Nouveautés, avant premières mondiales... Le Salon de Genève est l'un des grands rendez-vous automobile de la planète. Si les professionnels européens demeurent prudents après les années creuses de 2008 à 2013, l'heure est à l'optimisme après les bons chiffres de ces derniers mois. Du côté de la Silicon Valley, après la succession de bonnes nouvelles sur le front des start-ups ces deux dernières années, la machine semble se gripper. L'heure est venue de rendre des comptes aux investisseurs et plusieurs experts craignent l'éclatement d'une bulle.

Salon de Genève : le marché auto reprend des couleurs.

Avec près de 220 exposants et 900 véhicules présentés (1), tous les objectifs sont rivés sur l'édition 2016 du Salon de Genève. En effet, ce dernier intervient dans un contexte où le secteur de l'automobile européen n'en finit pas de célébrer une bonne année 2015 qui a vu le marché croître de 9,3 % et atteindre les 13,7 millions de véhicules vendus, sa plus forte croissance en 25 ans (2).

La baisse du coût de l'or noir qui fait diminuer le prix du carburant et les taux d'intérêt bas expliquent en partie cette évolution positive. De même, la reprise économique, qui incite les entreprises à renouveler leurs flottes de véhicules, participe de cette tendance. À ce titre, la bonne santé de certains marchés qui avaient été très touchés par la crise de 2008, tels que l'Espagne, l'Italie ou le Portugal, tirela croissance du secteur sur le continent. La France n'est pas en reste et les deux premiers mois de 2016 font état d'une hausse de 7,6 % des ventes par rapport à 2015 (2).

En 2016, la croissance devrait néanmoins faiblir, malgré un bon mois de janvier (+6,2 %). L’Association des constructeurs européens d’automobiles prévoit en effet une croissance de 2 % du marché cette année et malgré le retour des bénéfices, les constructeurs demeurent relativement prudents.

Du côté des nouveautés, le Chiron de Bugatti ou la nouvelle Alpine de Renault étaient très attendus. Mais c'est surtout la montée en puissance des 4x4 urbains (les SUV), qui représentent aujourd'hui 20 % des parts de marché, qui marque l’actualité de ce Salon.

La Silicon Valley en proie au doute.

La bonne santé des levées de fonds dans le domaine des start-ups ces deux dernières années avait maintenu le secteur américain des nouvelles technologies dans un climat d'euphorie permanent. En 2015, ces sociétés ont levé plus de 72 milliards de dollars (3), soit le meilleur chiffre depuis 2000. Ce vent d'optimisme a d'ailleurs boosté leurs valorisations, multipliant par trois en deux ans le nombre des Licornes, ces start-ups non cotées et valorisées à plus d'un milliard de dollars. En 2015, 88 d'entre elles formaient ce club très select.

Néanmoins, le modèle montre quelques signes de faiblesse et les investisseurs sont davantage regardants quand les bénéfices se font attendre. Plusieurs start-ups ont déjà procédé à certaines coupes dans leurs coûts via des licenciements ou des baisses de salaires. Certaines valorisations commencent même à diminuer, à l'instar de Foursquare qui a vu la sienne fondre de moitié (3).

Autre signe alarmant, des géants comme Google ou Yahoo réduisent le nombre des acquisitions. Dans ce contexte, les experts s'attendent à un coup de froid sur le secteur qui pourrait balayer de nombreuses start-ups sur son sillage, notamment certaines licornes. Preuve de ces doutes : les start-ups américaines ont récolté 13,8 milliards de dollars au quatrième trimestre 2015, soit six milliards de moins qu’au troisième trimestre, quand 18 seulement ont levé au moins 100 millions de dollars, soit 21 de moins (4).

Source : YouLoveWords.com