Le 8 juin, le Conseil des Ministres a reconnu l'état de catastrophe naturelle pour 782 communes de 16 départements (1). Cet arrêté est un soulagement pour les victimes et leur permettra d'être indemnisées plus rapidement.

Alors que la Seine et le Loing ont amorcé leur décrue, l'heure du bilan est arrivée. Bilan humain tout d’abord : 5 personnes ont trouvé la mort et plus de 20 000 ont dû être évacuées (2). Sur le plan économique, la facture promet d'être salée, notamment pour les régions du Nord Est, du Nord Ouest et du Bassin parisien, directement touchées par les intempéries. Elle le sera également pour les compagnies d'assurances. Dans ce contexte, le Gouvernement a décidé de débloquer des fonds publics supplémentaires pour aider les victimes.

Pour les compagnies d'assurance, le coût explose

L'indemnisation des sinistrés pourrait coûter entre 900 millions et 1,4 milliards d'euros aux compagnies d'assurance (3). Cette somme importante est quasi-similaire à celle déboursée pour les inondations de 2010 dans le Var, mais légèrement inférieure à celle ayant suivi la tempête Xynthia (4).

La déclaration de l'état de "catastrophe naturelle" par le Gouvernement va permettre aux compagnies d'entamer plus rapidement les démarches d'indemnisation. Cette semaine, elles avaient déjà reçu près de 77 000 déclarations de sinistres, auxquelles pourraient s'ajouter 80 000 dossiers supplémentaires (3) d'ici la fin du mois.

En effet, si vous êtes concerné, sachez que vous avez encore jusqu'au 30 juin pour déclarer votre sinistre, soit un délai légèrement supérieur à la durée légale habituelle de 10 jours après la proclamation de l'état de catastrophe naturelle.

Plusieurs secteurs d'activité fortement affectés

Premier secteur touché : le tourisme. Les musées d'Orsay et du Louvre, directement voisins de la Seine, ont dû fermer leurs portes jusqu'au 7 juin inclus. Ceci a représenté une perte sèche de plusieurs milliers de visiteurs chaque jour ainsi que de centaines de milliers d'euros de recettes. Le secteur du transport touristique fluvial, et notamment les bateaux mouches, comptabiliserait quant à lui un manque à gagner de quelques 10 millions d'euros (5).

Autre victime : l'agriculture. Les terres cultivées du Centre Val de Loire, de Normandie, de Seine et Marne et d'Essonne ont largement souffert. Des milliers de mètres carrés ont été engloutis sous les eaux et les pertes avoisineraient les 1000 à 1500 € par hectare.

Enfin, les transports en commun franciliens n'ont pas été épargnés. La circulation de plusieurs lignes SNCF, ainsi que du RER C, a dû être temporairement suspendue. La facture des réparations des voies et gares inondées pourrait coûter plusieurs millions d'euros.

Coup de pouce de l'État aux victimes

Bonne nouvelle ! Le Premier ministre, Manuel Valls, a débloqué un "fonds d'urgence" qui permet de délivrer une aide financière aux familles évacuées pour satisfaire leurs besoins les plus immédiats. Celle-ci s'élève à 500 € en moyenne par foyer, pour un budget de près de 30 millions d'euros au total (6).

Pour les artisans et commerçants affectés, une aide est également prévue. Si son montant n'est pas encore confirmé, l'État travaillera avec les chambres de commerce et d'artisanat pour bien évaluer les besoins.

Enfin, le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, a annoncé mardi que petites et moyennes entreprises touchées par les inondations recevraient une aide en trésorerie et verraient leurs échéances fiscales et sociales repoussées dans le temps.

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Heureusement pour notre pays, l’Euro 2016 commence dès aujourd’hui, ce qui devrait entraîner un surplus d’activité économique… dont on vous parlera très bientôt sur Côté Finances !

Source : YouLoveWords.com