L'augmentation des taux d'intérêts aux États-Unis aura une série de conséquences sur l'épargne des Américains, le coût du crédit, la consommation des ménages ou encore l'appréciation du dollar. En France, l’annonce de trois grands axes autour desquels s'organiseront les mesures pour l'emploi sera suivie de mesures concrètes précisées début 2016.

Taux directeur américain : les conséquences d'une augmentation modeste

Si les spéculations allaient bon train depuis quelques mois, c'est désormais officiel . Mercredi 16 décembre, la Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé son taux d'intérêt directeur de 0,25 points.

Après des années de taux proches de 0 suite à la crise financière de 2008, les conséquences de cette hausse pour le consommateur américain devraient être relativement limitées dans un premier temps. Néanmoins, elle pourrait être le début d'un nouveau cycle d'augmentation graduelle du taux directeur qui pourrait avoir des conséquences plus profondes sur l'économie américaine, et indirectement européenne.

Les premiers bénéficiaires de cette augmentation : les épargnants. En effet, les banques vont répercuter cette hausse sur leurs taux et entraîner une meilleure rémunération des comptes épargne. De plus, le rendement des obligations va devenir plus intéressant pour les investisseurs, qui pourraient les privilégier au détriment des actions, plus fluctuantes.

Certains effets pervers sont néanmoins à prévoir. En effet, cette mesure va augmenter le coût du crédit et pénaliser le pouvoir d'achat des Américains. Le Mortgage Bankers Association calcule par exemple que la charge mensuelle moyenne du remboursement d'un crédit immobilier devrait augmenter de 36 dollars par foyer. C’est également la consommation qui en pâtira à moyen terme.

Enfin, la valeur du dollar devrait s'apprécier. Ceci aura des conséquences sur la balance commerciale du pays en abaissant le coût des importations et en renchérissant celui des exportations. Bonne nouvelle pour l'Europe : ceci pourrait à l'inverse booster les exportations du Vieux Continent et améliorer les recettes touristiques grâce à l'arrivée de touristes américains plus dépensiers.

Si cette mesure témoigne de la confiance des décideurs américains en la solidité de leur économie, les marchés financiers ont accueilli positivement cette nouvelle. La preuve en a notamment été donnée par la Bourse de Paris, qui a ouvert en hausse de 2,50 % jeudi matin.

Le Gouvernement centrera ses efforts sur la lutte contre le chômage en 2016.

Avec 10,7 % au troisième trimestre 2015, le taux de chômage a atteint son plus haut niveau depuis 1997. C'est dans ce contexte que le Premier Ministre Manuel Valls a présenté brièvement, lundi 14 décembre, les trois axes des nouvelles mesures pour l'emploi qu'il annoncera en janvier prochain.

Première mesure : développer l'accès à la formation, notamment pour les demandeurs d'emploi de longue durée. Si cette mesure est intéressante, elle a surtout vocation à porter ses fruits sur le long terme. En améliorant le niveau de qualification de certains chômeurs ou en les formant à des filières et métiers d'avenir, elle permettrait de mieux mettre en adéquation offre et demande d'emplois dans notre pays.

Deuxième mesure : valoriser les contrats d'apprentissage en alternance. Ceux-ci ont connu une diminution ces dernières années, alors même que leur rôle et leur impact dans la formation et l'employabilité des jeunes sont jugés très positifs.

Dernière mesure : encourager les emplois dans le domaine des services, notamment à la personne (aide à domicile, etc). Avec l'augmentation de l'espérance de vie et des besoins liés à la dépendance, ce secteur devrait être de plus en plus gourmand en main d'œuvre dans les années à venir. Il est nécessaire de favoriser son développement pour répondre à une demande croissante.

--

Source : YouLoveWords.com