Jacques Delors a 90 ans : quel bilan pour son Europe sociale ?

Jacques Delors, ancien Président de la Commission Européenne, a fêté ses 90 ans le 20 juillet 2015. Et les années semblent avoir donné raison à la vision de ce "sage" de l’Europe, qui prônait une Europe forte et capable de mieux face aux pôles économiques que sont les États-Unis et la zone Asie.

Jacques Delors a toujours considéré l’Europe en tant que communauté sociale et que le "vivre-ensemble" devait jouer un rôle politique et économique basé sur quatre grands axes : la construction d’infrastructures communes, le soutien à la recherche, la promotion de la cohésion sociale et économique, et un rôle d’investisseur actif pour la Banque Centrale Européenne. Tout cela permettant une souveraineté partagée et non individuelle.

Or à l’heure actuelle, l'Europe semble principalement dirigée dans une optique financière et a intégré des pays aux niveaux de développement économique très disparates. Pour des raisons fiscales, certains Français placent leurs économies en Belgique et au Luxembourg, d'autres créent leurs entreprises en Angleterre ou en Irlande.

L'Europe a peiné à sauver l’Espagne du naufrage. Malgré un récent rebond économique, le pays reste englué dans une situation difficile et le taux de chômage y est toujours de 24 %. Le Portugal, pour sa part, encourage ses habitants à partir travailler à l'étranger pour ramener des devises et PIB au pays. Dans le même temps, il invite les ressortissants français à venir vivre leur retraite au soleil en échange d'une exonération fiscale.

Chaque pays fonctionne à sa manière, cherche des solutions pour sa dette, son PIB, ses emprunts. Les retraites et les salaires des fonctionnaires ont baissé en Espagne, en Italie et en Grèce, avec, en plus, une très forte augmentation de la TVA. L’Europe sociale de Delors est de plus en plus menacée par l’Europe financière.

Baisse historique du taux du Livret A à 0,75 %

En France, ce même 20 juillet, la Banque de France a abaissé le taux du Livret A, placement préféré des Français, qui atteint un seuil inédit : 0,75 %. Après ajustement par rapport à l’inflation, son taux réel est de 0,45 %.

Plusieurs raisons poussent toutefois à ne pas jeter son livret aux oubliettes : tout d’abord cette baisse est plus psychologique que monétaire et ne changera pas drastiquement le niveau de rendement de ces livrets limités à un montant d’épargne faible. Ensuite, le Livret A reste un placement pratique permettant le retrait immédiat de tout ou partie de l’épargne. Enfin, n’oublions pas qu’il a pour vocation de financer le logement social.

__

Entre la vision sociale de Jacques Delors et la non-rémunération de l’épargne populaire, l’Europe aurait-elle fait un pas de travers ?

Source : YouLoveWords.com