L'économie sociale et solidaire représente désormais près de 10 % du PIB français (1) . Son objectif : définir un modèle économique alternatif qui mette davantage l'accent sur les enjeux sociaux et la répartition des richesses.

Reconnue par décret en France en 1981, l’économie sociale et solidaire pèse aujourd’hui près de 12,7 % des emplois privés dans notre pays (1). Elle rassemble des acteurs publics et privés qui entendent rééquilibrer le rapport entre activité économique et justice sociale, loin des logiques orientées vers la maximisation des profits.

L’économie sociale et solidaire : une priorité pour le Gouvernement

Le Gouvernement français a récemment donné une place plus significative à ce secteur à travers la nomination en 2012 d’un ministre délégué rattaché au ministre de l’économie, puis en 2014 d’un secrétaire d’État à l’économie sociale et solidaire.

Et pour cause ! Outre ses vertus d'équité et de réduction des inégalités, le secteur de l’économie sociale et solidaire dans la crise s’est révélé plus résistant que l'économie traditionnelle par temps de crise. À l'heure où la reprise demeure balbutiante, investir dans l'économie sociale et solidaire permet de mieux anticiper les chocs à l'avenir.

En 2014, la loi relative à l'économie sociale et solidaire (2) est entrée en vigueur. Son objectif : soutenir le développement du secteur via une meilleure définition du cadre juridique, un soutien financier aux entreprises qui en font le pari, ou encore, de nouveaux moyens d'action pour les salariés qui souhaitent faciliter la reprise de leur entreprise. Un label a même été créé en 2015 pour mettre en valeur les entreprises ayant adopté un haut niveau d'exigences sociales.

Côté financement, une enveloppe de 100 millions d'euros a été versée à la Caisse des Dépôts afin de lui permettre de soutenir les entreprises du secteur. De son côté, Bpifrance propose des prêts économie sociale et solidaire aux entreprises du secteur créées il y a plus de 3 ans.

Rééquilibrer le modèle économique

L'entrepreneur Ryad Boulanouar a été invité à participer aux conférences TEDx de Reims afin d’y partager quelques réflexions sur le sujet. S’il réfute parfois le terme d'économie sociale et solidaire, il fait pourtant partie des entrepreneurs qui en ont fait le pari, mettant en avant la nécessité de rééquilibrer le modèle économique. L’économie sociale et solidaire serait finalement une réponse alternative au modèle économique « classique », producteur de valeur, mais aussi d’inégalités et d’exclusions.

Après avoir participé à plusieurs success stories (pass Navigo, compte Moneo), Ryad Boulanouar a souhaité s'investir dans un projet qui réponde à une plus grande éthique et fonde alors l'entreprise Compte-Nickel. Il peut aujourd’hui se targuer d'avoir permis à des personnes exclues du système financier de pouvoir accéder à un compte bancaire et revendique plusieurs milliers de clients.

S'il reconnaît que son but initial n’était pas « d’aider les pauvres », il souhaitait néanmoins créer un modèle qui soit à la fois profitable et moral, responsable et respectueux, « un modèle qui ait du sens, quitte à bouleverser les habitudes ». Pour ce faire, il dit vouloir s'inspirer des modèles économiques plus anciens qui associaient une vente à un profit « raisonné, justifié et assumé ».

Pour lui, la responsabilité doit être une valeur centrale guidant l'action les entrepreneurs. « C’est quoi être responsable dans une entreprise ? C’est trouver un produit qu’on pourrait vendre à ses parents ou à ses enfants ». Son idée était donc de créer un service qui ressemble à ses clients, et vise l’universalité et le respect du consommateur.

Ryad Boulanouar a conclu son intervention à Reims par ces mots: « L’économie sociale et solidaire est-elle possible ? Si je dois finir par une réponse aujourd’hui : oui c’est possible ». Un secteur dont le développement dépendra de la qualité des projets portés par les entrepreneurs, mais aussi des mentalités des consommateurs, véritables acteurs de cette révolution.

Source : YouLoveWords.com

Credit visuel : Paolo Cipriani / iStock