Avoir des actions de son entreprise, ce n’est pas si banal. Il existe même une Fédération européenne de l'actionnariat salarié. Entre autres avantages, des actions moins chères et une carotte fiscale. Mais gare aux déconvenues !

L’Hexagone compte près de 3 millions d’actionnaires salariés selon une étude de la société Eres, un record en Europe. 77 % des entreprises cotées françaises ont un plan d’actionnariat salarié contre une moyenne de 47 % chez nos voisins. De même, le montant moyen par salarié ayant souscrit à une opération d’actionnariat est en augmentation et dépasse les 6 000 €.

L’actionnariat salarié, une passion française

Comment expliquer une telle success story, qui dure depuis les années 1980 ? Le développement de l’actionnariat salarié en France tient à 2 enjeux :

  • Un enjeu historique. Un certain nombre de grandes entreprises françaises, comme Essilor ou Orange, se sont développées en associant les salariés aux résultats et décisions du groupe. Un moyen d’accompagner la transformation de l’entreprise tout en gonflant les fonds propres ou stabilisant le capital.

  • Un enjeu de gouvernance. Entre 7 et 8 % des salariés sont syndiqués en France. En Europe, seule l’Estonie a un taux de syndicalisation plus faible. Dès lors, l’actionnariat salarié devient un moyen de faire participer les salariés à la vie de l’entreprise.

Performances supérieures à l’actionnariat classique

Avoir des actions de son entreprise comporte de réels avantages :

  • La possibilité de bénéficier de rabais ou d’un abondement de l’entreprise. Par définition, l’actionnariat salarié consiste à acheter des actions de son entreprise à bas prix. C’est d’ailleurs là une nuance avec l’épargne salariale : l’actionnariat salarié ne constitue pas en soi un complément de salaire, mais bien plutôt une forme d’investissement.

  • Un placement rentable. D’une part, le rendement des actions est gonflé par la prime d’émission, qui peut atteindre 20 %. D’autre part, lorsqu’il intervient à un moment crucial pour l’entreprise, un plan d’actionnariat peut représenter une belle opportunité d’engranger des plus-values à moyen terme.

  • Des avantages fiscaux. La loi Macron, notamment, a simplifié le régime fiscal des actions attribuées aux salariés en soumettant les gains d’acquisition au régime des plus-values mobilières.

Quelques contraintes tout de même

Alors, n’y a-t-il vraiment aucune ombre au tableau ? À y regarder de plus près, il existe tout de même quelques contraintes :

  • Ne devient pas actionnaire salarié qui veut. Statut de salarié français, conditions d’ancienneté, plafonds : les souscriptions sont très encadrées. De plus, on constate que l’actionnariat salarié bénéficie surtout aux cadres dirigeants, à travers notamment le mécanisme des actions gratuites (stock options).

  • L’épargne en actions est bloquée pendant 5 ans.

  • Dernier inconvénient et pas des moindres, l’actionnariat salarié revient à mettre tous ses œufs dans le même panier. Or, une telle approche est contraire à une règle élémentaire de la Bourse, à savoir bien diversifier son allocation.

Dans ce contexte, l’actionnariat salarié ne saurait constituer qu’un pan d’une stratégie d’investissement qui s’étendrait sur d’autres supports.

Source : YouLoveWords Crédit Visuel : oneinchpunchi/ iStock