Le 18 janvier dernier, François Hollande avait annoncé lors d'un discours, le lancement d'une vaste réflexion sur une réforme du travail. Objectif : déverrouiller le marché, notamment pour les jeunes qui souhaitent s'y insérer et lever les contraintes qui empêchent les PME et TPE d'embaucher. Après plusieurs semaines de mobilisation, le Gouvernement a été contraint de revoir sa copie. Seul lot de consolation : le chômage a fortement décru en janvier, confirmant les signaux positifs d'une reprise durable de l'emploi.

Certains points polémiques de la Loi El Khomri modifiés

Alors que depuis plusieurs semaines les manifestations contre la réforme de la Loi Travail ne faiblissent pas, les négociations entre le Gouvernement et les principaux syndicats ont permis de faire évoluer certains points polémiques. Lundi 14 mars, le Premier Ministre Manuel Valls, accompagné de Myriam El Khomri et Emmanuel Macron, a présenté une version amendée de la Loi aux syndicats et au patronat.

La première révision concerne le plafonnement des indemnités prud'homales pour les licenciements abusifs. Le barème initialement proposé n'est plus obligatoire mais indicatif. Il servira de support aux juges pour fixer leur montant.

Sur la partie relative au licenciement économique, le Gouvernement n'a rien modifié aux principaux critères établis. Seule évolution : les juges pourront contrôler que les grands groupes internationaux implantés en France n'organisent pas intentionnellement leurs difficultés économiques dans notre pays pour procéder à des coupes dans leurs effectifs. Le cas échéant, ces licenciements seront requalifiés en licenciements sans cause réelle.

Enfin, concernant le temps de travail, l'application du forfait-jour et la modulation des astreintes devront passer par la négociation collective, et la branche définira la règle en cas de désaccord. Dans le cas où l'entreprise n'aurait pas de représentation syndicale, un salarié mandaté par les syndicats fera office d'interlocuteur.

Si la CFDT s'est montrée relativement optimiste sur ces aménagements, évoquant des révisions qui vont « dans le bon sens », il n'en va pas de même pour les autres partenaires sociaux. La CGT, l'UNEF ou FO demeurent catégoriquement opposés au projet quand le MEDEF parle d’une « reculade » du Gouvernement, par la voix de Pierre Gattaz, son Secrétaire Général.

Il est fort à parier que la mobilisation ne faiblira pas dans les prochaines semaines, une nouvelle journée de manifestation étant déjà organisée pour le 24 mars.

La reprise de l'emploi est-elle durable ?

Le nombre de demandeurs d'emploi a diminué de 0,8 % en janvier 2016, soit la plus forte baisse depuis près de 10 ans .

Si ces chiffres sont encourageants, plusieurs autres données invitent à l'optimisme. Ainsi, le nombre de demandeurs d'emploi reste stable depuis 8 mois et le chômage des jeunes connait un recul régulier avec 30 000 inscrits en moins depuis fin 2014.

Par ailleurs, la reprise se confirme, avec une croissance anticipée de 0,4 % aux premier et deuxième trimestres 2016 (et 1,1 % sur un an). Elle sera notamment portée par une augmentation des investissements et des exportations et une hausse de 0,8 % et de 0,4 % de la consommation des ménages aux premier et deuxième trimestres. Enfin, l'organisation de l'Euro 2016 cet été devrait entraîner la création d'emplois dans les secteurs des services et du tourisme.

Ces perspectives positives devraient permettre au chômage de repasser en 2016 sous la barre symbolique des 10 %. Néanmoins, l'évolution de la conjoncture mondiale et le maintien d'un faible investissement des ménages pourraient peser sur ces performances.

Source : YouLoveWords.com