Année record pour initiative France ! Alors que 90 000 personnes supplémentaires ont rejoint les listes du chômage en 2015, le nombre d'emplois créés ou sauvegardés grâce à l'action de ce réseau associatif est en hausse de 6 % par rapport à 2014 (1). De son côté, la fusion entre les deux géants de la télécommunication Orange et Bouygues Telecom demeure incertaine. En cause : plusieurs points de désaccord persistent entre Martin Bouygues et l'État, principal actionnaire d'Orange. Parmi ceux-ci, la valorisation des deux entreprises et l'impact social de la fusion.

Initiative France : un allié de poids dans la lutte contre le chômage

Créée il y a 30 ans et dirigée par Louis Schweitzer depuis 2011, Initiative France accompagne les porteurs de projets désireux de créer ou reprendre une entreprise, mais qui rencontrent des difficultés à obtenir un prêt. Après examen et validation de ces projets, Initiative France leur accorde un prêt d'honneur à taux zéro et sans garantie qui lui permet d'accéder à des financements bancaires. Au total, ces derniers ont atteint 176,3 millions d'euros en 2015.

Cette cuvée exceptionnelle a permis la création ou la reprise de plus de 16 000 entreprises, principalement dans les domaines du commerce, des services à la personne, de l'hôtellerie-restauration et du BTP. Preuve de la force d'Initiative France, près de 5,3 % des créations d'entreprises dans notre pays ont été permises grâce à son action. De plus, ses résultats sont durables. 88 % des entreprises soutenues par ses services demeurent en activité après 3 ans, soit 17 points de plus que la moyenne nationale (2).

L'impact social est également fort. L'action d'Initiative France se concentre sur les populations rencontrant des difficultés à s’insérer professionnellement (chômeurs longue durée, handicapés, seniors...). Ainsi, 59 % des porteurs de projet retenus l'an dernier étaient des personnes en recherche d'emploi. Parmi les bénéficiaires, 25 % avaient plus de 45 ans, 24 % moins de 30 ans (3) et 40 % étaient des femmes.

Initiative France entend aller encore plus loin en 2016. Une attention particulière sera ainsi portée sur les zones rurales et les quartiers défavorisés. Le réseau entend également mieux se faire connaître du grand public. Nul doute que les résultats obtenus en 2015 devraient grandement contribuer à sa notoriété.

La fusion Orange-Bouygues Telecom encore en suspens

Initialement prévue pour le premier trimestre 2016, cette fusion reste incertaine. Stéphane Richard et Martin Bouygues, les dirigeants des deux compagnies, maintiennent le suspense quant à l'issue de ce feuilleton à rebondissements qui dure depuis plusieurs mois.

Première raison : l'État et Bouygues s'écharpent à coup de chiffres sur la valorisation des deux entreprises. D'un côté, Martin Bouygues maintient son objectif de céder sa filiale télécom pour 10 milliards d'euros et de prendre en échange le contrôle de 15 % du capital d'Orange (1). Mais l'État, qui en détient 23 %, n'entend pas voir diminuer sa part sous le seuil des 20 % et souhaite limiter celle de Bouygues à 9 %. Dans ce bras de fer, l’État et Bouygues tentent ainsi réciproquement de minimiser la valorisation de leur concurrent.

Bercy, en charge du dossier, souhaiterait même imposer une clause de « standstill » à Bouygues. Une telle clause limiterait les possibilités de montée de Bouygues dans le capital d’Orange à l’avenir. Une condition que Bouygues refuse catégoriquement.

À cela s'ajoute l'épineuse question du coût social de l'opération. Les 2 000 salariés des 550 boutiques Bouygues Telecom devront être répartis entre les différents acteurs du marché : Orange, SFR et Free. Mais le coût de l'intégration pourrait s'élever au total à plusieurs centaines de millions d'euros. Un coût que Bercy souhaite voir assumé par Bouygues.

Affaire à suivre…

Source : YouLoveWords.com