En France, près de 15 % des salariés (soit 3,4 millions de personnes) verraient leur emploi menacé par la robotisation. Si elle effraie, cette dernière n'est pourtant pas forcément annonciatrice de chômage de masse. Explications.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’impact de la robotisation sur les emplois français serait relativement faible, en comparaison à d'autres pays tels que l'Italie où l'Allemagne. En cause : la moindre part de l’industrie manufacturière dans l'économie hexagonale. Néanmoins, l'essor de l'industrie 4.0, qui repose sur la mise en place d'usines intelligentes où des machines effectuent certaines tâches autrefois confiées à des humains, inquiète. Certains n'hésitent pas à parler de fin du salariat. Pourtant, l'ère où les machines remplaceront définitivement les hommes semble encore lointaine. Mieux : la tendance actuelle à la robotisation pourrait même être bénéfique pour l'emploi.

L'homme n'est pas systématiquement remplaçable

La tendance à la substitution d'emplois humains par des machines est inégale selon les secteurs. Ainsi, selon une étude de France Stratégie (1), si 25 % des postes pourraient être automatisés dans l'industrie, ils ne seraient "que" 13 % dans le secteur des services. De même, tous les niveaux de poste ne sont pas exposés de la même manière, les fonctions intermédiaires étant les plus menacées.

Quoi qu'il en soit, un certain nombre d'activités qualifiées ou non, notamment dans les services, requièrent des interactions humaines, un contact avec le public ou certaines qualités telles que la flexibilité, l'esprit d'équipe ou encore la créativité, qui ne sont pas facilement remplaçables par des robots.

Ainsi, si 15 % des emplois qualifiés pourraient être automatisables, au moins 40 % d'entre eux le seraient très peu. De même, alors que l'économie allemande est l'une des plus robotisées de la planète, son industrie a créé près de 100 000 emplois en 20 ans. Le spectre d'une société de chômage de masse où les machines font le travail des hommes, n'est pas encore pour aujourd'hui.

Une nécessaire transformation de l'économie

S'il est en revanche un phénomène indiscutable, c'est que la montée en puissance des technologies pousse l'ensemble de l'économie et des métiers à évoluer. Mieux : la robotisation pourrait même être à l'origine de nouveaux gisements d'emplois dans certains domaines tels que la conception, la recherche, la vente ou encore la maintenance.

Le Gouvernement cherche donc à soutenir cette transition en engageant la France dans la voie de l'industrie 4.0. Et dans ce domaine, notre pays accuse un léger retard. En 2013, la France comptait 125 machines pour 10 000 travailleurs quand l'Allemagne en dénombrait 282, et la Corée du Sud 437 !

Ainsi de nombreuses mesures de soutien ont été mises en place ces dernières années depuis le crédit impôt recherche, jusqu'au crédit d'impôt innovation en passant par le Programme des investissements d'avenir et plusieurs allégements de cotisations. Dans cette optique, le Ministère de l'Economie a même lancé l'Alliance pour l'industrie du futur qui regroupe des industriels, des entreprises du numérique, des chercheurs ou encore des syndicats. Son objectif : accélérer la modernisation de l'appareil productif.

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Le Gouvernement espère pouvoir sensibiliser près de 15 000 dirigeants de compagnies sur cette question d'ici fin 2016. Ceci devrait permettre de combler une partie du retard français concernant la numérisation de l'économie et de positionner notre pays comme un des leaders de l'industrie du futur.

Source : YouLoveWords.com