L’Organisation Internationale du Travail (OIT) a publié ce mercredi 24 août l’édition 2016 de son rapport Word Employment Social Outlook Youth (disponible en anglais ici), consacré à l’emploi des jeunes dans le monde. Parmi les nombreuses tendances dégagées par l’étude, l’expatriation pour tenter sa chance à l’étranger semble séduire un nombre croissant de jeunes. Et si on en parlait ?

Échapper au spectre du chômage et de la précarité

Rarement la confiance des jeunes générations en leur avenir aura été aussi fragile, selon le rapport de l’OIT. Avec 4,2 % en 2016, la croissance économique des pays développés atteint son niveau le plus faible depuis 2003. Dans le même temps, le taux de chômage des jeunes se rapproche de son pic historique de 2013 (13,1 % au niveau mondial en 2016 contre 13,2 % en 2013), atteignant 14,5 % dans les pays développés. Les perspectives pour 2017 ne sont guère réjouissantes puisque les prévisions estiment que cette situation sera stable, ou tout au mieux en léger recul.

Autre point de vigilance dans les pays développés, la précarité des jeunes travailleurs. Ainsi, dans l’Union Européenne, 12,9 % des travailleurs de moins de 25 ans étaient en situation de « pauvreté relative », c’est-à-dire qu’ils percevaient moins de 60 % du revenu médian. Pire encore, 29 % d’entre eux exercent une activité à temps partiel de manière involontaire (c’est-à-dire qu’ils souhaiteraient être embauchés à temps plein), ce qui est également le cas de 37 % des titulaires d’un contrat à durée déterminée.

L’expatriation, une solution de plus en plus attirante

L’OIT indique que plus de la moitié des 51 millions de jeunes âgés entre 15 et 29 ans ayant émigré dans le monde en 2015 étaient originaires des économies les plus développées. Le nombre de Français établis à l’étranger augmente ainsi de 3 à 4 % par an depuis le milieu des années 2000.

On estime ainsi que 15 % des diplômés des principales écoles d’ingénieurs et de management vont exercer leur premier poste à l’étranger. Et plus d’un quart des jeunes diplômés du supérieur en recherche d’emploi comptait ouvrir ses recherches d’emplois aux offres situées dans des pays étrangers. Dans le même temps, 28 % des jeunes diplômés Français n’excluent pas de s’installer dans un autre pays que l’Hexagone pour y faire leur vie, selon une étude du cabinet Deloitte.

Leur objectif ? Bénéficier d’une expérience internationale, développer leurs compétences, mais aussi travailler dans un univers multiculturel où de solides capacités d’adaptation sont nécessaires. Nombreux sont ceux qui souhaitent ainsi se créer de nouvelles opportunités, considérant le marché du travail hexagonal atone ou ne leur laissant pas suffisamment de chances de faire leurs preuves.

Le permis vacances-travail, un succès !

Un nombre croissant de jeunes Français souhaite également bénéficier d’une expérience professionnelle à l’étranger tout en ayant l’occasion de voyager : on les appelle les PVTistes, pour Programme Vacances-Travail (PVT).

En 2014, 6 357 jeunes Français ont profité du PVT ouvert avec le Canada. Ce PVT est un visa de 24 mois qui permet aux jeunes issus de certains pays, dont la France, de séjourner et travailler dans le pays. Ce sont chaque année 14 000 jeunes qui se rendent dans le pays sous ce statut.

L’Australie reste l’incontournable numéro 1 en la matière, puisque plus de 25 000 Working holiday visa (WHV) ont été délivrés à des jeunes Français en 2014. Le gouvernement australien a toutefois récemment décidé de mieux tirer profit de cette manne en augmentant le coût du visa, ainsi que le taux d’imposition des revenus gagnés sur le territoire australien par ses détenteurs. Les jeunes Français ont également tendance à se tourner vers la Nouvelle-Zélande, qui a délivré près de 7 000 visas de ce type en 2014.

Et les destinations se multiplient, notamment en Amérique du Sud : suite à la signature en 2011 d’un accord avec l’Argentine sur l’ouverture de permis vacances-travail entre les deux pays, le Chili, la Colombie, l’Uruguay et Taïwan sont entrés dans la danse entre 2015 et 2016. Et le Mexique pourrait bien être le prochain pays sur la liste.

Source : YouLoveWords.com