Hors intérim, les déclarations d'embauche ont augmenté de 4,8 % au premier trimestre 2016 par rapport à 2015. De bons chiffres qui sont notamment à mettre sur le compte du nouveau dispositif "embauche PME".

Ces résultats communiqués par l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), la fédération des URSSAF, confirment le bon démarrage de ce dispositif mis en place le 18 janvier 2016. Le Ministère du Travail évoque même plus de 200 000 dossiers « embauche PME » déposés entre janvier et mars (1). Alors que l'Exécutif table sur la création de 190 000 emplois cette année (2), ces premiers chiffres sont encourageants. Outre son efficacité, ce dispositif de soutien à l'emploi a également l'avantage d'être plus consensuel que d'autres mesures controversées. Explications.

Une mesure bénéfique pour l'emploi

Le dispositif "Embauche PME" s'adresse aux entreprises de moins de 250 salariés souhaitant embaucher un salarié en CDI ou en CDD de 6 mois minimum. Son fonctionnement est simple : il repose sur une aide financière de 4 000 € étalée sur deux ans, correspondant au versement de 500 € par trimestre. Seule condition : le salaire proposé doit représenter au moins 1,3 fois le montant du SMIC (1).

Autre avantage de ce dispositif en vigueur jusqu'au 31 décembre 2016 (3) : il est cumulable avec le Pacte de responsabilité et de solidarité et le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE).

Depuis sa mise en place, le dispositif "Embauche PME" semble avoir surtout convaincu les TPE, ces entreprises de moins de 20 salariés, dont le nombre de déclarations d'embauche a bondi de 8,2 % au premier trimestre. Mais les PME de 20 à 250 salariés ne sont pas en reste. Elles font état d'une augmentation de 2,3 % des recrutements (4) sur la même période.

Les hausses ont concerné tous les types de contrats, malgré quelques nuances. Ainsi, le nombre d'embauches en CDD a grimpé de 5,3 %, tandis que celles en CDI n’ont crû que de 3,8 %. Dans les TPE, l’augmentation du nom d’embauches en CDD de plus de 6 mois a même atteint 27,3 % ! (3)

L’ensemble des secteurs d'activité est concerné par cette embellie de l'emploi, du tertiaire (+5,1%) à la construction (+2,7%), en passant par l'industrie (+1%) (5).

Un dispositif consensuel

Début avril, le Ministre des Finances Michel Sapin a présenté le "Programme de stabilité" du Gouvernement. Ce dernier confirme l'objectif de croissance de l'économie française à 1,5 % pour 2016, et la création de 190 000 postes, contre 95 000 l'an dernier (6).

Si la reprise de la croissance explique en grande partie les bons comportements de l'emploi, la prime "Embauche PME" devrait générer à elle seule près de 30 000 emplois marchands cette année (6). Centrée sur les TPE et les PME, qui représentent à elles seules 98 % des entreprises françaises (7) , elle a mécaniquement un impact positif sur l'ensemble de l'économie française.

Autre avantage : elle est plébiscitée par ces dernières, à la différence de la Loi Travail. Un certain nombre de PME et TPE commencent à monter à leur tour au créneau contre ce projet de loi et trois organisations patronales (UNAPL, UPA et UDES) ont lancé un appel sur le site www.tpepmeendanger.fr. Principal argument avancé : l'article 19, relatif aux règles du dialogue social, les marginaliserait au profit des très grosses entreprises.

Source : YouLoveWords.com