Les dirigeants et les principales associations du monde se sont accordés pour qualifier cet accord d'historique. Accompagnement et transferts de fonds importants vers les pays du Sud, révision des programmes nationaux de réduction tous les cinq ans, l'Accord de Paris est-il cependant suffisant pour atteindre son objectif ?

Un accord plus ambitieux que prévu.

On l'appellera l'Accord de Paris. Son objectif, plus ambitieux que prévu, prévoit de tout mettre en œuvre pour que l'élévation des températures moyennes sur le globe soit "bien en-dessous de 2°C" d’ici 2100, tout en promettant de "poursuivre les efforts" pour le limiter à moins de 1,5°C.

L'effort à fournir pour y parvenir est qualifié de juste et diffère selon les pays. Il prend en compte la responsabilité historique de chacun, mais également le niveau de développement. En clair, il réaffirme le principe de "responsabilité commune mais différenciée" acté à Rio en 1992. Ainsi, les pays du Nord doivent adopter des objectifs encore plus significatifs de réduction, quand les pays du Sud devront se concentrer sur l'atténuation des effets de leur développement sur l'environnement.

En 2009, un Accord initial demandait déjà aux pays du Nord de mobiliser 91 milliards d'euros annuels pour solder leur dette climatique envers les pays du Sud. L'Accord de la COP21 étend cet objectif et appelle à réévaluer cette somme en 2025.

Quelques dispositions pourraient cependant en limiter la portée.

Tout d'abord, l'Accord prévoit une entrée en vigueur en 2020 après une ratification d'au moins 55 pays qui émettent à eux seuls 55% des émissions de gaz à effet de serre de la planète. Premier bémol, il envisage également la possibilité pour un pays de s'en retirer dès les trois premières années écoulées.

Autre limite, si l'Accord reconnaît la nécessité d'éviter et de réduire les pertes et les dommages liés au réchauffement climatique (montée des eaux, inondations, etc.), il n'évoque que de façon vague un renforcement de la coopération et du soutien aux pays menacés sur ce sujet. Autrement dit, aucune véritable compensation n'est envisagée.

Véritable objectif ou accord symbolique ?

Si les petits États du Pacifique et de l'Océan indien très menacés par la montée du niveau de la mer ont fait pression sur les plus grands pour arriver à un objectif de 1,5 °C, ce dernier est, pour le moment, symbolique.

En effet, dans l'état actuel des choses, cet objectif de 1,5°C est considéré comme irréaliste et inatteignable par de nombreux experts. De plus, aucun objectif de réduction des émissions sur le long terme n'est clairement défini, l'Accord évoquant simplement la nécessité de parvenir à un pic des émissions dès que possible avant d'atteindre un équilibre entre émissions et absorption dans la seconde moitié du 21ème siècle.

Enfin, les contributions de chaque pays dans leurs programmes de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont encore trop modestes. Additionnées, elles entraîneraient un réchauffement de 3 °C d'ici 2100. Seule consolation, une révision de ces contributions aura lieu tous les cinq ans, la première étant prévue pour 2025.

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Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime nécessaire de diminuer de 40 % à 70 % les émissions de CO2 avant 2050, pour éviter un changement irréversible. Le succès de l'Accord de Paris reposera donc en grande partie sur des révisions quinquennales ambitieuses des objectifs nationaux.

Source : YouLoveWords.com