Les montants déposés sur des comptes d'épargne solidaire en 2015 s'élevaient à 8,46 milliards, soit 23,7% de plus qu'en 2014 (1). Bonne nouvelle ! C'est l'ensemble de l'économie qui profite de cet engouement.

Plus d’un million de Français ont déjà souscrit un produit d'épargne solidaire. La plupart d’entre eux mettent en avant l'idée de "donner un sens" à son épargne et de contribuer au bien de la société. En soutenant des associations et entreprises qui s'investissent dans des causes sociales ou environnementales, l’épargne solidaire contribue en effet à réduire les inégalités et le chômage. Si elle demeure embryonnaire (0,19 % du total des placements financiers des particuliers) (2), l'intérêt grandissant des banques pour cette finance alternative ainsi que évolutions législatives pourraient lui donner un sérieux coup de pouce.

L'épargne solidaire, un modèle qui fonctionne

De l'épargne salariale aux produits bancaires classiques, en passant par les fonds collectés par les entreprises, l'ensemble de l'épargne solidaire a connu une forte croissance en 2015. Son principe est simple : les intérêts sont partagés, et une partie d'entre eux est reversée à des associations ou des entreprises du domaine de l'économie sociale et solidaire.

L'épargne salariale se base donc sur un modèle « gagnant-gagnant ». Elle permet en effet à l'épargnant de gagner de l'argent (par le jeu des intérêts), mais aussi à des entreprises ou associations dont l'activité n'est pas guidée par la recherche de profits tous azimuts, d'obtenir plus facilement des financements.

Et c'est toute la société qui en profite ! Agriculture biologique, logement social... Les projets bénéficiaires disposent d'une forte utilité sociale et économique et créent des emplois, notamment pour des personnes en risque d'exclusion. En France, rien que dans les années 2000, la finance solidaire aurait permis de créer et soutenir 82 700 entreprises et plus de 200 000 postes (3).

Comment y souscrire ?

Aujourd'hui, la plupart des banques ont mis en place des produits de finance solidaire (livrets d'épargne, FCP, SICAV...). Ils permettent en général de reverser 25 à 50 % des intérêts à des associations et entreprises.

Ces dernières années, plusieurs plateformes de finance participative ont également émergé sur Internet. Les épargnants particuliers peuvent alors directement investir dans des projets de leur choix. C'est ce que propose par exemple Babeldoor.com, Bulb in Town ou Culture Time.

Sur le même principe, des plateformes ont été créées dans plusieurs régions pour favoriser le tissu entrepreneurial et associatif local. C'est par exemple le cas de jadopteunprojet.com mis en place par la Région Aquitaine-Limousin-Poitou Charentes (4).

L'épargne solidaire bientôt renforcée

Le Gouvernement a récemment annoncé qu'il inclurait des mesures spécifiques pour soutenir l'épargne solidaire, dans son projet de loi de lutte contre la corruption et transparence de la vie économique (dite Loi "Sapin 2").

Objectif : permettre au livret de développement durable (LDD) de disposer d'une option solidaire à partir du 1er janvier 2017 (5). Ainsi, les épargnants pourraient affecter chaque année une partie des intérêts générés par leur livret vers une entreprise de l’économie sociale et solidaire (ESS).

Le projet pourrait même aller encore plus loin et ouvrir la voie à ce qu'une partie des sommes collectées soient directement renvoyées par les banques vers ces secteurs, comme c'est déjà le cas pour le financement des PME ou des travaux d'économie d'énergie.

--

Ces évolutions législatives représenteraient une victoire pour l’association de promotion de l'épargne solidaire, Finansol, créée en 1995. Elle plaide en effet depuis de nombreuses années pour que tous les produits d'épargne puissent disposer d'une telle option. En cas de vote de la loi, l'effet de levier pour la création d'emploi et la croissance serait alors décuplé.

Source : YouLoveWords.com