L'assurance-vie continue d'être le placement préféré des Français. Principale raison : la simplicité du fonctionnement de ce produit d'épargne généralement souscrit pour se constituer une rente en prévision de la retraite. L'épargnant peut récupérer l'argent qu'il dépose sur son compte auquel s'ajoute le produit des intérêts. Ces derniers dépendent de la formule choisie (fonds en euros ou en unités de compte) plus ou moins « agressive » et rentable. La faiblesse actuelle des taux d'intérêt pèse toutefois sur le rendement de l'assurance-vie et invite les épargnants à revoir leur stratégie.

L’assurance-vie, un produit d'épargne toujours plébiscité

Plus attractive que le livret A ou le livret de développement durable (LDD), l’assurance-vie a affiché une collecte nette de 2 milliards d’euros en avril 2016, un montant positif pour le 28ème mois consécutif (1) ! Rappelons que la collecte nette correspond à la différence entre les sommes collectées par les sociétés d’assurance durant une période donnée et le montant des prestations versées durant cette même période.

Principal point fort de l’assurance-vie : l'épargne reste disponible et la fiscalité attractive. Néanmoins, pour profiter pleinement de ses avantages, il convient d'attendre la huitième année suivant la souscription pour effectuer les premiers retraits. En effet, pour un retrait effectué pendant les 4 premières années, le prélèvement libératoire appliqué sur vos intérêts de placement sera de 35 %, puis de 15 % de 4 à 8 ans. Au-delà, chaque individu peut retirer 4 600 € par an nets d'impôts, une somme portée à 9 200 € dans le cas d’un couple marié.

Une baisse des rendements de l’assurance-vie

Ce succès masque néanmoins une baisse régulière de la rémunération de l’assurance-vie depuis plusieurs années. Ainsi, le rendement moyen se situait autour de 2,3 % en 2015 (déjà en recul de 0,25 % sur un an), mais ne devrait atteindre que 1,95 % cette année (2). La raison est simple : le niveau historiquement bas des taux d'intérêts impacte mécaniquement la rémunération des produits d'épargne.

De plus, la Banque de France et l'ACPR (l'organisme de contrôle prudentiel) estiment que les rendements proposés aux épargnants n'ont pas encore suffisamment baissé, mettant en péril la stabilité financière des compagnies d'assurance. Un amendement déposé dans le cadre de la « Loi Sapin 2 » pourrait donc obliger les compagnies d'assurance à augmenter leurs réserves annuelles, ce qui aurait pour conséquence de diminuer encore les rendements proposés aux épargnants à l’avenir.

Fonds en euros ou en unités de compte ? Panachez les risques !

Pour rappel, l'assurance-vie propose plusieurs formules aux rentabilités différentes. Historiquement, les Français privilégient les fonds en euros, moins risqués puisque le capital est garanti, mais aussi moins rentables. À l'inverse, si les supports en unité de compte ne sont pas garantis et sont davantage soumis aux fluctuations conjoncturelles, ils offrent des perspectives de rendement plus intéressantes à long terme. Ainsi en 2015, ces derniers ont obtenu une rentabilité moyenne de 4,1 %, contre 2,3 % pour les fonds en euros (3).

Pour un épargnant, il peut être intéressant de mêler ces deux formules. Ainsi, déposer 20 % de son épargne sur des unités de compte permettrait déjà de bénéficier d'une rentabilité moyenne annuelle de 3,5 % (4). Et les épargnants semblent progressivement intégrer cette approche ! En effet, pour la première fois en janvier, la collecte des unités de compte a été plus importante que celle des fonds en euros (3). Grâce à cette stratégie, l'assurance-vie peut demeurer une valeur sûre et rentable pour 2016.

Source : YouLoveWords.com

Crédit visuel : George Clerk /iStock