Fermée depuis la fin juin, la bourse grecque a de nouveau ouvert ses portes le lundi 3 août 2015. Le principal indice de la bourse d'Athènes, ATHEX, y a clôturé sa première journée avec un plongeon de 16,23 %. Dans le détail, ce sont les banques qui perdent le plus la confiance des investisseurs : sur la journée du mardi 4 août, les actions des quatre principales banques du système ont reculé entre 28,8 et 30 %... Comprenons pourquoi, depuis le contrôle des flux financiers dans le pays jusqu’à vos placements en actions.

Le contrôle des flux

La recapitalisation des banques grecques, à hauteur de 40 milliards d’euros, est aujourd’hui la principale urgence du pays. En effet, le contrôle des capitaux décidé par le gouvernement de M. Tsipras a restreint la capacité des Grecs à acheter des actions à partir de leur compte bancaire : de fait, ils ne peuvent réaliser ces investissements qu'en espèces ou à partir d'un compte ouvert à l'étranger. En effet, les investisseurs étrangers, qui détiennent au total 60 % de la capitalisation boursière de la place, ne sont pas concernés par ces mesures. Le contrôle des banques et la limitation des retraits a également entraîné une contraction du chiffre d'affaires des petites entreprises.

Les effets sur l’économie grecque

Dans les zones portuaires, de nombreux conteneurs sont restés des semaines en attente, les entreprises n’étant pas en mesure de régler leurs fournisseurs, faute de trésorerie. Les entreprises étrangères, en attente de fonds et dont les marchandises sont bloquées, sont donc également impactées par le contrôle des flux.

Si la Grèce faisait défaut au FMI, qui représente les États, elle ferait défaut à ses partenaires économiques. Il est bon de se rappeler que la France est le quatrième contributeur du FMI. Cette situation créerait, d'une part, une nécessité pour les États de se recapitaliser eux-mêmes, et d'autre part une grande nervosité sur les marchés financiers.

Les conséquences pour l’épargne et les placements

Cette déchéance peut avoir une incidence directe sur l'épargne des Français pour deux raisons.

Premièrement, les principaux partenaires économiques de la Grèce sont l'Italie et l'Allemagne, eux-mêmes partenaires de la France. Une défaillance des PME de ces pays, du fait des retards de règlement des entreprises helléniques, pourrait freiner leurs marchés et leurs échanges avec la France. Une telle situation entraînerait des modifications de prix ou des pertes d'emplois.

Deuxièmement, une recapitalisation trop lente ou une poursuite de la chute des cours en Grèce rendrait les places financières européennes particulièrement nerveuses. Il vous faudra donc dans ce cas surveiller les cours de manière très attentive et ne pas céder à la panique. En effet, la nervosité des bourses risque de provoquer des indices "yo-yo" et donc des cours volatiles.

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Vigilance et calme doivent rester les maîtres-mots.

Source : YouLoveWords