Pourquoi investir dans une PME ou une start-up ?
Plusieurs raisons expliquent l’intérêt croissant des épargnants à intégrer des petites et moyennes entreprises dans leur stratégie d’investissement.
Accéder à un potentiel de croissance élevé
Les start-up et les PME en développement peuvent connaître une progression rapide de leur activité. Pour un investisseur, entrer tôt au capital peut permettre de profiter de cette dynamique, même si cela implique un niveau d’incertitude important.
Profiter d’avantages fiscaux dédiés à l’investissement non coté
Sous certaines conditions, souscrire au capital de jeunes entreprises ou investir via des fonds spécialisés permet d’obtenir une réduction d’impôt, notamment via le dispositif IR-PME ou certains fonds fiscaux. Ces incitations peuvent compenser en partie le risque pris et améliorer le rendement global attendu.
Soutenir l’économie réelle et encourager l’innovation
Investir dans une PME ou une start-up, c’est participer directement au financement de projets concrets : emploi, innovation technologique, transition énergétique, dynamisation des territoires… Un moyen de donner plus de sens à son épargne tout en soutenant l’écosystème entrepreneurial français.
Diversifier son patrimoine avec des actifs non cotés
Le non coté réagit souvent différemment des marchés financiers traditionnels. Ajouter une part d’investissement entrepreneurial à un portefeuille peut donc contribuer à une meilleure diversification, en particulier pour les épargnants déjà exposés aux actions cotées.
L’investissement en bourse comporte un risque de perte totale ou partielle du capital investi.
Les risques à connaître avant d’investir
Chaque investissement comporte des avantages mais aussi des points de vigilance auxquels vous devez toujours prêter attention avant de vous lancer. Voici lesquels !
Un risque de perte en capital plus marqué
Les chances de succès d’une start-up ne sont jamais garanties et les statistiques le rappellent : 5 % des entreprises échouent au cours de leurs deux premières années de vie, et près de 30 % n’atteignent pas les cinq ans (chiffres INSEE). Pourquoi un tel échec ? Les raisons peuvent être nombreuses : modèle économique fragile, concurrence féroce, mauvaise étude du marché…
Contrairement aux grandes entreprises cotées, ces structures n'ont pas de filet de sécurité : une levée de fonds ratée ou un pivot mal exécuté peut entraîner une faillite rapide. Résultat ? Votre investissement pourrait fondre comme neige au soleil, surtout en direct. Le risque de perte totale ou partielle du capital peut être effectivement supérieur à celui des placements classiques.
Une faible liquidité des titres
L’investissement dans les start-up ou les PME est un projet de moyen ou long terme. Vous devriez vous préparer donc à bloquer votre argent 5 à 10 ans minimum. Les exits (rachats ou introductions en bourse) sont rares et imprévisibles, et il n'existe pas de marché secondaire fluide pour revendre vos parts facilement. En cas de besoin urgent de liquidités, la décote peut être importante.
Une information parfois limitée
Même si les plateformes et les gestionnaires de fonds apportent de la transparence, l’information sur les jeunes entreprises reste moins abondante que pour les sociétés cotées. C’est normal : contrairement à ces dernières, les PME ne sont pas obligées de publier leur compte de résultat (Article 213 de la loi Macron). Cela rend l’analyse plus complexe et nécessite de s’appuyer sur un intermédiaire reconnu ou sur des outils de due diligence rigoureux.
S’il y a encore une dizaine d’années l’investissement dans les PME et les start-up était surtout l’affaire de business angels ou d’investisseurs particulièrement bien informés, les outils numériques modernes ont facilité l’accès à ce type d’investissement, même pour les plus petits porteurs. Plusieurs options s'offrent à vous, avec des tickets d'entrée variés.
Les fonds d'investissement : FIP et FCPI pour une diversification clé en main
Les FIP (Fonds d’Investissement de Proximité) et FCPI (Fonds Communs de Placement dans l’Innovation) permettent d’investir dans un portefeuille d’entreprises sélectionnées par des professionnels. Ils mutualisent le risque tout en donnant accès aux avantages fiscaux liés à ces véhicules. La contrepartie ? La durée d’investissement est souvent longue et les frais peuvent être plus élevés que sur un fonds traditionnel.
Côté fiscalité, vous pouvez bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu égale à 25 % des sommes investies.
Le PEA-PME, une enveloppe conçue pour les petites et moyennes entreprises
En France, il existe deux types de PEA : le PEA classique, qui permet d’investir dans de grandes entreprises françaises et européennes, et le PEA-PME, qui se concentre sur les PME et ETI européennes dont le chiffre d’affaires est inférieur à 1,5 milliard d’euros ou dont la capitalisation boursière est inférieure à 1 milliard d’euros. Son plafond atteint 225 000 euros, contre 150 000 euros pour le PEA classique.
