Fiscalité : pourquoi les entreprises applaudissent ?

Entre compétitivité et harmonisation européenne

Outre les récents aménagements en faveur d'une réorientation de l'épargne en direction des entreprises (PFU, IFI...), les entreprises bénéficient d'une salve d'annonces favorables. Pour autant, l’arbre ne doit pas cacher la forêt : l’harmonisation des politiques fiscales et sociales en Europe reste le véritable enjeu.

Une salve d’annonces favorables pour les entreprises

Ces derniers mois, les bonnes nouvelles se sont suivies sur le plan fiscal pour les entreprises :

  • La taxe à 3 % sur les dividendes, décidée sous le précédent quinquennat, a été annulée par le Conseil constitutionnel. Ce ne sont pas moins de 10 milliards d’€ qui seront ainsi restitués aux grandes entreprises.

  • La trajectoire de baisse de l’impôt sur les sociétés (IS) doit conduire à une réduction de 11 milliards d’€ d’ici 2022. À cette date, l’IS devrait être de 25 % contre 33,33 % actuellement. Le gouvernement estime que cette réforme rapportera 2 milliards d’€ à l’industrie. (1)

  • Le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) sera transformé en baisse pérenne de charges. Si cette mesure, à court terme, peut générer un surcoût de 5 milliards d’€ pour les entreprises, elle doit leur offrir davantage de visibilité sur le coût réel du travail.

  • Un allégement de charges sur les hauts salaires des impatriés serait à l’étude à Bercy. Compensée par les rentrées fiscales générées par des contribuables qui vivront désormais en France, cette baisse de charges est une pièce maîtresse du plan du gouvernement pour attirer les grandes banques d’affaires dans un contexte post-Brexit.

Objectif : restaurer la compétitivité française

Baisse du coût du travail, garanties pour l’avenir : la politique d’Emmanuel Macron se veut une politique « de la main tendue » vers les entreprises. Surtout, il s’agit de restaurer la compétitivité de l’Hexagone sur un marché mondialisé.

Le monde de l’entreprise semble accueillir favorablement ces annonces. D’après un baromètre Odoxa pour Aviva, 56 % des patrons se déclarent confiants dans l’avenir de la France en 2017 (+28 points par rapport à 2016).

Un écueil de taille : l’harmonisation européenne

Pour autant, il reste un défi de taille que le gouvernement ne pourra relever qu’avec l’assentiment de ses partenaires européens, à commencer par l’Allemagne. Ce chantier, c’est celui de l’harmonisation des politiques fiscales et sociales au plan européen.

Sur ce sujet, le président de la République prône une Europe à plusieurs vitesses. Le principe ? Permettre à des pays qui voudraient avancer dans une forme de coopération renforcée de le faire sans nécessairement avoir à recueillir de consensus parmi les 27.

Néanmoins, face à une Allemagne empêtrée dans la recherche d’une impossible coalition, la France a récemment dû durcir le ton : « Nous attendons de la part de l’Allemagne qu’elle se joigne au mouvement, en menant une politique salariale plus offensive et en investissant plus ». (2)

Ce qu’il faut retenir

  • 2017 s’est terminée par de bonnes nouvelles pour les entreprises, tant sur le plan social que fiscal.

  • Toutefois, le véritable enjeu reste l’harmonisation des politiques fiscales et sociales en Europe.

Source: YouLoveWords.com

Crédit visuel : Xavier Arnau /iStock

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