C'est officiel, Donald Trump et Hillary Clinton ont été officiellement désignés candidats de leurs partis respectifs pour la prochaine présidentielle américaine. L'occasion de confronter leurs programmes économiques.

Côté républicain, le tonitruant milliardaire Donald Trump a officiellement été choisi pour porter les couleurs de ce parti conservateur. Hétérodoxe, son programme économique mêle interventionnisme, ultra-libéralisme, et isolationnisme… au point de défendre des propositions parfois à contre-courant de la tradition républicaine. Côté démocrate, l'ascension spectaculaire de Bernie Sanders a poussé la désormais candidate Hillary Clinton à adopter un programme très progressiste centré sur la classe moyenne et les plus défavorisés. Décryptage de ces deux programmes économiques en 3 points.

Libre-échange : vers plus de protectionnisme

Le candidat républicain Donald Trump accuse la Chine de tous les maux de l'économie américaine. Ainsi, il souhaite fortement augmenter les droits de douanes sur les importations de produits étiquetés Made in China. Objectifs : rééquilibrer le très fort déficit commercial américain avec la Chine (500 milliards de dollars), et inciter les entreprises à produire aux Etats-Unis. Donald Trump souhaite également renégocier une série d'accords commerciaux et de libre-échange signés entre les Etats-Unis et leurs partenaires. Parmi ceux-ci : l'Accord de libre-échange nord-américain (Alena). En cause : la concurrence commerciale déloyale que pratiquerait Mexico.

De son côté, Hillary Clinton, propose également davantage de mesures protectionnistes, certes plus modérées. Elle souhaite par exemple faire adopter des mesures tarifaires plus punitives à destination des Etats qui ne respectent pas les règles du commerce international (notamment la Chine). La candidate s'est également élevée contre la signature du polémique accord de libre-échange Trans-Pacific Partnership (TPP) entre les Etats-Unis et plusieurs pays asiatiques, et l'extension de l'Alena à certains Etats d'Amérique centrale. Objectif : rassurer l'électorat américain qui redoute de nouvelles délocalisations.

Fiscalité des particuliers : des visions différentes

Sur cette question, Donald Trump reste en revanche relativement fidèle à la tradition républicaine. Il promet d'exonérer d'impôts les quelques 73 millions de foyers fiscaux du pays qui gagnent moins de 25 000 dollars par an, ainsi que les couples qui perçoivent moins de 50 000 dollars par an. Les classes moyennes seraient également concernées par des baisses d'impôts. Il promet en outre un boucler fiscal à 25 %, qui bénéficierait avant tout aux 1 % des américains les plus riches qui pourraient gagner jusqu'à 400 000 dollars annuels. Donald Trump se heurte néanmoins à un problème de taille : le financement d'une telle mesure.

De son côté, Hillary Clinton souhaite au contraire davantage taxer les plus riches via une réforme de la réglementation fiscale. Elle souhaite notamment fortement élever le taux d’imposition marginal des revenus dépassant les 5 millions de dollars annuels. Si elle n'a pas promis de baisse d'impôts pour la classe moyenne, elle s'est néanmoins contentée d'affirmer que ces derniers seraient gelés durant son mandat.

Fiscalité des entreprises : la chasse aux tricheurs

Là encore Donald Trump retrouve une ligne relativement reaganienne. Il souhaite limiter les prélèvements des entreprises à 15 %, quand ceux-ci atteignent près de 35 % aujourd'hui. Néanmoins, il se démarque de ses prédécesseurs conservateurs sur la rhétorique adoptée, en brocardant les grandes compagnies du Dow Jones. Il veut ainsi lutter contre les paradis fiscaux qui permettent à ces dernières d'échapper à une partie de l'impôt, et souhaite revenir sur la fiscalité avantageuse des hedge funds. La question du financement de telles mesures est également régulièrement questionnée par les économistes.

De son côté, Hillary Clinton souhaite en finir avec certaines niches fiscales qui permettent à de grandes compagnies de payer un montant d'impôt dérisoire. Elle veut notamment mettre en place une réforme du code des impôts pour permettre le rapatriement des bénéfices de ces dernières sur le territoire américain et favoriser l'investissement. Elle souhaite au contraire soutenir les petites entreprises via des crédits d’impôts, notamment pour celles qui partageraient plus équitablement leurs profits avec leurs salariés.

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Les deux candidats se différencient également radicalement sur leurs propositions sociales (santé, éducation...) même s'ils souhaitent tous les deux relever le salaire minimum. Ils se retrouvent en revanche sur un sujet : le retour d'un Etat fort et interventionniste. Donald Trump souhaite relancer les dépenses en infrastructures et armement quand Hillary Clinton projette d'investir 275 milliards de dollars en grands travaux.

Source :YouLoveWords.com