En 2016, la croissance du PIB français n'a finalement été que de 1,1 %, contre 1,4 % selon les dernières prévisions du Gouvernement (1) . La reprise de l'économie sera sans aucun doute l'un des sujets phares de la prochaine présidentielle.

Pourquoi l'emploi ne redécolle-t-il pas suffisamment ? Pourquoi la croissance reste-t-elle faible ? Pourquoi l'État continue-t-il de s'endetter ? 3 questions simples qui seront au centre du débat de la campagne présidentielle qui s'ouvre. En effet, si la plupart des indicateurs sont repassés au vert, la reprise reste relativement modeste, surtout comparée à nos voisins allemands, britanniques ou espagnols.

Croissance : la reprise reste trop mesurée

Avec +1,1 %, contre +1,9 % pour l'Allemagne, +2 % pour le Royaume-Uni et même +3,2 % pour l'Espagne (1), la croissance économique française de 2016 a déçu. Néanmoins, tous les chiffres ne sont pas mauvais, comme en témoignent la reprise de la consommation des ménages (+1,8 %), ou de l’investissement des entreprises (+4,3 %).

Les mauvaises nouvelles viennent en partie de la santé du commerce extérieur. Les exportations n'ont en effet progressé que de 0,9 % l'an dernier quand les importations augmentaient de 3,4 %. La relative faiblesse de la croissance au niveau mondial, mais aussi la perte de compétitivité face à nos voisins du sud (Espagne, Italie, Portugal, etc.) qui ont connu des dévaluations salariales depuis le début de la crise, participent de ce recul du solde commercial.

Si certaines positions, notamment plus à gauche de l'échiquier politique, cherchent à sortir d'une vision totémique de la croissance et priorisent une meilleure répartition des richesses, la relance de la croissance sera, sans aucun doute, au cœur des débats de la prochaine présidentielle.

Sur ce terrain, 2 visions s'affrontent : l'une d'inspiration keynésienne plaide pour une sortie de l'austérité et une réactivation de l'économie via de vastes plans d'investissements financés par l'emprunt, et qui devraient générer un cercle vertueux : emploi, consommation, croissance, ainsi que dans le même temps inflation et donc les déficits. De l'autre côté, une approche plus libérale mise davantage sur des allégements de charge et d'impôts, tant pour les entreprises que pour les salariés, pour relancer la consommation et l'investissement. Le financement d'une telle mesure nécessite cependant en contrepartie de nouvelles réductions dans les dépenses publiques.

Chômage français, une malédiction ?

Fin 2016, le taux de chômage français s'est établi à 9,7 % (2) de la population active. Chez les moins de 25 ans, ce taux atteignait même les 23,3 %. À titre de comparaison, le taux global allemand se situe aux alentours de 5,8 % un plus bas niveau historique sur les dernières décennies (3).

La difficulté de réduire le chômage est souvent considérée comme un mal français. La promesse du Gouvernement d'inverser rapidement cette courbe s'est d'ailleurs une fois de plus heurtée à la réalité des chiffres.

Dans la campagne qui s'ouvre, 2 visions s'affronteront encore. D'un côté, on retrouve de nouveau une approche keynésienne ou néo-keynésienne, essentiellement portée par la gauche, pour qui l'augmentation des salaires relancera la consommation et donc l'investissement et l'emploi. Selon les formations, cet effort supplémentaire des entreprises se financerait au moyen de réductions d'impôts. De l'autre, l'approche libérale plaide plutôt pour un assouplissement du droit du travail via notamment une révision des conditions de licenciement qui rendrait les entreprises plus enclines à embaucher. À cela s'ajoute une baisse des charges et impôts qui pèsent sur les sociétés et qui serait là encore financée via des coupes dans les dépenses publiques.

Concernant le chômage des jeunes, plusieurs points mettent d'accord la plupart des formations politiques, telles que :

  • La mise en place de mesures pour encourager la création d'entreprise.
  • L'incitation à la mobilité des salariés.
  • L'adaptation du système éducatif.
  • L'investissement dans la formation.

Dette publique : une augmentation inexorable ?

Cette année, la France va partir à la recherche de quelques 200 milliards d’euros pour financer sa dette publique (4). Avec l'augmentation désormais graduelle des taux d'intérêt, le coût de cette dernière risque de s'accroître dans les prochaines années. Conséquence : la dette publique hexagonale qui avoisinait les 67 % du PIB juste avant la crise, approche désormais des 100 %.

La ligne de démarcation idéologique sur les solutions envisagées pour réduire son poids opposera globalement deux visions :

  • D'un côté, les tenants d'une stricte austérité de la gestion publique qui passe par une réduction des dépenses publiques (nombre de fonctionnaires, révision de certaines aides, etc .),
  • De l'autre, une augmentation de l'investissement public, des programmes de hausses de salaires, pour financer la relance de la consommation, de l'emploi et de l'inflation, pour accroître les recettes fiscales de l'État.

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Ces différentes visions qui suivaient historiquement le traditionnel clivage droite/gauche sont aujourd'hui moins marquées idéologiquement, certaines formations, aux antipodes de l'échiquier politique, empruntant plus ou moins certaines idées de l'une ou l'autre. Quelles que soient les solutions privilégiées par les électeurs, croissance, dette publique et emploi, seront au centre de la campagne.

Source : YouLoveWords.com

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