Le PEA-PME peut être un excellent outil si vous souhaitez soutenir des entreprises de plus petite taille et dynamiser votre portefeuille avec des sociétés à fort potentiel de croissance. En revanche, la volatilité peut être plus importante qu’avec un PEA classique, puisque votre investissement est orienté vers des entreprises par définition « plus fragiles ». La liquidité peut également être plus faible. Dans tous les cas, il peut être préférable de cumuler les dispositifs (PEA et PEA-PME) afin de diversifier le risque.
Côté fiscalité, les deux produits offrent un cadre attractif : les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu après cinq ans de détention, seuls les prélèvements sociaux restant dus.
Compte tenu de l’horizon naturellement long de ce type d’investissement (5 à 10 ans), le PEA-PME constitue l’une des enveloppes les plus pertinentes et les plus souples pour investir dans le non-coté ou les petites capitalisations tout en optimisant sa fiscalité.
Lire aussi: PEA ou assurance-vie : quelles différences ?
Le crowdfunding et le financement participatif
Pour un investissement plus « humain », les plateformes de crowdequity et de crowdlending démocratisent l’accès au financement des PME. Elles permettent de devenir actionnaire ou prêteur à partir de montants accessibles. Chaque projet est présenté avec un niveau d’information détaillé : secteur d’activité, stratégie, besoins, risques…
Il est aujourd’hui possible d’entrer au capital d’une start-up pour à peine une centaine d’euros, un peu comme vous le feriez pour une SCPI.
Les business angels et l'investissement direct : pour les passionnés
Vous avez l’âme, la curiosité (et les finances) d’un mentor ? Vous pouvez dans ce cas tenter d’investir directement au capital d’une société. Cela demandera des recherches, beaucoup de curiosité et de la patience. Certains projets peuvent être repérés sur LinkedIn, au sein d’incubateurs régionaux, dans la presse locale ou spécialisée, etc. Autre solution : rejoindre un pool de business angels, aujourd’hui très présent en ligne. Cependant, le ticket d’entrée est rarement inférieur à 1 000 euros, et le plus souvent entre 5 000 et 10 000 euros… quand ce n’est pas 100 000 euros !
Côté fiscalité, les personnes qui souscrivent au capital de TPE/PME européennes non cotées peuvent bénéficier de la réduction d’impôt IR-PME : 18 % des montants investis, majorés à 25 % pour les investissements dans les entreprises solidaires d’utilité sociale (ESUS).
Investir dans une start-up ou une PME, c’est accepter le risque… mais sans pour autant jouer à la loterie. Quelques vérifications simples peuvent permettre de distinguer les projets sérieux des illusions. Vous pouvez ainsi surveiller :
L’évolution du chiffre d’affaires : une croissance régulière (par exemple +30 %, +50 % ou plus par an) sur 2 à 3 ans est un excellent signe. Ce qui compte : la constance plus que les pics exceptionnels.
La trajectoire vers la rentabilité : les start-up brûlent souvent du cash au début, c’est normal. Regardez si les marges s’améliorent d’année en année et si les coûts sont maîtrisés. Pour une PME plus mature, une rentabilité positive ou en nette progression rassure énormément.
L’évolution du secteur et l’actualité économique : réglementations, ruptures technologiques, tendances de consommation… tout peut jouer sur le potentiel du projet.
Le fossé entre croissance et rentabilité : un chiffre d’affaires qui explose ne signifie rien si l’entreprise brûle beaucoup plus qu’elle ne gagne. Une croissance sans chemin clair vers la rentabilité augmente fortement le risque de crash ou de dilution lors de prochains tours. Les investisseurs recherchent désormais l’« efficient growth », c’est-à-dire une croissance rentable.
En conclusion, Investir dans les start-up et PME, c’est bénéficier d’avantages fiscaux, soutenir l’innovation française et potentiellement miser sur des entreprises très prometteuses. Oui, le risque de perte en capital et l’illiquidité sont réels, mais ils peuvent être maîtrisés grâce à la diversification, à un horizon long (8 à 10 ans) et à une sélection rigoureuse des projets.
Fonds FIP/FCPI, PEA-PME, crowdequity ou investissement direct : il existe donc une solution pour chaque profil et chaque budget. L’important est, comme pour tout investissement, de ne placer que ce dont vous n’aurez pas besoin à court terme - et de vous lancer avec méthode.
L’investissement en bourse comporte un risque de perte totale ou partielle du capital investi.
Cet article est donné à titre purement informatif. Il ne constitue en aucun cas un conseil d’ordre financier, juridique, fiscal ou un conseil en investissement de la part de Fortuneo, et ne saurait engager la responsabilité de Fortuneo pour toute décision prise ou non sur cette base.