Une nouvelle introduction en Bourse est un signe de la confiance des actionnaires d'une société. La reprise actuelle des introductions est-elle due à un regain de croyance en l'amélioration de la conjoncture économique ou simplement au crédit que les investisseurs accordent aux entreprises entrantes et à leurs projets de développement ?

Panorama des introductions prévues sur la place de Paris à la fin 2015

La place boursière de Paris connaît deux nouvelles introductions pour le dernier trimestre de cette année 2015. La société Oberthur Technologies, fabricant de cartes à puce, vient officiellement de déposer son dossier auprès de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF). Quelques jours plus tôt, c'est le site de e-commerce Showroomprive.com qui annonçait le prix de ses actions pour sa première cotation prévue entre la fin octobre et le début du mois de novembre 2015.

Si l'on y ajoute les projets d'entrée en Bourse de Deezer, le site de streaming de musique en ligne, ainsi que du leader européen de la gestion d'actifs Amundi, l'année 2015 devrait s'achever au même niveau que 2014 en termes de levées de fonds. En effet, le montant total des levées de fonds pour le 4ème trimestre est estimé entre 2 et 2,6 milliards d'euros.

Les secousses financières en Chine, les dévaluations multiples du Yuan, le plongeon de la Bourse cet été, le tout précédé par les difficultés en Grèce et les indicateurs économiques toujours moroses en France (chômage, fermetures d'entreprises) ont rendu le marché très volatil, freinant sérieusement investisseurs et introductions. De ce fait, le troisième trimestre fut très plat.

Toutefois, grâce à l'apport de ces nouvelles introductions, le montant total entrevu pour la fin de l'année 2015 serait proche des 6 milliards d'euros, ce qui positionnerait la place de Paris au troisième rang des bourses en Europe.

Face aux soubresauts économiques, les investisseurs restent prudents

L'atteinte de ces résultats est cependant loin d'être vraiment garantie. En effet, au regard des événements géopolitiques mondiaux, la volatilité reste très forte et les entreprises ont tendance à fixer leur prix d'introduction dans une fourchette plutôt basse afin de s’assurer de "réussir" leur entrée en Bourse. De ce fait, jusqu'à la fin du troisième trimestre 2015, les actions des nouvelles venues sur la place boursière s'échangeaient encore à un prix plus bas que celui du jour de leur introduction (Europcar et Spie, par exemple).

Désormais, la démarche des investisseurs est beaucoup plus prudente et bien plus réfléchie. Dans cette période difficile, les investisseurs ne se décident qu'après un examen minutieux des résultats des entreprises cotées. Il est nécessaire que l'entreprise montre de bons résultats sur des bases saines, mais aussi qu'elle présente de sérieuses perspectives d'avenir et de développement pour les années suivantes. Le temps où les investisseurs s’engageaient sur les actions d’une entreprise en fonction de son secteur d’activité, qui semblait porteur, est révolu.

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Les investisseurs et actionnaires sont donc aujourd'hui beaucoup plus dans une démarche de confiance dans l'entreprise et ses projets, que dans une confiance aveugle en l'économie et en la conjoncture globale. Pour que cela change, il faudrait que les signaux économiques passent au vert pour une longue durée.

Source : YouLoveWords.com