Pour des raisons de sécurité, la maire de Lille, Martine Aubry, a annoncé l'annulation de la grande Braderie cette année. Si cette décision relève du bon sens, son impact économique risque néanmoins d'être important.

Habituellement organisée tous les premiers week-ends de septembre, la Braderie de Lille ne se tiendra pas en 2016. Suite à l'attentat du 14 juillet sur la Promenade des Anglais, les 100 kilomètres de trottoirs lillois qui accueillent chaque année des centaines de milliers de personnes pendant deux jours, semblaient difficiles à sécuriser. Mais outre l'émotion suscitée par l'annulation de ce désormais célèbre rendez-vous des chineurs et autres amateurs de bières, c'est le manque à gagner pour l'économie locale qui préoccupe.

Des répercussions économiques majeures

Les chiffres de la Braderie de Lille ne manquent pas de superlatifs ! L'an dernier, l'événement a attiré plus de 2,5 millions de visiteurs venus chiner et admirer les stands des près de 10 000 exposants rassemblés pour l'occasion.

Face à ces chiffres, l'impact de cette annulation sur l'économie locale est impressionnant. Ce sont ainsi près de 37 millions d'euros qui ne rentreront pas dans les caisses des commerçants locaux. Au-delà, le secteur de l'hôtellerie est l'un des plus touchés. Ce week-end est généralement l'occasion de faire le plein, le taux moyen d'occupation atteignant 80,7 % contre environ 62,2 % en temps normal. Les pertes s'élèveraient donc à environ une dizaine de millions d'euros.

Enfin, c'est évidemment un coup dur pour l'emploi. Les 3 500 “extras” qui devaient être recrutés pour la braderie, ainsi que le total des embauches, interims et heures supplémentaires prévus, pourraient se retrouver au chômage.

Une année touristique 2016 pourtant positive

Les Lillois peuvent néanmoins se consoler ! La capitale nordiste était l'une des villes hôtes de l'Euro 2016 de football et a pu bénéficier de certaines retombées positives. Au total, ce sont près de 150 millions d'euros qui ont été directement injectés dans l'économie locale, alors que l'investissement de départ n'était que de 5 millions d'euros pour la ville. Les secteurs de l'hôtellerie et de la restauration ont été sans surprises les premiers bénéficiaires.

Au-delà, la ville est apparue sur les écrans européens via des reportages et documentaires qui devraient entraîner des retombées indirectes positives sur l'arrivée des touristes pendant encore plusieurs années.

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Tout n'est donc pas morose cette année pour les Lillois. Si l'annulation de la braderie répond à un impératif de sécurité, l'Euro 2016 aura amorti les conséquences de cette décision. La consolation tient d'ailleurs en un chiffre : il s'est vendu 10 fois plus de bière à Lille pendant l'Euro que pendant la braderie.

Source : YouLoveWords.com