Vers la fin des plateformes de type Airbnb ?

Avec 60 000 logements en location, Paris est devenue la plus importante ville d'Airbnb hors des États-Unis1. Mais derrière ce succès se cache une réalité contrastée. Face à la transformation du centre de la capitale, l’adjoint au logement de la ville de Paris Ian Brossat a ainsi promis l’interdiction des locations Airbnb. Les sites de location entre particuliers sont-ils en bout de course ?

Plateformes collaboratives et immobilier : les liaisons dangereuses

Les plateformes collaboratives qui permettent la mise en relation de particuliers possèdent des avantages indéniables : des séjours touristiques moins chers, la possibilité de rentabiliser son logement pendant une période d’absence, une diversification de l’offre d’hébergement touristique… Mais cette activité encore jeune a des conséquences concrètes sur la vie de quartier.

Tout d’abord, la location touristique meublée via les plateformes de type Airbnb concurrence directement les hôteliers. Pour ces derniers, qui doivent faire face à des coûts de structure supérieurs aux particuliers, impossible de s’aligner sur les tarifs attractifs pratiqués par les plateformes. Ils perdent donc des clients, en particulier dans les zones d’hyper-centre-ville.

Ensuite, la location entre particuliers a tendance à assécher le marché locatif traditionnel. Du point de vue du propriétaire, la rentabilité locative est plus importante dans le cadre d’une location de courte durée.

Enfin, l’activité des plateformes a un effet inflationniste sur les loyers. C’est ce que souligne un rapport du Sénat consacré à la question en juin 20182.

La riposte des mairies face aux plateformes de type Airbnb

À la clé, c’est tout l’écosystème local qui risque d’être bouleversé. Uniquement peuplées par des touristes et désertées par ses habitants, les grandes villes et singulièrement Paris menacent, selon les observateurs les plus pessimistes, de se transformer en villes-musées. Même si elle est de plus en plus encadrée, la location touristique meublée entre particuliers peut également occasionner une perte de recettes fiscales pour les communes comme pour l’Etat. Enfin, les relations de voisinage peuvent devenir houleuses lorsque le va-et-vient des touristes est incessant. Une épine de plus dans le pied des mairies.

Les municipalités et le fisc travaillent main dans la main pour poser le cadre de la régulation de ces plateformes qui se sont invitées dans le paysage. Transmission des revenus de cette activité à l’administration fiscale, collecte de la taxe de séjour : des concessions significatives ont été obtenues de la part de ces opérateurs dont la plupart sont installés aux Etats-Unis.

Vers une régulation plus équilibrée

Des progrès qui laissent à penser que les plateformes de réservation en ligne ne disparaîtront pas, mais vont devoir s’adapter. Le rapport du Sénat prône « une régulation équilibrée et efficace ». Autrement dit, il faut se placer dans une approche partenariale.

D’une part, les autorités locales et le législateur doivent garantir une certaine stabilité de la réglementation.

D’autre part, des mesures de régulation sont actuellement à l’étude. Parmi les pistes envisagées, la mise en place d’un outil de blocage à 120 jours sur les plateformes, ou encore le rétablissement de la déclaration « simple » en mairie pour les meublés de tourisme. Un moyen de stimuler l’offre de meublées de tourisme en vue d’éviter le report sur l’offre traditionnelle.

Ce qu'il faut retenir

  • La location touristique meublée via les plateformes de type Airbnb concurrence les hôteliers, mais également le marché locatif traditionnel.

  • Des concessions significatives ont été obtenues de la part des plateformes en vue d’une régulation plus efficace.

  • Un rapport préconise de se placer désormais dans une approche partenariale, ce qui signifie non pas une disparition mais un meilleur encadrement des plateformes.

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