Bien qu’extrêmement présent dans les médias et la presse économique en période de crise, le jargon propre à la finance n’est pas toujours à la portée de tous. Aujourd’hui, penchons-nous sur la titrisation, les CDO et les CDS, trois mécanismes qui ont considérablement bouleversé le paysage financier mondial.

Titrisation / CDO

La titrisation est la transformation de certaines créances en titres financiers échangés sur les marchés : créances hypothécaires des particuliers ou des entreprises, crédits bancaires aux entreprises, prêts étudiants, prêts automobiles, encours de cartes de crédit, etc.

Afin de les « titriser », puis les échanger sur les marchés, une banque crée une société spécialement dédiée à l’achat de ces créances, appelée SPV (Special Purpose Vehicule). Cette SPV va ensuite se charger d’émettre ces créances sur les marchés, après les avoir préalablement agglutinées en portefeuilles, également appelés CDO (Collateralized Debt Obligations). Ces CDO sont généralement constitués de créances d’une même famille. Afin d’être équilibré, chaque portefeuille est constitué de plusieurs catégories d’obligations, appelées « tranches » : certaines sont très sûres (senior), d’autres sont plus risquées (equity) et marquées par un important risque de défaut.

Le principal avantage de la titrisation est qu’elle répartit le risque de défaut de remboursement sur un large ensemble d’acteurs. Le risque devient ainsi « collatéral » : en mettant les CDO sur le marché, une banque se protège tout d’abord d’un risque de crédit excessif. De plus, en agglomérant les titres de créances au sein d’un CDO, une institution financière cherche à limiter les risques et stabiliser les produits financiers. Cela lui permet également de faire sortir l’ensemble des crédits des portefeuilles titrisés de ses résultats, et donc d’améliorer ses résultats. Le revers de la médaille est quasi mécanique : en diffusant le risque à une multitude d’acteurs internationaux, un défaut de crédit à grande échelle est susceptible de déstabiliser un grand nombre d’institutions financières (banques, fonds de pension, compagnies d’assurances) dans de nombreux pays du globe.

CDS ou « Credit Default Swap ».

Il s’agit d’une assurance contre le non-remboursement d’une créance pour cause de défaillance. Par exemple, un créancier peut considérer que certains produits financiers sont suffisamment risqués pour préférer s’assurer contre un éventuel défaut de paiement du débiteur.

Pour le créancier, le CDS représente avant tout l’assurance de ne pas perdre d’argent. Toutefois, il a sa contrepartie logique : le coût de cette assurance (appelé « prime ») grève une partie de sa plus-value éventuelle. Pour l’organisme émetteur des CDS, ces produits constituent une rente quasi assurée en cas d’absence d’événement de crédit. En revanche, en cas de crise financière majeure, ces produits engagent l’organisme assureur à compenser les pertes des détenteurs des produits financiers. Ce qui peut se révéler extrêmement coûteux si de nombreux CDO sont concernés.

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Ce type de produits dérivés a été particulièrement mis en cause lors de la crise bancaire dite des subprimes en 2007 et 2008. L’assureur AIG, qui a dû être renfloué à plusieurs reprises par la Réserve Fédérale, a ainsi payé au prix fort le trop grand nombre de CDS qui ont été émis par une de ses filiales britanniques. AIG s’est donc retrouvé à cette époque dans l’obligation d’assurer la valeur de produits financiers toxiques contre lesquels d’autres créanciers s’étaient protégés. Ce qui a ni plus ni moins failli conduire le groupe à la faillite.

Source : YouLoveWords.com