Comment se portera l'économie mondiale en 2018 ?

Entre optimisme et réalisme

En 2018, la croissance de l'économie mondiale accélère (1). Elle devrait atteindre 3,7 % (contre 3,6 % en 2017). Autre fait marquant : toutes les régions du monde en profitent, notamment la zone euro qui devrait croître de 2,1 % cette année. La France affiche elle aussi des prévisions encourageantes : +1,8 %. Conséquence : plus de 70 % des épargnants français font preuve d’optimisme quant à l'avenir des marchés financiers (2). Néanmoins, une série de facteurs incitent à la prudence.

Un climat propice aux investissements

  • La vigueur retrouvée du commerce mondial L'OMC vient ainsi de revoir à la hausse ses prévisions. Si l'organisation tablait en avril sur une croissance de + 2,4 % du commerce de marchandises, elle vient de porter ce chiffre à + 3,6 % (3) sur l’ensemble de l’année 2017 ! L'augmentation des échanges entre les pays d'Asie et les importations américaines en sont en grande partie responsables.

  • La reprise généralisée de l'investissement privé Aucune région et presque aucun secteur n'y échappent. C'est le Japon (+10,9 % de croissance de l'investissement des entreprises) et l'Europe occidentale (+10 %) (4), qui occupent le sommet du classement.

  • Les signes de ressaisissement de l’investissement public Dans le même temps, l'investissement public connaît un certain dynamisme grâce à la fin des politiques d'austérité, notamment en Chine où l'État se lance dans une série de politiques centrées sur la croissance, et en Europe, où la politique monétaire reste favorable à la croissance.

Enfin, sans surprise, ce cercle vertueux s'accompagnera d'une hausse du nombre de créations d'emplois dans la plupart des régions du monde ainsi que d’une hausse de la consommation des ménages. Dans l'UE, le taux de chômage s'est établi à 7,4 % en octobre 2017, son plus bas niveau depuis 2008 (5).

Au-delà de cette embellie indéniable du climat économique mondial, certains risques incitent à la prudence.

Dette chinoise, bulle spéculative, emplois précaires : les risques à surveiller

  • La dette chinoise et ses répercussions au niveau mondial Le taux d'endettement des ménages, des entreprises et des États reste important dans les pays développés. Il a fortement augmenté dans les pays émergents, Chine en tête (220 % du PIB). Si à court terme, cet endettement ne semble pas présenter de risque excessif, une remontée des taux d'intérêt ou un retournement brutal des marchés financiers pourraient rapidement poser quelques problèmes aux États et entreprises les plus fortement endettés.

  • La survalorisation des marchés boursiers La grande vigueur actuelle des marchés financiers inquiète certains analystes qui évoquent les risques de formation d'une bulle spéculative sur le marché américain, où le Dow Jones a augmenté de 15 % depuis un an (6)^. L'Europe ne fait pas exception, et les marchés financiers atteignent là encore des niveaux historiques. La faiblesse des taux d'intérêt, des cours du brut, et l'afflux de liquidités généré par la politique monétaire des banques centrales, favorisent en effet l'appétit des investisseurs. Mais une remontée brutale (peu probable à court terme) des taux pourrait enrayer cette courbe ascendante.

  • Le resserrement des conditions d'accès au crédit C'est justement cette remontée des taux d'intérêt qui pourrait entraîner un troisième risque : le resserrement des conditions d'accès au crédit pour les entreprises et les particuliers. L'agence de notation américaine Moody's se veut cependant rassurante à ce sujet et estime qu'en 2018, l'augmentation des taux d’intérêt devrait rester limitée et ne présenterait donc un risque que pour les entreprises fortement endettées.

  • Vers une hausse des emplois précaires ? Sur le front de l'emploi, si la baisse du taux de chômage devrait être généralisée à l'ensemble du monde, l'OCDE met toutefois en garde contre une hausse de création d'emplois précaires à bas salaires. Cette tendance renforcera à court terme les inégalités au sein de chaque pays et pourrait à moyen terme peser sur la productivité et la consommation, et donc sur la croissance économique.

  • Le réveil des cours du pétrole Enfin, la santé retrouvée des économies occidentales et chinoise tire à la hausse le prix des matières premières. En cas de remontée soutenue du coût du baril de brut, la croissance des pays importateurs nets de pétrole pourrait s'en ressentir.

Si ces derniers risques invitent évidemment à la prudence, la grande majorité des agences de notation et les banques restent très optimistes quant à l'évolution de l'économie mondiale et la santé des marchés en 2018. En France, près de 50 % des épargnants se disent "prêts à prendre des risques en capital en contrepartie d'un rendement plus important" (7).

Ce qu’il faut retenir

  • Croissance en hausse, baisse du chômage, reprise des investissements... Les indicateurs sont au vert.
  • Pourtant, la dette chinoise et la survalorisation des marchés boursiers notamment incitent à la prudence.
  • Aucune inquiétude pour le moment, agences de notation et banques restent très optimistes pour 2018.

Source: YouLoveWords.com

Crédit visuel : ridofranz /iStock

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