Si l’obtention du Prix Nobel de la Paix par le bangladais Muhammad Yunnus et la Grameen Bank en 2006 a permis de mieux faire connaître le micro-crédit, il demeure associé dans l’imaginaire collectif à un mode de financement réservé aux pays en développement. Contrairement aux idées reçues, son usage s’est pourtant également développé en Europe et aux États-Unis depuis 30 ans ! Son apparition en France remonte même à 1989 avec la création de l'Association pour le droit à l'initiative économique (ADIE).

Qu’est-ce que le microcrédit ?

Le micro-crédit consiste à prêter de petites sommes d’argent à des entrepreneurs aux ressources limitées et que les banques classiques refusent de financer, en raison de la faiblesse des montants demandés ou des risques d’insolvabilité. Le principe de fonctionnement du micro-crédit est simple : grâce au financement de microprojets par des institutions de microfinance, les entreprises ou particuliers bénéficiaires peuvent développer leur activité, embaucher du personnel et, à terme, rembourser leurs prêts.

Maria Novak a décidé d’adapter au contexte français les principes qui ont fait le succès de la Grameen Bank et a créé dès 1989 la première association de microcrédit dans notre pays : l’ADIE. En France, le microcrédit devient alors davantage un moyen de lutte alternatif contre le chômage ou la précarité.

On distingue deux catégories de microcrédit : le microcrédit personnel et le microcrédit professionnel.

Le microcrédit personnel

Sa vocation première est de soutenir l’employabilité de ses bénéficiaires et de favoriser leur réinsertion professionnelle. La loi sur le crédit à la consommation de 2010 stipule que le microcrédit personnel permet de prêter à des personnes non prises en charge par le système bancaire classique, afin de les aider à financer un projet personnel.

Principales conditions : les montants de ces prêts s’établissent dans une fourchette allant de 300 à 3 000 euros avec un taux d’intérêt fixe. Leur durée maximale est de trois ans. Le bénéficiaire reçoit également un accompagnement dans le suivi de son projet et de son budget.

Le microcrédit professionnel

Développé par l’ADIE en 1992, sa principale vocation est de financer des artisans ou des entrepreneurs pour les aider à créer, racheter ou renforcer leur structure. Ces microcrédits professionnels peuvent même parfois bénéficier de la garantie apportée par le Fonds de cohésion sociale.

Ce dernier, créé en 2005, est géré par la Caisse des Dépôts et Consignations afin d’apporter une garantie aux prêts réalisés dans le cadre du microcrédit et sécuriser ainsi les organismes prêteurs. Enfin, certains établissements bancaires sont également agréés par le Fonds de cohésion sociale et habilités à participer aux opérations de microcrédit.

Le micro-crédit permet aujourd'hui de financer plus de 30 000 entreprises chaque année dans notre pays ! Les statistiques montrent que près de 75 % des entreprises qui y ont recours sont encore en activité trois ans plus tard. En plus de ces dispositifs, certaines plateformes collaboratives en ligne, telles que Babyloan, proposent de financer des microprojets grâce à des dons.

Source : YouLoveWords.com