référence, sachez que l’on parle alors non pas d’une dévaluation monétaire mais d’une réévaluation.

Source : Webedia, Mai 2020

Crédit visuel : Travel_Motion

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