Au mois d’avril 2017, le Fonds monétaire international (FMI) a relevé sa prévision de croissance mondiale, qui devrait passer de 3,1 % en 2016 à 3,5 % en 2017 et à 3,6 % en 2018. Bien qu’optimiste, ce chiffre se situe pourtant aux antipodes des taux de croissance affichés par certains pays.

Islande : les fruits de la rigueur budgétaire

La croissance islandaise devrait s’établir à 5,7 % en 2017. Un chiffre qui ferait rêver un certain nombre de pays européens. Pourtant, peu d’entre eux se seraient risqués il y a quelques années, à parier sur l’avenir de l’économie islandaise, laminée par la crise de 2008 qui avait mis le système bancaire à genoux.

Comment expliquer ce redressement spectaculaire ? Tout comme en Irlande (lire ci-dessous), le Gouvernement a mis l’Islande au régime sec. Le pays a parallèlement dévalué sa monnaie, la couronne islandaise, ce qui lui a permis de restaurer sa compétitivité face aux pays concurrents. Rappelons que la pêche (25 % des exportations) et le tourisme sont les 2 piliers de l’économie islandaise.

Irlande : l’optimisation fiscale pour attirer les entreprises étrangères

La croissance du PIB en Irlande devrait atteindre 3,5 % en 2017, soit un chiffre très supérieur à la croissance moyenne dans les pays de la zone euro, estimée par le FMI à 1,7 %.

Après une cure d’austérité qui a permis de ramener les comptes publics dans le vert, le pays est parvenu à réduire le chômage. Le gain de pouvoir d’achat qui en résulte est le carburant d’un modèle de croissance fondé sur la consommation, par opposition à certains pays, comme l’Allemagne, qui exportent beaucoup.

Parallèlement, l’Irlande continue de percevoir les recettes fiscales des multinationales qui y domicilient leurs bénéfices afin de bénéficier du faible taux d’imposition des sociétés. Autant de subsides qui servent à combler les déficits et, surtout, à financer des investissements. C’est en effet le boom de la construction qui a largement permis de faire décoller la croissance en Irlande au 2nd semestre 2016.

Vietnam : des partenariats stratégiques avec la Chine et les États-Unis

Un bond de 6,2 % en 2016, une croissance attendue de 6,5 % en 2017… S’il fait moins bien que l’Inde, le Vietnam parvient presque à égaler la Chine et apparaît comme l’une des économies les plus dynamiques en Asie. La politique monétaire, qui se veut très accommodante, n’est pas étrangère à cette situation.

À cela, il convient d’ajouter des investissements étrangers toujours très nombreux, une hausse des salaires ainsi qu’une amélioration du climat des affaires, selon Euler Hermes (1). Les partenariats stratégiques avec la Chine et les États-Unis soutiennent enfin la croissance vietnamienne. L’accord de partenariat Trans-Pacifique, d’une part, favorise les échanges commerciaux entre les États-Unis et 11 pays du Pacifique dont le Vietnam, moyennant la suppression de 18 000 droits de douane. Le One Belt One Road de la Chine, d’autre part, vise à créer rien moins qu’une nouvelle « route de la soie » grâce à un réseau de routes, des ports, des chemins de fer et des projets d’énergie d’une valeur de plus de 1 000 milliards de dollars.

Éthiopie : la modernisation à marche forcée

Après une année 2016 marquée par une croissance de 8%, l’Éthiopie réduit à peine la voilure et devrait voir son PIB croître de 7,5 % cette année. Depuis son indépendance en 1993, l’Éthiopie a tout fait pour contourner ce qui était devenu son principal handicap : l’absence d’accès à la mer. Le pouvoir éthiopien a donc travaillé à moderniser son agriculture qui emploie aujourd’hui 80 % de la population active et représente pas moins de 40 % du PIB.

Anticipant le coup d’après, en l’occurrence les conséquences du réchauffement climatique, l’Éthiopie ambitionne de devenir une puissance industrielle. Une industrie qui, sans surprise, sera tournée vers la transformation de produits agricoles : céréales, café, graines, canne à sucre, coton, légumes,etc.

Côte d’Ivoire : le rebond des investissements étrangers

La Côte d’Ivoire devrait enregistrer une croissance très confortable de 6,9 % en 2017. Si elle fait partie du club très fermé des champions de l’économie africaine, c’est d’abord parce que la Côte d’Ivoire a renoué avec la stabilité politique et monétaire. L’amélioration du contexte politique a encouragé les investissements, notamment étrangers.

La Côte d’Ivoire reste cependant un pays vulnérable, comme l’a montré l’impact du repli de la production agricole suite aux aléas climatiques. Il appartient donc au pays de répondre à 2 défis : investir massivement dans l’éducation pour apporter au marché du travail les compétences qui manquent dans la main d’œuvre locale et diversifier une économie aujourd’hui encore très dépendante de l’exportation de cacao.

Source : YouLoveWords Crédit visuel : takasuu / iStock